Extrémisme violent : DES PROPOSITIONS FORTES DE LA JEUNESSE MALIENNE POUR PREVENIR ET BANNIR LE PHENOMENE

thierno amadou omar hass diallo ministre affaires religieuse culte visite centre ecoute orientation bousculadeLe ministre des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Amadou Omar Hass Diallo, a présidé, mardi, à l’hôtel Onomo, la cérémonie de clôture d’un atelier de formation sur « le rôle et la place de la jeunesse malienne dans la lutte contre l’extrémisme violent ». Organisé par « Think Peace », une organisation intervenant dans le cadre de la paix, de la réconciliation nationale et du vivre ensemble, et TICVE-Building Peace, un « Think Tank » indépendant basé au Maroc qui a pour but la lutte contre l’extrémisme violent et participe à l’instauration de la paix au Maghreb et au Sahel, la rencontré a été financée par l’USAID à travers son Programme d’appui à la transition au Mali (PAT-Mali).

L’atelier s’est déroulé du 6 au 10 novembre et a regroupé 53 jeunes leaders venus de toutes les régions du Mali et du district. Ceux-ci ont, à l’issue des travaux, élaboré un plan d’action et formulé une batterie de recommandations visant à prévenir efficacement et à lutter contre l’extrémisme violent qui, de façon générale, fait référence au processus selon lequel une personne adopte des points de vue radicaux qui se traduisent par des comportements violents.
Conformément aux orientations des Nations unies, suite au sommet mondial de New York sur la lutte contre l’extrémisme violent tenu en septembre 2015 et dont l’objectif était de définir un plan d’action mettant un accent particulier sur le rôle des jeunes et leur apport comme partenaires, les jeunes du Mali dans leur plan d’action, proposent de créer un « Réseau de jeunes pour lutter contre l’extrémisme violent au Mali ». Ce réseau aura pour mission essentielle de contribuer à la lutte contre l’extrémisme violent à travers des mesures de prévention, des actions d’information, de sensibilisation et de conscientisation de la jeunesse à l’horizon 2016-2020 ».
Selon les participants de l’atelier, les facteurs qui favorisent l’extrémisme violent au Mali sont d’ordres culturels, socio-économiques, politico-sécuritaires et religieux. Pour lutter efficacement contre l’extrémisme violent, les participants ont préconisé de créer des cadres de dialogues intra et intercommunautaires en impliquant les chefs religieux et coutumiers, de sensibiliser les couches vulnérables (jeunes, femmes) sur la culture de la paix, la tolérance, la citoyenneté, de rendre la justice transparente et de mettre en œuvre la justice transitionnelle pour un Etat de droit, de rendre effective la décentralisation avec un transfert des ressources et compétences, de créer une concurrence juridictionnelle et fiscale tout en renforçant le contrôle citoyen par la société civile.
Les participants ont aussi recommandé aux autorités, sur le plan politique, de repenser le système démocratique en revoyant les textes fondamentaux de l’Etat afin de les adapter à l’évolution de la société et de ses attentes, et de consolider les acquis démocratiques en renforçant l’Etat de droit (la garantie des libertés dont celle de la propriété privée, l’égalité des chances, l’autonomisation de la justice et la lutte contre l’impunité…).
Sur le plan socio-économique, ils ont souhaité une opérationnalisation de la réforme du système éducatif en investissant dans des infrastructures adaptées aux besoins (recherche, adéquation formation-emploi) afin de favoriser l’employabilité des jeunes et l’instauration d’un cadre favorable aux investissements afin de booster l’entrepreneuriat jeune et d’absorber le chômage chronique chez les jeunes.
L’atelier préconise aussi de faciliter l’accès des jeunes à la terre et la tenue d’un dialogue national impliquant les jeunes sur les questions socio-économiques, religieuses et politiques.
Sur le plan religieux, ils ont demandé l’encadrement et le contrôle du système d’enseignement coranique traditionnel et de la construction anarchique des mosquées tandis que sur le plan sécuritaire, ils ont souhaité un système d’alerte précoce sur la radicalisation et la violence.
Les participants de l’atelier ont plaidé pour l’implication des leaders communautaires et religieux dans les actions de sensibilisation, d’éducation et de la culture de la paix tout en renforçant le plaidoyer auprès de l’Etat pour plus de collaboration et d’implication des jeunes sur toutes les questions liées à la paix, à la sécurité et au développement.
Avant la remise des attestations, la représentante de TICVE-Building Peace, Zineb Benalla, et le représentant de « Think Peace », Thierno Diallo, ont expliqué le contexte de la session et sollicité l’accompagnement des pouvoirs publics pour la mise en œuvre des recommandations formulées.
Le ministre Thierno Amadou Omar Hass Diallo, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, Amadou Thiam, et le président du Conseil national de la jeunesse du Mali, Mohamed Salia Touré, ont tous réaffirmé leur engagement à prévenir et bannir l’extrémisme dans un « Mali pluriel et uni ».
S. TANGARA

source : Essor

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