Et si on se dit la vérité : La Refondation de l’armée ne se fera pas en ayant recours aux vieilles habitudes qui ont conduit à son délitement

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La grave crise sécuritaire que notre pays, le Mali, a connu, nous a révélé au moins une chose : qu’un pays dont l’outil de défense n’est pas assis sur des fondements solides, respectant certaines valeurs  (le courage, la bravoure, l’intégrité, l’esprit de sacrifice, le sens de la patrie…) est laissé à la merci de toute sorte d’ennemis ; Que la vraie indépendance c’est aussi quand on a les moyens de sa propre défense. Au déclenchement du conflit qui a conduit à l’effondrement de notre Etat, en 2012, Maliens de tous bords, nous avions tous découvert, avec une certaine amertume que l’armée sur laquelle nous avons fondé tout notre espoir, n’était en fait que l’ombre de ce qu’on croyait qu’elle était.  Mal équipée, souffrant affreusement de ressources humaines de qualité, elle (l’armée) était également minée par des divergences au sein même du commandement. Puis, on a découvert pas mal d’autres tares sur lesquelles il est inutile d’insister. Le plus important étant désormais que nous avancions, en sachant surtout tirer les leçons du passé. Cela signifie aussi que, dans la reconstruction de (notre nouvelle armée) nous devrions tout faire pour ne plus tomber dans les mêmes erreurs. Parmi celles-ci, nous insistons une : la non moralisation des recrutements. Le manque de rigueur dans la sélection, certains arrangements qui se passaient entre les officiers supérieurs,  le pouvoir de l’argent, l’influence du pouvoir. Tout ceux-ci, ont peu ou prou contribué, année après année, à entamer les fondements d’une armée qui fut vaillante et qui a connu ses moments de gloire. En janvier 2012, au moment où des ennemis de tout acabit attaquaient et assiégeaient notre pays,  nous n’avions tous que nos yeux pour pleurer, voyant, comment de replis tactiques en retraits stratégiques, nos Famas, abandonnent grandes villes et petites agglomérations, à l’ennemi. Ça c’était pour l’histoire. Depuis 2013 et l’élection du président IBK à la magistrature suprême, l’espoir renaît avec le retour de l’Etat et de toutes ses institutions. Mais dans ce processus de redressement, chacun sait que pour la reconstruction véritable de notre outil de défense, pour sa refondation, rien ne doit plus être comme avant.

Le chef de l’Etat, lui-même, a donné le ton en prenant l’engagement ferme de s’attaquer sans faiblir à la remise de nos Famas sur les pieds ; Ce qu’il a commencé de si belle manière à travers l’adoption par l’Assemblée nationale de la Loi de programmation militaire. Cette loi aussi capitale soit-elle ne peut pas tout régler si on n’abandonne pas certaines habitudes. Le diable est dans les détails. Actuellement, des recrutements sont en cours au niveau de tous les corps : armée de terre (AT), Garde Nationale, Police, Protection Civile. Normalement, si on a encore à l’esprit comment on s’est retrouvé avec une armée incapable de défendre la moindre ville, l’on devrait bannir toutes les formes d’intervention ou d’intermédiation, refuser les propositions financières lors du recrutement de nos soldats. Mais, hélas ! Chassez le naturel, il revient au galop !

 

La rédaction

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