Niamana-plateau : L’EAU POTABLE, UNE DENREE RARE

Les habitants de ce quartier sont obligés de se lever très tôt pour se ravitailler auprès des fontaines des particuliers. Et ce n’est pas gratuit

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La pénurie d’eau est un problème récurent dans les quartiers périphériques du district de Bamako. Mais le phénomène prend de l’ampleur en période de grande chaleur. Chaque année l’eau devient à cette période une denrée très rare, voire coûteuse pour les populations de ces quartiers éloignés de la cité des trois caïmans.
La situation de Niamana-plateau en commune VI en est une illustration parfaite. Ici la majeure partie de la population souffre du manque de ce liquide indispensable à la vie. En l’absence des systèmes d’adduction d’eau publics modernes, les quelques forages qui existent ne permettent pas de satisfaire les besoins des habitants de ce gros quartier déjà confronté à la pression démographique. Parfois, certaines personnes et familles peuvent passer un jour sans percevoir une goûte d’eau pour leurs besoins. Elles sont obligées d’en quémander avec les voisins ou d’autres familles qui ont pu se constituer une réserve.
Actuellement, il faut se lever très tôt à Niamana-plateau pour acheter de l’eau au niveau des fontaines appartenant à des particuliers. Les premiers servis sont ceux qui arrivent vers 4 heures du matin. Après, commencent les bousculades qui peuvent durer des heures parfois. Pour remplir un bidon de 20 litres, le client doit débourser 10 Fcfa au niveau d’un point de vente. Les charretiers qui viennent se ravitailler en vrac vont revendre le bidon de 20 litres très cher dans les familles. A un prix variant entre 50 Fcfa et 100 Fcfa en fonction de la distance parcourue ou de l’emplacement de la maison à approvisionner. Certaines familles de Niamana-plateau sont obligées de dépenser beaucoup d’argent par jour pour obtenir le précieux liquide.
Mme Koné Djénébou Nalia fait partie de nombreuses ménagères de Niamana-plateau à souffrir de la corvée d’eau au quotidien. « Il y a un vrai problème d’eau chez nous. Parfois, nous pouvons passer des jours sans en trouver. Les gens souffrent énormément ici », raconte cette mère de famille. Notre interlocutrice presque au bord du désespoir ajoute : « souvent, il nous revient à l’esprit de quitter le quartier à cause du problème d’eau. Si tu n’as pas un puits dans ta maison, tu es obligé de dépenser jusqu’à 800 Fcfa dans l’eau par jour. Il faut que le gouvernement nous vienne en aide », dit-elle.
Nous sommes allés voir au niveau d’un point de vente d’eau qui grouillait du monde. Dont des jeunes conducteurs de pousse-pousse qui n’hésitent pas à jouer des coudes pour accéder à la fontaine. Le transport d’eau constitue une véritable une activité lucrative dans ce quartier.
Mme Coulibaly Awa Dabo est propriétaire d’une fontaine. Elle se frotte les mains en cette période de canicule car elle peut gagner 4000 F ou plus par jour. Reconnaissant la faible capacité de son installation, Mme Coulibaly Awa Dabo pense qu’il est temps que Niamana-plateau soit connecté aux réseaux d’addiction d’eau appartenant aux sociétés publiques.
Cela fait maintenant 7 ans que Mme Traoré Fatoumata Cissé a creusé son forage. Elle ouvre son robinet au public de 8 heures jusqu’à 19 heures. La dame peut encaisser plus de 5000 Fcfa le jour.
Abdarahmane Koné prépare le DEF cette année. Chaque jour, il fait la corvée d’eau avant d’aller à l’école. Il nous explique son calvaire au quotidien. « Nous souffrons beaucoup ici. Vers 4h du matin, je me lève pour aller chercher l’eau pour ma mère avant de partir à l’école. Je n’ai même pas assez de temps pour réviser mes leçons », se plaint-il.
Le chef du quartier de Niamana-plateau, Hamidou Ballo se dit dépassé par le problème d’eau qui se pose ici. Il s’inquiète pour les familles qui sont obligées de boire l’eau de puits ordinaire, impropre à la consommation. Certains habitants de Niamana-plateau n’apprécient pas que leurs voisins de Niamana ATT-Bougou bénéficient d’adduction d’eau alors qu’ils sont dans l’attente depuis des années.
L’espoir est toutefois permis pour les habitants de ce vieux quartier périphérique. Selon nos informations des bonnes volontés auraient entrepris des démarches pour que Niamana-plateau soit connecté aux réseaux de la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP). Le dossier de faisabilité d’extension de réseaux dans le quartier serait en examen au niveau de la société.

Salimata MAÏGA

source : L Essor

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