Insalubrité à Bamako : la quinzaine de l’environnement pour changer la ville

Rien. On ne peut rien en tirer. C’est l’opinion plutôt sévère d’une majorité d’habitants de Bamako. Leur cité, pensent-ils, ne peut rester durablement la vitrine du Mali. Arguments : le site de la ville est insalubre. Les zones inondables, par leur importance, sont une menace pour aujourd’hui et pour demain. Quant à l’inondation, Dieu est grand ! Bamako serait-elle un nœud de problèmes insolubles ?

 


À cette question, il ne peut y avoir une réponse tranchée, définitive. Entre en ligne de compte une foule de déterminants. Qui répond à la question ? Sous quel angle de vue l’appréhende-t-il ? Dans quel état d’esprit  l’aborde-t-il ? Fort de quoi et en ce qui nous concerne, nous portons la conviction forte que la quinzaine de l’environnement, qui se tient cette année à Bamako, une action citoyenne conséquente, peut commencer à offrir à Bamako, le visage souriant d’une cité propre et agréable. Comment ?
Partageons, en proposition principale,  une vérité : il n’est ni un messie, ni un maire armé d’une baguette magique pour donner un nouveau visage à Bamako. Le destin de la ville se trouve dans les mains de ses citoyens. Avant de faire foi au slogan selon lequel «La Mairie travaille pour vous», ceux-ci  doivent d’abord croire au changement, s’affirmer comme des acteurs du changement, se convaincre d’être leurs propres sauveurs.

Le rêve du changement, adossé à une série d’actions citoyennes, peut être le début d’une révolution. Voici, à titre indicatif, un planning d’actions au terme desquelles Bamako a toutes les chances de changer du tout au tout.

«Opération libérons nos quartiers de déchets» 
Une mobilisation générale qui confondrait adultes, jeunes et enfants. Objectif : libérer nos quartiers de tout encombrement, dégager les artères de nos quartiers de tous déchets. Chacun devrait trouver «un trou» dans son emploi de temps pour une participation, ne serait-ce que symbolique, à cette action de salubrité.
À conduire dans une ambiance joyeuse et festive. Avec l’accompagnement de nos artistes-musiciens. Avec le concours de toutes entreprises qui voudraient mettre de l’eau à la disposition des libérateurs de nos plages.
«Opération Marché, zéro ordure»
Les usagers de nos marchés seraient sollicités au premier chef. Cela n’exclut pas la participation de contingents  de volontaires qui viendraient des environs et d’ailleurs. À l’investissement humain des uns devraient répondre l’appui et l’assistance des autres. En effet, de gros moyens seraient nécessaires pour dégager les ordures et pour les convoyer vers leur destination finale.
«Opération Bamako ville verte»
Il s’agirait, sur des sites préalablement identifiés, avec des plants dûment mis à disposition, d’appeler à la mobilisation de tous. Bamako bénéficie, chaque année, d’une saison des pluies, mais compte moins d’arbres que Niamey ou Ouagadougou, deux cités sahélo-sahariennes. Qui dormirait du sommeil du juste si une telle situation devait perdurer ?
«Opération quartier propre : que chacun balaie devant sa maison»
Les «rues» ou les voies secondaires de Bamako. Dans le cadre de l’action citoyenne qui nous occupe, tout Bamako devrait se retrousser les manches et se ceindre les reins. L’unité d’action de base : «que chacun balaie et nettoie devant sa maison». Les «rues» doivent cesser d’être une poubelle à ciel ouvert.  Zéro nid de poule. Zéro ordure et immondice. Zéro ferraille et autres carcasses de véhicules … L’éclairage des «rues» est à porter comme une revendication majeure. C’est un argument sécuritaire de tout premier ordre.

Si l’on veut l’on peut, il faudra juste une bonne dose de patriotisme et de volonté citoyenne des uns et des autres. Et cette quinzaine de l’environnement à Bamako, qui se tient du 5 au 17 juin, semble être une solution palliative, à l’insalubrité galopante que connaît Bamako.

Paul Dembélé

Source : Nouvelle Libération

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