Fédération des exploitants de bois : Les exploitants de bois dénoncent

C’est la journée du 1er mai qui a été choisie par les exploitants de bois du Mali, pour tenir une assemblée générale. Ces centaines d’exploitants de bois étaient venus des 6 communes de Bamako, de  Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti pour dénoncer de vives voix le comportement de la président Tidiane Sylla, qui, selon eux, s’est ligué avec les autorités pour anéantir les exploitants. A l’unanimité, sous constat d’huissiers, il a été demandé de le démettre et de mettre en place une nouvelle équipe. Les tracasseries et la suspension des activités ont été aussi fustigées.

bois arbre conteneursLa Fédération nationale des exploitants de bois du Mali a organisé le 1er mai 2016 une assemblée générale extraordinaire dans la cour de l’APCAM, qui a refusé du monde. Un seul point à l’ordre du jour : démettre le président Sylla et relancer la fédération sur de nouvelles bases. Le président Sylla n’ayant pas voulu participé, c’est le vice président Moussa Koné qui a présidé l’assemblée générale. Il était  assisté par le secrétaire général Siaka Konaté.

Se sont succédé à la tribune, les responsables des 6 communes de Bamako, de  Kayes, de Koulikoro, de Sikasso, de Ségou et de Mopti. Et les griefs pleuvaient contre Tidiane Sylla : « Sylla a failli par le fait qu’il est devenu le bourreau des exploitants. Il n’est jamais là pour nous, au contraire il s’est avec les racketeurs pour nous enfoncer. Il doit démissionner pour avoir publiquement dit que chacune de ses interventions auprès des autorités l’exploitant concerné doit déboursé la somme de 120 000F CFA ». Certains orateurs ont affirmés que la fédération des exploitants  a été victime de mauvaise gestion. Et que la démission de Sylla est synonyme de l’épanouissement des exploitants du Mali.

Les exploitants de bois se plaignent par ailleurs du poids insupportable des tracasseries que leur imposent les agents des eaux et forêts, la gendarmerie.

Aux dernières nouvelles, Tidiane Sylla n’a pu résister aux pressions de ses camarades et a fini par jeter l’éponge par voie d’huissier et avec correspondance à l’appui. Désormais c’est une équipe restrainte conduite par le vice président Moussa Koné qui veille sur les affaires courantes. Cette équipe est aussi chargée de préparer la prochaine assemblée générale élective, dans 3 mois.

 

Suspension des activités

Sujets à des tracasseries en tous genres, les exploitants maliens du bois local en ont visiblement marre d’être en outre pénalisés, depuis six mois, par une suspension de leurs activités unilatéralement décidée par l’autorité tutelle. Ils ont dénoncés le poids des barrières tarifaires et administratives et menacés d’une action très prochaines au cas où la mesure ne sera levée. La question est d’ailleurs l’objet de nombreuses démarches dont l’issue va déterminer la conduite à suivre dans les jours prochains.

Le malaise est occasionné par la mesure ministérielle qui porte un coup d’arrêt à l’activité des exploitants de bois et, par-delà, à leurs revenus. Après avoir moult fois écrit au ministre de l’Environnement sans suite, ils ont l’intention de recourir très prochainement à tous les moyens légaux pour se faire entendre. En attendant, les langues se sont d’ores et déjà déliées et réclament que soient tirés les prélèvements tarifaires motivés par une alimentation du fond d’aménagement. Les contestataires notamment sous la forme de soupçons de détournement dudit fond de sa destination.

Quoi qu’il en soit, la corporation des exploitants ne comptent point baisser les bras devant les énormes pertes que leur inflige depuis le début de l’année l’arrêt brutal des activités d’un secteur où d’aucuns ont investi des milliards sur la base des assurances et gages donnés par les autorités en contrepartie du respect du cahier des charges en rapport avec l’exploitation du bois local.

De nombreux indices prouvent par ailleurs que ladite mesure n’est appliquée que de façon très sélective, au profit notamment d’un exploitant qui, comme par un miracle, arrive à surplomber l’ensemble en bénéficiant d’un monopole de fait dans le secteur.

En effet, tandis que les autres se rongent les ongles d’expectative aucune autorité n’arrête un certain exploitant répondant au nom de M. Cissé, qui se la coulerait douce avec la complicité de qui de droit.

Face à cette injustice criarde, le chef de l’Etat est plus que jamais interpelé pour éviter d’avoir sur les bras une autre crise latente. Ce sont des milliers de chefs de famille qui se réduits à l’inactivité depuis bientôt 07 mois. Ça ne coute rien que de les écouter et de tirer une solution acceptable par tous.

Akhimy MAIGA

Source : Nouvelle République

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