Des excédents pluviométriques annoncés de juin à septembre : Les localités concernées, les risques y afférents et les recommandations de Mali Météo

Des excédents pluviométriques sur les régions de Ségou, Mopti, Gao et Ménaka, le nord de Kayes et Koulikoro, le sud de Tombouctou, Taoudénit et Kidal, l’extrême nord de Sikasso et le District de Bamako sont annoncés courant la période Juin-Septembre. Conformément à ses missions et face aux risques importants d’inondation, d’accidents et de maladies, Mali Météo recommande des mesures de prévention aux différents acteurs.

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L’Agence Nationale de la Météorologie est un Etablissement Public à caractère Administratif qui a pour mission d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens tout en contribuant au développement socio-économique du Mali par la fourniture d’informations et de service de qualité.

Dans le dessein de traduire en actes concrets cette mission, MALI-METEO s’emploie tous les jours de l’année, à collecter, produire et diffuser des informations et services météorologiques. Et cela au bénéfice de tous les secteurs de développement socio-économiques tel que l’Agriculture, la santé, les assurances, les ressources en eau, l’énergie, les transports, etc.

Le temps, le Climat et l’eau, selon les spécialistes de l’environnement, ont une incidence majeure sur tous les aspects de la vie quotidienne. Ils influent sur les ressources alimentaires et hydriques, ils façonnent nos sociétés et leur aptitude à se développer de manière durable.

Dans cette logique, Mali Météo accorde une place de choix à la Communication qui sert d’interface entre les utilisateurs de l’information météorologique et l’Agence. Car, il ressort des constats que certains usagers n’ont toujours pas accès en temps voulu aux informations susceptibles de les aider à prendre des décisions les permettant soit de gérer les risques liés au climat et au temps, soit à peaufiner leurs activités.

D’où la production périodique de bulletins d’informations sur les prévisions pluviométriques. Le dernier rapport, relatif à la prévision climatique saisonnière pour la période de Juin à Septembre 2017, fait état d’excédents pluviométriques sur les régions de Ségou, Mopti, Gao et Ménaka, le nord de Kayes et Koulikoro, le sud de Tombouctou, Taoudénit et Kidal, l’extrême nord de Sikasso et le District de Bamako. Sur les autres localités du pays, il est annoncé des précipitations moyennes.

Les caractéristiques agro-météorologiques…

De l’analyse des caractéristiques agro-météorologiques, il ressort que la saison des pluies sera précoce sur la moitié Sud du pays. Tandis que dans le Nord du pays, elle sera normale. Quant à la fin de la saison, elle sera tardive à l’Est, précoce au Centre et à l’Ouest du pays, et normale dans le Nord du pays.

Les séquences sèches de début de saison seront plus longues dans la moitié Sud du pays (10 à 12 jours) et normales dans le Nord (8 jours et plus). Les séquences sèches de fin de saison seront courtes dans la moitié Sud du pays (en moyenne 6-7 jours) et normale dans le Nord du pays.

Les risques liés à cette situation pluviométrique excédentaire…

 En la matière, les spécialistes de Mali Météo prévoient des risques importants d’inondation dans le Sud et le Centre du pays. Lesquels pourraient être liés aux fortes précipitations et au remplissage des plans d’eau.

A ceux-ci s’ajoutent : des risques élevés d’accidents sur les plans d’eau dans le Centre du pays, liés à l’intensité des orages prévus ; des risques modérés de maladies dans le Sud et le Centre du pays ; des risques élevés d’impacts de foudre dans les zones à concentration de centrales hydro-électriques ; des risques élevés de maladies dont le paludisme, le choléra, la dengue, la diarrhée et la fièvre de la vallée du Rift pour les animaux. Et enfin des risques modérés de sècheresse en début de saison dans la partie Ouest du pays.

Les recommandations de Mali Météo face à la situation…

 Aux agriculteurs, pour palier les impacts de cette situation pluviométrique excédentaire, il est recommandé d’utiliser des calendriers prévisionnels des dates de semis précoces.

Egalement, investir davantage dans les semences des variétés améliorées à cycle moyen et résistantes à la sécheresse, aussi bien pour les cultures vivrières que pour les cultures de rente, se présente comme la meilleure alternative pour les agriculteurs, tout en privilégiant les techniques culturales favorisant l’économie de l’eau du sol.

Il est formellement interdit d’utiliser des apports supplémentaires d’engrais, notamment azote, pendant la période d’installation des cultures et celles à risques de sécheresse.

Toutefois, sont fortement recommandées en cette période : la promotion de l’agroforesterie, l’utilisation des méthodes d’irrigations d’appoint, la gestion rationnelle des ressources en eau et une interaction avec les techniciens de la météorologie nationale et des services d’agriculture et d’hydrologie pour des informations agro-hydro-météorologiques et des conseils sur les variétés et techniques à utiliser.

Toujours aux agriculteurs, il est recommandé de semer le maïs et le sorgho dans les champs qui peuvent garder l’humidité pendant plusieurs jours sans être inondés, de privilégier les champs de bas-fonds pour les cultures qui aiment l’eau (riz pluvial), de prendre des dispositions pour éviter ou minimiser les dégâts d’éventuelles  inondations sur les cultures et de renforcer la vigilance contre les adventices et les ravageurs des cultures (criquets, chenilles mineuses et autres insectes nuisibles).

Enfin, les agriculteurs se doivent strictement de ne pas baisser la garde vis-à-vis d’éventuelles fortes pluies pour minimiser les risques de dégâts matériels et les pertes en vies humaines et animales.

Aux éleveurs, il est recommandé de prendre les dispositions pouvant éviter aux animaux des risques de noyade et susceptibles de prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides.

Pour réduire les risques de catastrophes, les recommandations de Mali Météo vont dans le sens de la réduction des dégâts et pertes liés aux éventuelles inondations, du renforcement de la collaboration avec les services de la météorologie et d’hydraulique pour une meilleure prévision d’impacts et d’une meilleure coordination des actions en collaboration avec les agences humanitaires et différentes organisations internationales intervenant dans l’assistance humanitaire.

Aux acteurs du secteur de l’Energie, les conseils sont relatifs au remplissage des plans d’eau pour améliorer l’offre d’électricité, à la surveillance accrue des stocks d’eau pour éviter les ruptures de barrage, ainsi qu’au renforcement de la collaboration avec le service météorologique à travers le programme national d’ensemencement des nuages et sur la base des prévisions météorologiques (trajectoire, impacts, densité de foudre etc.).

Et enfin, sur le plan sanitaire, il est important pour les agents et acteurs de santé de pré-positionner les stocks de moustiquaires, d’antipaludéens, de chlore/produits traitant l’eau, mettre en place des bulletins de risques sur les maladies climato-sensibles et renforcer les capacités des structures de santé. Aux particuliers, il est recommandé de suivre la qualité de l’eau et d’assurer l’assainissement, le drainage et le curage des caniveaux.

Agence Nationale de la Météorologie : les Missions

L’Agence Nationale de la Météorologie (MALI-METEO) est un Service à autonomie de gestion créé par l’Ordonnance n° 2012-004/P-RM du 24 février 2012, ratifiée par la Loi n°2012-049 du 30 novembre 2012.

Elle a pour mission, l’observation et l’étude du temps, du climat et des constituants atmosphériques de l’environnement en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens et de contribuer au développement économique et social du Mali par la fourniture d’informations météorologiques et de services appropriées à tous les usagers notamment de ceux des secteurs des transports, du développement rural et du système national de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, l’énergie, l’industrie, l’environnement, l’urbanisme, les ressources en eau et la santé.

Sous la tutelle du Ministre chargé de la Météorologie, l’Agence Nationale de la Météorologie participe à l’élaboration de la politique nationale en matière de météorologie et en assure la mise œuvre et le suivi. Son autorité s’exerce sur l’ensemble des activités météorologiques du Mali.

 Hassane MAIGA

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