Contribution : L’ENERGIE SOLAIRE, UNE ALTERNATIVE VIABLE A LA CONSOMMATION EFFRENEE DE BOIS ET DE CHARBON

L’une des singularités du progrès scientifique et technologique réside dans le fait qu’un bien de consommation ou un procédé utilisé dans la vie de tous les jours à une époque donnée est systématiquement remplacé par un autre bien ou un autre procédé jugé plus commode et plus efficace.

charbon bois feuEn effet, l’usager, dans le souci légitime et constant de gagner du temps, de faire mieux et de se donner une satisfaction morale, s’approprie d’une façon machinale les avantages que lui offre une nouvelle invention. Les exemples à citer sont nombreux. Prenons-en deux.
• Le domaine du transport individuel.
Aujourd’hui, la marque de moto KTM communément appelée « Jakarta », de par sa puissance et son aspect esthétique, a littéralement supplanté toutes les autres marques de moto. Avant elle, d’autres motos  notamment les petites cylindrés (CT, BBRS, CAMECO, PIAGGIO…etc.) ont, jadis, fait le bonheur de la population. Aujourd’hui, leur place se trouve dans les musées.
• Le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
C’est dans le secteur des TIC que l’on constate le plus grand bouleversement dans nos habitudes. De nos jours, toutes les catégories socioprofessionnelles disposent d’un téléphone mobile. On constate une réelle démocratisation des différents outils des TIC pour le plus grand bonheur du consommateur : internet, Skype, Smartphone, tablette, transfert de sons, d’images et d’argent, paiement mobile, etc…
Paradoxalement, à cette règle non écrite qui veut qu’une innovation chasse une autre, on constate une inertie par rapport à la satisfaction d’un besoin dans le domaine très fondamental qu’est la cuisson de nos aliments.
Suite à la lecture de l’article paru dans le Quotidien national l’Essor du jeudi 19 novembre 2015, article intitulé « CHARBON DE BOIS : LA PENURIE PREND L’ESCALIER, LA SURENCHERE EST DANS L’ASCENSEUR », je me suis dit : « mais diable ! Qu’avons-nous encore à faire avec le bois et de son dérivé qu’est le charbon ? Cette source d’énergie n’est-elle pas surannée au même titre que les marques de moto citées plus haut, au même titre que l’envoi d’une lettre via la poste ? »
Oui il est temps qu’on arrête purement et simplement la consommation du bois. La survivance de son utilisation contraste parfaitement avec les exigences de la vie moderne. L’alternative qui existe dans les énergies dite renouvelables (solaire, éolienne) justifie mon exhortation à changer de procédé.
C’est un truisme de dire que notre pays est fortement ensoleillé. Nous n’avons rien à inventer. Il nous suffit de combler un besoin existant par un procédé qui existe depuis 1839 (source Google : énergie solaire.)
L’argument selon lequel le prix du panneau solaire est hors de portée de la grande majorité de la population est tenable, certes. Cependant, rien ne nous empêche de créer des unités de fabrique de panneaux solaires. Quid de cet équipement solaire conçu pour la cuisson par des femmes ingénieurs du Mali ?
La production locale de panneaux solaires aura à coup sûr une incidence sur le prix final à la consommation. Les avantages sont considérables : création directe et indirecte de milliers d’emplois ; offre de débouchés aux sortants de l’École nationale des ingénieurs. Des revendeurs (de panneaux et pièces de rechange de panneaux) et dépanneurs y trouveront leur compte.
L’on assistera à une augmentation significative du niveau d’industrialisation de notre pays. Je suggère la création d’unités de production (3 dans chacune des 3 grandes villes du Nord).
Le développement de l’énergie solaire contribuera à la sauvegarde et à la régénérescence de notre couvert végétal et, par ricochet, à l’amélioration du volume de la pluviométrie. Et ce sera une véritable aubaine pour nos braves ménagères : rapidité, efficacité, facilité et propreté dans la cuisson des repas. Leur santé sera aussi préservée puisque n’inhalant plus de fumée produite par l’utilisation du bois. Les ménages pourrons faire de substantielles épargnes sur les dépenses destinées à l’achat du bois et du charbon.
L’excédent de la production pourra être écoulé dans les pays voisins. Ce qui fera du bien à l’économie nationale. A ma connaissance, aucun pays de la sous-région ne possède une unité de fabrique de panneaux solaires. Le créneau est donc à saisir.

Tidiani SOUMBOUNOU
source : Essor

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