ADAPATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES : PGIS Mali, de bonnes leçons pour l’adaptation aux impacts de la sécheresse

Le Partenariat Régional de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest (GWP-AO) a profité de la Journée mondiale de l’eau (célébrée le 22 mars 2020) pour mettre l’accent sur la nécessité d’agir en faveur du climat. Cette organisation œuvre à faire de l’eau un levier pour accroitre la résilience climatique de l’Afrique de l’ouest à travers des initiatives pertinentes comme le PROGIS-AO…

 

Dans le cadre du Projet Gestion intégrée des Sécheresses en Afrique de l’ouest (PROGIS-AO/composante régionale du Programme mondial de Gestion intégrée des sécheresses avec l’Organisation météorologique mondiale-OMM), on peut noter la réalisation d’une revue des initiatives nationales dans le domaine de la sécheresse dans trois pays (Burkina Faso, Mali et Niger) ; le développement d’un guide méthodologique pour la gestion intégrée de la sécheresse ; l’appui au Bénin, au Burkina Faso et au Niger pour l’élaboration de leur plans nationaux de sécheresse.

Au Mali, la fin de la saison des pluies a apporté des nouvelles très intéressantes aux agriculteurs travaillant avec le projet pilote de gestion intégrée de la sécheresse dans la municipalité de Gouendo, une commune rurale du cercle de Barouéli (région de Ségou). Une visite sur le terrain mené par la chargée de projet régional accompagnée du secrétaire permanent du Partenariat national pour l’eau (PNE-Mali). Elle a permis de visualiser les résultats encourageants de l’action pilote et relever la joie des bénéficiaires.

En effet, selon la coordination régionale du GWP-AO (GWP/ West Africa Secretariat), les agriculteurs des villages ciblés par le projet méconnaissaient les pratiques de Conservation des Eaux et des Sols (CES) et de Défense Restauration des Sols (DRS) proposés. Il était donc question de leur démontrer que les champs qu’ils ont abandonnés pouvaient être récupérés grâce à des pratiques à faible coût qui ne nécessitent aucun investissement.

Ces pratiques ne demandant que des efforts physiques produisant des résultats sont impressionnants à l’issue de la saison hivernale. Et cela d’autant plus qu’elles permettent aux paysans de cultiver et réaliser des récoltes sur les champs restaurés.

« Nous ne savions pas qu’il était possible de tirer quelque chose de cette zone. Mais, grâce à ce que nous avons appris avec le projet, nous avons pu semer et récolter du sésame. La zone autrefois était délaissée car pour nous, elle était impropre à l’agriculture et nous nous sentions obligés de nous déplacer vers d’autres terres plus fertiles », à confier à l’équipe du projet pilote Nourou Traoré, un cultivateur du village de Baguina (région de Mopti).

Un autre paysan bénéficiaire de la même localité a confié que sur une superficie d’environ un ha de terre abandonnée dans le passé, 3 sacs de mil ont pu être récoltés. « Qui l’aurait cru !», s’est-il exclamé. Dans le village de Djela, un membre du groupement des jeunes notes avec satisfaction avoir pu récolter du sésame sur la parcelle récupérée.

Des résultats satisfaisants malgré une pluviométrie inachevée

Ces résultats auraient pu être meilleurs si l’arrêt précoce des pluies à la mi-août dans le village de Baguina n’avait été noté, bien que les informations météorologiques eussent prévu une saison hivernale jusqu’en fin septembre dans la région. En effet, l’information donnée étant sur toute une région, il était difficile de prévoir l’arrêt des pluies sur ce village précis. « Cette situation a joué négativement sur les récoltes d’autant plus qu’une solution alternative d’apport en eau n’avait pas été prévue par le projet », a déploré le staff du projet pilote.

Une autre difficulté est liée au problème des oiseaux migrateurs qui viennent manger le mil après les semences.  Les paysans ont donc dû semer trois fois de suite dans les champs pilotes.  Aussi la faible implication voire l’inexistence de femmes bénéficiaires a été une insuffisance soulevée par le point focal.

Ce qui est dû au fait que ces dernières ne sont pas propriétaires des champs. Il a été donc suggéré au promoteur de les prendre en compte si possible pour les actions futures à travers leur renforcement de capacité pour la mise en œuvre d’activités de maraichage.

A noter que le sésame constitue un produit de consommation courante dans ces localités et une grande source de revenus pour les bénéficiaires. Le mil est la céréale la plus consommée de la région et les sacs récoltés contribuent beaucoup à l’alimentation des familles pendant une certaine période.

Moussa Bolly

Avec la Coordination régionale du GWP-AO (GWP/ West Africa Secretariat)

LE MATIN

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