Endettés jusqu’au cou.

Alors que le paiement des salaires doit être un motif de joie pour nos salariés, ceci devient au contraire un sujet de tristesse pour beaucoup. Que vaut-il un salaire où tout est hypothéqué ? Prêt bancaire, prêt ramadan, prêt tabaski, découvert, céréalier, location, j’en passe.

De Kayes à Kidal, c’est la misère. Dans certaines localités où il ya assez de banques, le pauvre salarié en mal de dettes, ne sachant que faire change de banque. C’est le rachat. Content un certain temps, c’est la rechute, l’aggravation de la misère car on finit par se rendre compte que toutes les banques sont les mêmes : Tout est intérêt et rien n’est donné gratuitement. La misère de beaucoup de nos salariés s’est vite aggravée encore avec le contrôle physique Payés sur billettage, mauvais jongleurs, certains n’ont pas reversé leur salaire à la banque et se sont exposés à la furie dévastatrice des banquiers. Le fonctionnaire malien ou du moins le salarié malien vit toujours dans l’angoisse et se dit toujours : « De quoi demain sera-t-il fait ? » Surendettement sur endettement, criant toujours haro sur le banquier qu’il croit l’avoir trompé. Que peut-on lire dans ce qu’un banquier dit même les « je connais tout » que sont les enseignants sont noyés dans leurs propos.

C’est dommage de voir, ces chefs de famille, ces vieux et vieillards se morfondre les jours de salaire, tapis sur eux-mêmes comme des mendiants demandant l’aumône devant les concessions. Terrible que de revoir que beaucoup ne maîtrisent même pas la situation de leur compte. Que peut-on maîtriser quand tout vous échappe ?

En tout cas, pour beaucoup, le jour du calvaire c’est le jour des salaires car leur situation rappelle bien cette fable de la fontaine « la mort et le bûcheron ». Qu’à cela ne tienne, il ya lieu de faire l’autocritique pour situer toutes les responsabilités. IL faut une certaine prise de conscience pour s’imposer une certaine rigueur, une organisation financière. Ce n’est pas facile avec la maigreur des salaires et le coût élevé de la vie. Mais que faire, il faut savoir regarder la réalité en face pour préserver son honneur et sa dignité.

  1. Yérélé

Source: Ségou Tuyè

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