Effondrement d’un immeuble à l’ACI 2000 : L’ENQUETE REVELE DE NOMBREUX MANQUEMENTS AUX NORMES

Le rapport pointe des fautes de négligence des agents aussi bien publics que privés. Le propriétaire de l’immeuble, lui, reste toujours introuvable

effondrement maison etage immeuble aciSuite à l’effondrement d’un immeuble R+7 dans la zone ACI 2000 d’Hamdallaye dans la nuit du 21 au 22 septembre (L’Essor du 23 septembre), le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dramane Dembélé, a ordonné une enquête pour situer les responsabilités et éventuellement prendre des sanctions contre les agents publics et privés fautifs. Le dossier d’enquête, conduit par le secrétaire général du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, a été bouclé la semaine dernière. Les investigations ont consisté à renseigner un questionnaire élaboré par le cabinet ministériel pour s’informer de la situation.

Les enquêteurs se sont intéressés aux informations sur les manquements aux normes constatés dans la réalisation de l’immeuble, les responsabilités des différents intervenants dans la chaîne de décision. Les enquêteurs devaient vérifier que toutes les conditions étaient réunies pour la réalisation de l’immeuble. Ils ont donc passé en revue toute la documentation à commencer par l’autorisation de construire délivrée par la mairie après un avis motivé de l’antenne des services de l’urbanisme basés en Commune IV.
Selon nos sources, l’autorisation devait se fonder sur un certain nombre de documents, le plan de l’immeuble, les résultats d’analyse du sol, pour s’assurer de la capacité de la structure à supporter les charges, l’adresse complète des bureaux d’architecture et de contrôle, et si possible les noms, prénoms et numéros de téléphone de l’architecte et de l’ingénieur de contrôle. Normalement, c’est après avoir réuni toutes ces informations que l’urbaniste de la mairie conseille le maire sur la décision à prendre. L’enquête devait donc établir les éléments devant concourir à la bonne expertise fournie à la collectivité.
La commission d’enquête a obtenu une étude réalisée par le Centre national de recherche en expérimentation en bâtiment et travaux publics (CNREX-BTP) et portant analyse des échantillons du béton, du fer et du sol prélevés sur le site de l’effondrement. Le travail a consisté à mesurer la teneur du béton, la qualité et le diamètre du fer utilisé dans la construction ainsi que la nature du sol. Le but était de s’assurer du respect du dosage du béton requis dans la réalisation d’un chantier de cette taille. La nature du sol devant recevoir l’ouvrage est très importante aussi, selon les spécialistes, car chaque type de sol nécessite un plan adapté à sa morphologie pour éviter des accidents de ce genre.
La commission d’enquête s’est attelée aussi à évaluer la responsabilité du bureau d’architecture, responsable du plan de l’immeuble, et celle du contrôle. Il est du devoir de l’architecte de s’assurer que l’exécution du plan de l’immeuble est effectuée selon les normes qu’il a préconisées et le contrôleur de veiller à l’application correcte des normes requises.
Les enquêteurs ont donc travaillé à réunir tous les éléments de preuve concourant à la manifestation de la vérité sur les causes réelles de l’effondrement de l’immeuble.

PROPRIETAIRE TOUJOURS INTROUVABLE. L’enquête a finalement établi de nombreux manquements aux normes. La plupart des dysfonctionnements constatés sont des fautes de négligence aussi bien des agents publics que privés. Les agents mis en cause appartiennent à la direction régionale de l’urbanisme et de l’habitat, aux bureaux d’architecture et de contrôle. Quant au propriétaire de l’immeuble, il reste toujours introuvable.
Les conclusions de la commission d’enquête sont consignées dans un rapport remis au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat qui a promis de prendre des sanctions exemplaires à l’encontre de tous les agents mis en cause dans l’effondrement de ce building R+7 dans la zone ACI 2000. Le drame qui a endeuillé la fête du 22 septembre dernier, a coûté la vie à un couple circulant en voiture qui s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. L’homme a succombé sur le coup, son épouse a rendu l’âme un plus tard pendant que les secouristes s’activaient pour dégager le véhicule des décombres.
L’accident avait suscité une vive émotion et conduit le ministère de l’Urbanisme et l’Habitat à prendre des mesures conservatoires parmi lesquelles la mise sur pied d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur cet énième effondrement d’immeuble en construction. Le ministère avait aussi ordonné l’arrêt de tous les travaux sur les chantiers similaires dans la zone de l’ACI 2000. Le temps pour l’administration de vérifier la validité et l’authenticité des documents nécessaires à leur réalisation (l’autorisation de construire, le plan d’architecture, notamment l’identité de l’architecte son adresse complète, ainsi que celle du bureau de contrôle et l’identité complète de l’ingénieur de suivi des travaux, etc.).
Ces vérifications faites, le ministère a autorisé la reprise des travaux sur les chantiers qui ont présenté des documents conformes. Les autres restent à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre.

A. O. DIALLO

source : Essor

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