Survie et développement de la petite enfance : BøRNEFONDEN ET L’UNICEF, MAIN DANS LA MAIN

Objectif : le développement holistique du jeune enfant grâce aux centres de développement de la petite enfance et à l’éducation parentale

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Børnefonden et l’Unicef ont lancé ce week-end, un projet en commun en faveur de la survie et du développement du jeune enfant dans la commune rurale de Zantièbougou (cercle de Bougouni). L’évènement s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la journée internationale dédiée à la femme.

La cérémonie était présidée par le sous-préfet central de Bougouni, Abdou Diarra, qui représentait le gouverneur de région. C’était en présence de la directrice nationale de l’éducation préscolaire et spéciale, Mme Coulibaly Maria Sangaré, du directeur national de Børnefonden-Mali, André Simanenye, et de Mme Andrea Berther, responsable du programme éducation de base et équité à l’Unicef. Les autorités administratives, politiques et les notabilités de la commune étaient également là.

Le projet s’étend sur 10 mois. Avec 125 millions de Fcfa de financement, il met l’accent sur l’éveil et la préparation des enfants à l’école, l’éducation parentale ainsi que la surveillance préventive des jeunes enfants autour du concept du développement de la petite enfance (DPE). L’initiative constitue un moment fort pour mettre en exergue l’appui à la survie et au développement de la petite enfance dans la commune rurale de Zantièbougou. Les 5755 bénéficiaires de ce programme sont de jeunes enfants âgés de 0 à 5 ans, dont 250 auront accès aux centres de développement de la petite enfance (CDPE).

La zone du projet se caractérisant par un fort taux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans, le projet mettra l’accent sur la prévention des cas de malnutrition grâce au dépistage précoce, aux démonstrations culinaires et à la stimulation cognitive et émotionnelle des enfants.

Le projet s’adresse aussi aux parents : 4881 femmes et 2694 hommes, soit un total de  7575 parents, vont bénéficier de séances d’éducation parentale, de stimulation psycho-cognitive et de sensibilisation sur les bonnes pratiques alimentaires et culinaires.

VIDE COMBLE. Zantièbougou et ses 42 villages avaient longtemps rêvé de disposer de CDPE. Ce rêve, comme l’a souligné le maire de la commune, Kassim Koné, est devenu une réalité grâce à ce projet de l’Unicef et de Børnefonden. Zantiébougou qui ne possédait aucun CDPE, enregistre l’ouverture de 5 de ces centres. L’édile estime que l’ouverture des CDPE soulagera les femmes qui pourront se consacrer à leurs occupations pendant que les mères éducatrices s’occuperont de leurs enfants. Kassim Koné a souhaité l’ouverture d’un centre professionnel d’apprentissage des métiers dans la localité afin de freiner l’exode massif de la population jeune.

Mme Andrea Berther a précisé que l’intervention visait à assurer une éducation préscolaire aux enfants de 4 à 6 ans dans les villages de Zantiébougou, Mamissa, Togougou-Kolondié, Toumou et Zantogola. Evoquant les avantages de l’éducation préscolaire, elle soulignera que les enfants préscolarisés développent de meilleures capacités en alphabétisation et chiffres. Une fois, à l’école l’enfant apprend mieux que les autres. Bref, l’éducation préscolaire constitue un fort déterminant du succès scolaire, assure, la responsable du programme éducation de base et équité à l’Unicef.

La préscolarisation, fait-elle remarquer, est le seul sous-secteur où la parité est effective entre les garçons et les filles. Tous ces arguments ont incité la spécialiste en éducation à appeler à une implication forte des adultes surtout dans les activités de stimulation, d’éveil et d’apprentissage de l’enfant. Il s’agit, entre autres, de lire des livres ou d’en regarder les images, de jouer avec les enfants et de passer du temps avec eux à dessiner ou compter.

C’est pourquoi, dans les 5 villages devant abriter les CDPE et dans les 24 autres villages, l’approche « éducation parentale » sera transversale. Mme Andrea Berther a annoncé que le projet sera orienté vers la dissémination des bonnes pratiques favorables à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant en lien avec les directives du ministère de la Santé et à la surveillance préventive du statut nutritionnel des enfants de moins de 5 ans au niveau communautaire.

AUTONOMISATION DE LA JEUNE FILLE. Le directeur national de Børnefonden-Mali estime que les valeurs promues dans le cadre du présent projet, vont contribuer à l’autonomisation de la jeune fille et du jeune garçon. En effet, selon une enquête menée par l’ONG Børnefonden en 2011-2012 auprès des CDPE, a montré que les enfants qui ont été préscolarisés entrent à l’école plus armés. Ils osent plus s’exprimer et occuper l’espace de commandement que leurs petits camarades qui n’ont pas eu la chance d’y passer. André Simanenye a insisté sur le fait que les CDPE sont à base communautaire. En effet, les mères éducatrices sont issues de la communauté, choisies par elle et placées sous gestion des comités mis en place à cet effet.

Tout en rendant hommage aux femmes à l’occasion de la célébration du 8 Mars, le premier responsable de Børnefonden-Mali a jugé que cette journée devait aussi être une occasion de mettre en avant l’éducation des filles qui sont les futures mères donc les futures éducatrices des enfants.

Mme Coulibaly Maria Sangaré a expliqué que le projet appelé à trouver des alternatives assurant le plein épanouissement des enfants, arrive à point nommé car une attention particulière est accordée à la survie et au développement de l’enfant dans notre pays. Elle a rappelé l’adoption, en 2011, d’une politique nationale en faveur des tout-petits car on a compris qu’investir dans le domaine de la petite enfance, c’est stimuler le développement cognitif, linguistique, social, émotionnel et physique du jeune enfant. L’enfant va ainsi acquérir des compétences fondamentales qui le préparent à mieux lire, écrire et réussir à l’école. L’enseignement préscolaire contribue aussi à atteindre des taux de rentabilité plus élevés que ceux attendus dans les programmes de l’enseignement primaire, a expliqué la directrice nationale de l’éducation préscolaire et spéciale.

Le sous préfet central de Bougouni perçoit dans ce projet le nouveau souffle donné aux enfants de Zantiébougou. Les enfants consommateurs d’aujourd’hui sont, en effet, appelés à devenir les adultes productifs de demain. Cependant pour qu’il en soit ainsi, avertit Abdou Diarra, les parents doivent s’engager à assurer au jeune enfant une bonne santé, une bonne  protection et une bonne éducation.

Le chemin qui mène vers ce succès vient, de son point de vue, d’être tracé en faveur de la commune rurale de Zantiébougou avec l’ouverture de 5 CDPE. Le sous préfet a invité les acteurs impliqués dans le projet à s’investir pleinement pour une réussite conditionnée au fonctionnement adéquat des CDPE.

Ce projet vient s’ajouter aux nombreuses réalisations de Børnefonden dans la région de Sikasso dans les domaines de l’éducation, la santé, les activités génératrices des revenus pour un montant de plus de 10 milliards Fcfa.

M. A. TRAORE

 

Centre local d’éveil préscolaire : UNE EXPERIENCE REUSSIE A SIDO

L’enseignement préscolaire joue un rôle déterminant dans le développement de l’enfant. Il lui permet de mieux s’adapter à l’école et d’être performant. L’enseignement préscolaire apporte à l’enfant des compétences qui l’aident à réussir à l’école. Bref, il stimule son intelligence et sa créativité. Malheureusement dans notre pays, bon nombre d’enfants d’âge préscolaire n’ont pas accès à un programme d’éducation préscolaire. Les mêmes ne sont généralement pas enregistrés à la naissance. Les pouvoirs publics qui mesurent les avantages de cet enseignement sur les enfants, ont adopté en 2011 une politique nationale dans ce sens. Depuis, une attention particulière est accordée à ce sous-secteur de l’éducation.

Cependant, si les structures préscolaires sont nombreuses à Bamako et dans certaines capitales régionales, il n’en est pas de même dans les campagnes. Pour permettre aux enfants habitant les zones rurales d’accéder à cet enseignement, les partenaires au développement ont testé plusieurs approches comme le concept du Centre du développement de la petite enfance (CDPE) ou le Centre local d’éveil préscolaire (CLEP). L’initiative basée sur une approche communautaire, est actuellement saluée et appréciée par les bénéficiaires et leurs parents. Particulièrement ceux de la commune rurale de Sido dans le cercle de Bougouni.

Depuis 2009, cette commune bénéficie d’un Centre local d’éveil préscolaire grâce à l’ONG Børnefonden-Mali. Le centre reçoit aujourd’hui 75 enfants de 4 à 6 ans. Deux animatrices proposées et payées par la communauté se chargent de leur encadrement. Ces animatrices, témoigne Yacouba Dena de l’ONG Børnefonden-Mali, ont été au préalable formées en gestion pédagogique, financière et administrative. Un comité de gestion est installé par la communauté elle même à qui il revient aussi de fixer les cotisations mensuelles et les frais des inscriptions ainsi que les modalités de paiement.

A Sido, les frais d’inscription s’élèvent à 1500 Fcfa et chaque parent doit payer 300 Fcfa par mois. Ce fonds sert à la fois à fournir un goûter aux enfants et à  préparer la communauté à prendre la relève après le retrait des partenaires. L’expérience marche à la perfection jusqu’ici, la communauté s’assume et s’implique pour la pérennisation, souligne Yacouba Dena. Témoignage de cet engouement : des parents ont proposé eux mêmes de participer à la préparation du goûter des enfants en apportant des céréales et autres.

Les tout-petits du CLEP de Sido, au grand plaisir de leurs encadreurs et parents, forcent l’admiration. Ces petits bouts de chou, épanouis et éveillés, savent tous chantonner l’hymne national. La lecture, les chiffres de 0 à 10, les récitations, les chants ainsi que les petits poèmes n’ont aucun secret pour eux.  Les enfants du CLEP de Sido, comme ailleurs, sont formés aux règles d’hygiène, à la citoyenneté et à la protection de l’environnement. Ils apprennent aussi et surtout à s’exprimer, à prendre la parole et à identifier les différentes couleurs. Tout ceci se fait par l’entremise de jeux et de chants.

Les premiers bénéficiaires du centre sont en 5è année fondamentale cette année. D’après une enquête de l’ONG initiatrice de ce projet, ces enfants rencontrent moins de problèmes que leurs camarades d’âge qui n’ont pas eu la chance de passer par l’enseignement préscolaire. Les CDPE permettent, en effet, à l’enfant de se libérer de son potentiel cognitif et comportemental.

En plus d’éveiller les enfants, le CLEP ou CDPE, offre également l’opportunité à la mère de vaquer tranquillement à ses occupations pendant que les mères éducatrices s’occupent de son rejeton. «  C’est très agréable de ne pas avoir à trainer chaque fois derrière toi ton enfant au marché ou au jardin maraîcher avec tous les risques que cela peut entraîner. C’est encore mieux si l’on sait qu’il est en de bonnes mains, qu’il mange et qu’il s’épanouit. Nous les jeunes mamans de Sido ne pouvions rêver mieux », témoigne Mme Doumbia Kadia Koné.

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