Rentrée scolaire 2016-2017 : LA DEBROUILLE DES MAMANS

Actrices principales de l’éducation des enfants, elles se battent pour préparer la rentrée de leurs enfants

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Les vacances scolaires tirent vers leur fin. Dans quelques jours, les élèves  reprendront le chemin des classes après trois mois de répit. La date retenue par le ministère de l’Education nationale pour la rentrée scolaire 2016-2017 est le 03 octobre.
Cette année, la reprise des cours intervient exactement trois semaines après la fête de Tabaski. Après les dépenses liées à cette fête, les parents vont une fois de plus faire face à beaucoup de responsabilités : les frais d’inscription, les habits neufs, les fournitures scolaires, les uniformes. Les préparatifs de la rentrée  tracassent en ce moment l’esprit d’une forte propension de mères. Actrices principales de l’éducation des enfants, celles-ci couvrent souvent seules les dépenses liées aux préparatifs de la rentrée. Si certaines mères actives ont la possibilité d’obtenir « des prêts rentrée scolaire » proposés par les banques de la place, d’autres se débrouillent pour que leurs bambins démarrent la nouvelle année scolaire dans de bonnes conditions.
La courageuse Bawa est vendeuse de légumes au marché. La conjecture est extrêmement difficile. Elle vient de faire face aux dépenses de la fête de Tabaski et n’a plus d’économie. Elle se triture les méninges pour se créer de nouvelles relations d’affaires afin de recevoir alors une plus grande quantité de marchandises. Les revenus tirés de leur vente couvriront l’achat  des fournitures scolaires de ses quatre garçons et les frais d’inscription de sa dernière fille.   La mère Bawa égrène le chapelet de ses difficultés.« Mon mari travaille dans le secteur informel. La morosité économique actuelle le frappe durement.  Si cela ne tient qu’à lui mes enfants n’iront pas à l’école. Chaque année je me sacrifie pour préparer la rentrée . Cette année, je suis obligée d’acheter les fournitures scolaires pour deux de mes nièces qui sont en vacances chez moi depuis fin juin», a-t-elle expliqué.
Pour préparer la rentrée scolaire, Bawa avait l’habitude d’acheter un à un les effets scolaires de ses enfants durant les vacances. Cette année, elle n’a pas été en mesure d’appliquer cette méthode ancienne, car les affaires ne marchent pas. « Je garde espoir d’ici le jour « J » , dit-elle .

APPEL AUX AUTORITES. Si l’éducation est un droit pour l’enfant, Bawa a lancé un appel aux autorités et à toutes les bonnes volontés pour venir en aide aux ménagères démunies  afin de garantir l’éducation des enfants des familles pauvres. Cette  battante  est convaincue que les enfants constituent l’avenir de cette nation. Elle fait des bénédictions pour que dans le Mali apaisé, « UN ET INDIVISIBLE », l’école soit gratuite pour tous les enfants jusqu’à 16 ans dans un avenir très proche.   » Mon rêve sera exaucé, Inch Allah »,
conclut – elle.
Veuves depuis quelques années, Sadio et sa coépouse ont du mal à trouver leur subsistance. Elles ont enduré toutes les peines du monde pour inscrire leurs enfants à l’école. Cette année les écoles rouvrent à un moment extrêmement difficile pour elles. « Nous n’avons pas de travail fixe. Je fais du petit commerce. Ma coépouse est lavandière. La dernière fête de Tabaski a lessivé nos économies. Nous venons de faire face aux dépenses liées aux habits et aux chaussures des enfants», a révelé Sadio. Tout comme Bawa, Sadio et sa coépouse attendent des jours meilleurs pour combler les dépenses liées à la rentrée prochaine.
Le principe de vie de la ménagère pieuse Sali est un adage très connu : « Aide toi, le ciel t’aidera! Elle déclare que le Tout Puissant vole à son secours tous les jours. Elle ne rate aucune des cinq prières de la journée pour implorer et remercier le Créateur. « Chaque rentrée scolaire constitue un souci pour moi et cette année ne fait pas exception. Je suis en train de suer sang et eau pour payer les fournitures scolaires de mes trois enfants dont les prix sont montés en flèche », a expliqué Sali. Le salaire de son mari est insuffisant. C’est elle qui fait de la gymnastique pour maintenir leur progéniture à l’école. Pour préparer la rentrée scolaire,  Sali a initié ses enfants au petit commerce. Les économies d’habitude  couvrent les dépenses de la rentrée. Mais cette année ces économies ont servi à acheter des habits neufs pour la Tabaski.
La vendeuse de ciboulette,  Batoma Konaté, prépare chaque année la rentrée scolaire . Cette année, elle ne s’épargnera aucune peine pour que ses enfants aient des fournitures scolaires. « Mon mari est vendeur de plastique. Il gagne peu. Je prends en charge les dépenses scolaires de nos enfants.  Cette dame dont le chiffre d’affaires s’élève à seulement 1000 Fcfa nous a dévoilé comment elle s’y prend chaque année. « Chaque jour j’achète pour 800 Fcfa de ciboulette chez le maraîcher. Je vends ce condiment au marché. Mon bénéfice sert à acheter petit à petit les fournitures de mes trois enfants inscrits à une école medersa. Tantôt je paie un cahier, tantôt  une ardoise ou de la craie. Je suis membre d’une tontine, à raison de 100 Fcfa par jour. C’est  sur cet argent que je mise à la fin de ce mois pour acheter le reste des fournitures scolaires des enfants », a-t-elle détaillé. Demain sera meilleur. Ainsi va la vie dans les chaumières du district de Bamako.

A. D. SISSOKO

 

Source: essor

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