Moussa Niangaly, Secrétaire Général de l’AEEM: « À quoi ça va nous servir d’étudier au Mali tant que nos Diplômes ne sont pas reconnus de la Fonction Publique ?»

Les sortants d’une dizaine d’Universités ne veulent plus croiser les bras face à leur  marginalisation lors des différents concours de la Fonction Publique. Il s’agit de ceux de la  FSEG, la FHG, la FSHSE, la FLSL, la FDPU, la FDPRI, la FST, etc.

 

Ces Universités forment et délivrent des Attestations de fin de cycle à  plusieurs milliers d’Étudiants par an. Mais, depuis plusieurs années, les postes que demande l’État lors des différents processus de recrutement ne correspondent pratiquement plus à ces attestations acquises dans des conditions plus que difficiles eu égard à la centralisation de l’espace universitaire à Bamako obligeant les Ruraux à s’y rendre après le succès au Baccalauréat. C’est un véritable casse-tête. «Nous ne savons pas pourquoi nos Diplômes ne sont pas pris en compte lors des différents recrutements dans la Fonction Publique. C’est une marginalisation de la part de l’État envers nous qui sommes les enfants pauvres. Il faut que les Autorités reviennent sur ce sujet pour donner une raison aux Étudiants d’étudier», a déploré M. Konaré, un Sortant  de la FLSL, avant d’interpeller le Premier Ministre Dr. Boubou Cissé à s’impliquer dans cette affaire afin que l’égalité des chances soit  à entre tous les fils du pays.
De son côté, Mme Traoré ne mâchera pas ses mots. «Ils nous ont fait espérer et on a fait quatre ans d’études après le Bac en croyant pouvoir servir le pays après la soutenance. Mais, on s’est rendu compte que nos Diplômés sont oubliés par l’État. Il faut que cela change», s’est-elle emportée.
Joint par téléphone, le Secrétaire Général de l’AEEM, Moussa Niangaly, a rappelé que le combat a été mené par son association, mais qui se fait face à une mauvaise volonté politique. «J’ai une Licence en Informatique à la Faculté des Sciences, mais il y a eu tellement de concours et on n’a jamais demandé les Sortants de ladite Faculté. On remarque que c’est toutes les Facultés qui sont oubliées. À quoi ça va nous servir d’étudier au Mali tant que nos Diplômes ne sont pas reconnus de la Fonction Publique ? Il y a des grandes écoles qui sont orientées vers la Formation professionnelle et technique, mais tout le monde ne peut pas y aller étudier. Il y a des Licences professionnelles qu’on délivre aujourd’hui, mais ça ne sert à rien. Nous déplorons vraiment cette situation. Nous avons demandé aux Autorités d’y trouver solution, de régler cette situation. Les Anciens  et les actuels membres de l’AEEM ont mené des démarches par rapport à cette situation», a-t-il souligné avant d’appeler tous les Étudiants à l’union sacrée pour une revendication fructueuse. «Je crois que ce n’est pas juste une partie des Étudiants qui doit mener cette lutte. Nous sommes une association des élèves et étudiants du Mali. S’il y a une revendication ou une manifestation qui concerne les Étudiants, c’est au Bureau de la Coordination de  l’AEEM de prendre le devant. Ce n’est pas facile de faire des années sur les bancs et voir qu’on n’a pas la chance d’intégrer la Fonction Publique une fois soutenu», a-t-il menacé.

Seydou Konaté

LE COMBAT

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