Ministère de l’éducation nationale : Le RPM veut le départ du ministre Barthélémy Togo

Le Rassemblement Pour le Mali (RPM), le parti du président Ibrahim Boubacar Kéïta, ne cesse d’avaler des couleuvres. Et de très grosses ! Depuis septembre 2013, date de prestation de serment d’IBK, le parti a vainement cherché la primature, tour à tour confiée à Oumar Tatam Ly, Moussa Mara et Modibo Kéita. L’obtention d’une majorité au parlement n’a rien changé à la donne, malgré les hauts cris du parti.

Kénékouo Barthelemy Togo ministre education nationale

Certes, le RPM détient des portefeuilles en nombre et en qualité, mais il a perdu, dans le dernier gouvernement, le juteux département de l’Education Nationale au profit de l’ADEMA, une formation laborieusement ralliée à IBK après la victoire de celui-ci à la présidentielle: Madame Togola Jacqueline Nana, RPM bon teint, a alors été limogée puis remplacée par Kénékouo Barthélémy Togo, un haut cadre de l’ADEMA.

 

Changement de Cabinet

Lors du conseil des ministres du mercredi 18 mars 2015, le ministre Togo a remanié l’ensemble de son cabinet en nommant de nouvelles personnalités aux postes suivants :

– Chef de Cabinet : Mohamed SOKONA, professeur;

– Conseiller technique : Chaïbou Farka MAIGA, professeur d’Enseignement Secondaire;

– Chargés de mission : Boubacar DIALLO, journaliste; Madame SYLLA Fatoumata Hama CISSE, professeur d’Enseignement Supérieur; Hamidou TOGO, professeur;

– Directeur des Finances et du Matériel : Simbo TOUNKARA, Inspecteur des Finances;

– Directeur du Centre National des Examens et Concours de l’Education: Amadou Abdou ALPHA, professeur principal d’Enseignement Secondaire.

Seul échappe au couperet ministériel Aboubacar Diallo, un chargé de mission encarté au RPM. Et parmi les membres du cabinet relevés figurent de grosses pointures comme le chef de cabinet, Madame Diawara Alimatou Touré, présidente des femmes du RPM; madame Kadiatou Touré, secrétaire exécutive des femmes du RPM; et Youssouf Coulibaly, membre du bureau national des jeunes du RPM. Pour la petite histoire, c’est Youssouf Coulibaly qui, l’année dernière, aurait mis tout en œuvre pour circonscrire des débrayages de l’AEEM et des syndicats enseignants, au point que certains pensent, au RPM, que son départ pourrait favoriser des grèves enseignantes.

 

Colère au RPM

Au RPM, ces changements opérés par le ministre font suer sang et eau. Certains responsables du RPM ne décolèrent pas contre le ministre ni contre le Premier Ministre, le second étant un bon ami du premier. Des membres sortants du cabinet se demandent pourquoi le ministre fait à nouveau appel aux services d’Alpha Amadou, nommé directeur des examens et concours, alors que l’intéressé avait été chassé par le ministre précédent de la Cellule de planification et des statistiques, chargé des orientations scolaires.

Un cadre du RPM nous confie avec amertume: « Le ministre a fait remplacer nos militants par ceux de l’ADEMA dans le but de nommer de nouveaux directeurs d’écoles et de faire gagner les élections communales à l’ADEMA, étant donné que ce sont généralement les directeurs d’écoles qui président les bureaux de vote.« 

Un autre cadre du RPM nous assure qu’«actuellement, le parti est en train d’œuvrer non seulement à la réintégration de ses militants limogés, mais aussi et surtout à mettre la main sur la primature et des ministères clés comme ceux de l’Education, des Affaires Etrangères et de la Défense».

A.K

 

Source: L’Express de Bamako

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