L’humeur de Facoh : Le retour en classe.

Depuis l’institution de l’école française dans notre pays au début du XXè siècle, la rentrée scolaire, sauf dans le cas des perturbations majeures survenues au cours de l’année précédente, est fixée à la première semaine du mois d’octobre. Sous la Ière République (1960-1968) et la seconde (1974-1991), elle se faisait le même jour sur toute l’étendue du territoire national. Mais actuellement, avec la multiplication des syndicats d’enseignants et d’élèves, elle ne se fait plus le même jour et pratiquement tous les ordres d’enseignement décident  de sa propre rentrée. Le plus drôle est que l’autorité de tutelle de l’école donne l’impression d’être incapable de corriger cette anomalie.

 

C’est une période de grande angoisse non seulement pour les scolaires mais également pour leurs parents. Les élèves dont les résultats n’ont pas été suffisants ont peur de se présenter et les parents d’élèves redoutent l’échéance à cause des dépenses que l’évènement  engendre. D’autant que les libraires et autres papetiers se mettent à l’affût pour l’occasion pour faire monter les prix des matériels scolaires.

Les ruraux, après 3 mois de vacances regagnent les villes, qui avec un petit sac de couscous séché, qui avec quelques poids d’arachide en prévision des jours difficiles pour le logeur. Parce que pour eux, dans la ville d’accueil, existe un réel problème de logement et d’alimentation.

Dans les premières années de l’indépendance, c’était avec joie que les élèves retrouvaient le chemin de l’école. En brousse et même en ville où pendant les vacances, la cour de l’école a été envahie par les herbes sauvages, les élèves des deux sexes mettaient un jour à la  désherber et  à balayer les salles de classe. Dans le secondaire, le régime de l’internat fonctionnait bien, permettant aux élèves pauvres d’affronter avec courage les études, mais maintenant que l’école a été dévalorisée, tout cela n’est plus qu’un lointain souvenir.

Depuis la fin du régime de l’US-RDA, l’école malienne a cessé d’être gratuite et demeure à la charge des parents d’élèves. Beaucoup de cadres issus de ce système sont maintenant devenus des promoteurs d’écoles, souvent sans les moyens ni les compétences. Sous la  IIè République, en dépit de la propagande de ses thuriféraires, l’école payante s’est bien implantée dans le pays,  amenant encore plus de désordre dans la rentrée solaire. La IIIè République qui lui a emboîté le pas, quoique dirigée en grande partie par des enseignants, ne fit rien pour rectifier le tir. De nos jours, la rentrée scolaire est comparable au 22 septembre déjà vu comme un évènement insignifiant.

 Facoh Donki Diarra

(écrivain, Konibabougou)

Mali Tribune

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