La non-scolarisation des filles au Mali : « Un frein au développement du pays »

« Éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation », dit– on. Mais cet adage semble être un mot creux dans notre pays. Et pour cause au Mali, il existe une inégalité effarante entre garçon et fille en termes de scolarisation.

Les femmes ont une place prépondérante dans nos sociétés malheureusement, à travers l’histoire, elles ont été arbitrairement et injustement défavorisées sur divers aspects de la vie : éducation, travail, politique… La déscolarisation des filles prive le monde d’une énorme ressource humaine. En effet, instruites, les femmes pourraient contribuer fortement au bien-être du monde, à la promotion de l’éducation, à la lutte contre certaines maladies, à l’accroissement de l’économie, et cela fortifierait la démocratie pour une société stable et juste. En outre, le foyer d’une femme scolarisée est plus épanoui. Une femme heureuse et instruite s’occupe mieux de son foyer : Les femmes étant un pilier essentiel de la famille, si elle est instruite elle saurait mieux gérer les dépenses et contribuer à faire des économies. Les femmes qui vont à l’école se prémunissent mieux contre les maladies et infections sexuelles, elles savent aussi comment éviter les grossesses non désirées.

Selon les témoignages d’une sage-femme, les femmes scolarisées respectent mieux les consignes pendant les grossesses ces femmes sont moins touchées par la mortalité prénatale, néo-natale et maternelle. Rappelons que chaque année 830 femmes meurent de causes liées à la grossesse et a l’accouchement, selon l’organisation mondiale de la santé. Des femmes témoignent des inconvénients de la déscolarisation des filles.

Fatoumata Diallo, âgée de 40 ans et vendeuse d’arachide a quitté l’école depuis l’âge de 15 ans. « J’étais en 8eme année quand j’ai quitté l’école pour me marier et mon mari est décédé il y a de cela quelques années. Je n’ai plus personne pour m’aider à m’occuper de mes enfants, c’est pourquoi je fais ce petit commerce pour nourrir ma famille. Si j’avais étudié je ne serais pas dans cette condition aujourd’hui », explique Fatoumata. Agée de 22 ans, Mariam Coulibaly est aide-ménagère. Selon elle, elle a beaucoup souffert de la non-scolarisation. « Je n’ai pas été à l’école car mes parents voulaient que je vienne en ville comme toutes les filles de mon âge pour chercher de l’argent afin de préparer mon mariage. Je travaille tous les jours et je suis la seule a tous faire, parfois je tombe malade et tout ça pour une somme minable. Tout cela montre l’importance des études pour une fille », explique la jeune dame.

Selon Sekouba Samaké, chargé de mission du ministère de l’éducation national, la non-scolarisation de la fille est un frein au développement de notre pays, car c’est la couche la plus importante de la société. La femme a beaucoup d’influence sur la famille, s’occupe de l’éducation des enfants, de leur santé…

De nos jours, on a réussi a sensibilisé les parents pour qu’ils laissent les filles partir à l’école, le problème est que la plupart n’y restent pas à cause des mariages forcés ou précoces ou encore des grossesses non désirées. Notre combat maintenant est de lutter pour maintenir ces filles à l’école », a détaillé Sekouba Samaké.

Assan Daou, stagiaire

SourceLerepublicainmali

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