La Communauté d’apprentissage des maîtres : UN OUTIL ORIGINAL ET STRATEGIQUE POUR L’ECOLE

Elle consiste à réunir les enseignants et leurs directeurs pour identifier et corriger les difficultés pédagogiques qu’ils rencontrent dans la transmission quotidienne des connaissances aux élèves

Kénékouo Barthelemy Togo ministre education nationaleLorsqu’on parle d’éducation, la plupart des partenaires de l’école pensent d’abord aux élèves et à l’administration scolaire, mais rarement aux enseignants. Et pourtant le maître d’école est au centre du système parce qu’il constitue la pierre angulaire sur qui repose tout l’échafaudage. La bonne marche de l’école et les succès scolaires sont tributaires de la qualité de la formation de l’enseignant avant tout. Des décennies durant, la majorité des enseignants ne pouvaient compter que sur leur formation initiale. Les rares privilégiés qui participaient aux nombreux ateliers et séminaires de formation ne partageaient pas ce bagage, ne faisaient rien qui profitait aux autres.

Autre caractéristique : la formation continue était organisée selon un modèle ascendant débouchant sur des formations initiées au plus haut niveau administratif, souvent sans grand lien avec les besoins réels de formation des maîtres. On dépensait beaucoup d’argent pour très peu de résultats probants. Conscients de ces dysfonctionnements, les initiateurs du Programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC) ont priorisé, dans la formation continue des enseignants, un nouveau modèle : la communauté d’apprentissage (CA) des maîtres.
La cérémonie d’ouverture des journées nationales de relance de cette communauté d’apprentissage s’est déroulée hier au CICB. C’était sous la présidence du ministre de l’Education nationale, Kénékouo dit Barthélémy Togo, en présence de l’ambassadeur du Canada au Mali, Louis de Lorimier, du chef de file des PTF et des spécialistes de l’enseignement normal (directeurs d’académie et de centre d’animation pédagogique). La CA des maîtres consiste à réunir les enseignants et leurs directeurs pour identifier et corriger les difficultés pédagogiques qu’ils rencontrent eux-mêmes dans la transmission quotidienne des connaissances aux apprenants.
Il s’agit donc de trouver les voies et moyens susceptibles d’améliorer les apprentissages individuels et collectifs. Le système est un lieu privilégié et un cadre idéal qui permettent d’assurer aux maîtres l’acquisition de nouvelles compétences. Ces dernières pourront ensuite être concrètement appliquées dans les classes et contribuer du coup, à améliorer les apprentissages et les succès scolaires. Le but de la CA est justement d’améliorer les résultats scolaires des élèves donc de réduire les taux d’échec. Pour y parvenir, la CA doit se donner comme objectifs de compléter la formation initiale des enseignants et de répondre à leurs nouveaux besoins de formation.
Elle doit les soutenir dans la prise en charge de leur formation continue, rehausser leur professionnalisme, les aider à élaborer, en équipes, des stratégies de formation continue centrées sur le rendement et le perfectionnement. Elle doit aussi leur permettre de travailler ensemble pour se perfectionner dans un esprit de coopération et de développement des compétences. Le chef de file des partenaires techniques et financiers et l’ambassadeur de Canada ont salué l’initiative et réitéré leur engagement à accompagner notre pays dans la formation de ses formateurs. Le chef de file des PTF a rappelé les résultats encourageants obtenus dans la mise en œuvre du PRODEC et les efforts du gouvernement malien pour améliorer la qualité du système éducatif.

DES RESSOURCES HUMAINES DE QUALITE. La formation des formateurs est un des facteurs déterminant de l’amélioration de la qualité des apprentissages. Pour cette raison, le chef de file des PTF a souhaité que ces journées aident à mieux cerner les contours de la question. Louis de Lorimier, de son côté, a assuré qu’il n’y avait pas de développement sans éducation de qualité. Aussi la coopération canadienne, certaine du fait que la formation des formateurs constitue la charpente même du système éducatif et la CA une stratégie privilégiée de cette formation, a pris l’engagement d’appuyer le Mali dans sa politique de formation des maîtres.
L’appui canadien a été effectivement significatif. En 2004, le Canada avait déjà financé à hauteur de 16,5 millions de dollars canadiens, la première édition de la CA des maîtres qui, à l’époque, avait concerné plus d’une centaine d’écoles. Il contribuera cette fois pour plus de 18,5 millions de dollars canadiens sur six ans toujours dans la formation des formateurs. La CA est avant tout la condition sine qua non d’obtention de ressources humaines de qualité, a confirmé Kénékouo dit Barthélémy Togo qui se référait ainsi aux progrès réalisés par le PRODEC dans l’accès et le maintien à l’école. Des succès qui ne peuvent cependant occulter la grave crise d’enseignants, surtout de qualité, dont souffre notre pays depuis des décennies.
Pour le ministre de l’Education nationale, la CA est nécessaire et à plus d’un titre. C’est un outil original et stratégique pour l’école et si la qualité de l’enseignement s’accroît au niveau des écoles fondamentales, c’est toute la population qui en bénéficiera. D’où la nécessité de généraliser les CA dans toutes les écoles. Cette initiative, le chef du département la soutient fermement, car il s’agit, dit-il, de faire en sorte que le maître qui est au centre de l’école prenne en main ses destinées.
« Mon département mettra tout en œuvre pour soutenir cette dynamique et à travers la CA, la formation des maîtres sera désormais facile et pratique », promet le ministre. Il a demandé aux participants de mener des débats francs et objectifs qui leur permettront de cerner tous les contours de la question, avant de remercier les PTF et de renouveler ses remerciements aux enseignants pour leurs inlassables efforts.

C. DIAWARA

Source : L’ Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.