Grève des enseignants : L’année blanche est-elle encore évitable ?

Les grèves se multiplient depuis le début de la présente année scolaire. La dernière a été enclenchée le 11 mars dernier pour prendre fin le 5 avril prochain. Les enseignants exigent des primes et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Une situation qui fait craindre une année blanche.

L’école Mamadou Konaté qui, d’habitude, fait le plein avec ses plus de 2000 élèves et une quarantaine d’encadreurs est désespérément vide. Et, pour cause, les enseignants observent une énième grève depuis le début de cette année scolaire 2018-2019. Dans la cour de l’école, un seul Bureau est ouvert,  c’est celui du Directeur qui, muni de sa radio, est en quête de bonnes nouvelles.

«On se pose la question si toutefois on peut sauver l’année. On n’a pas encore fait le deuxième trimestre et la grève se poursuit. On tend aussi vers les congés de Pâques. Si l’on accumule toutes ces périodes, il y a risque d’année blanche si une solution n’est pas vite trouvée», s’inquiète Abdramane Diallo, Directeur coordinateur de l’école Mamadou Konaté.

Réuni pour son 13econgrès ordinaire, le syndicat national de l’éducation et de la culture compte partager avec ses militants l’état des lieux des négociations avec l’État.

«La grève est déjà là. Nous continuions les négociations avec le Gouvernement. Pour le moment, rien n’est convenu. On ne sait pas de quoi demain sera fait. Mais, une chose est claire, il  faut plus d’équité dans ce pays et cela passe par l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants maliens», dit Kané, Secrétaire Général par intérim du Syndicat National de l’Éducation et de la Culture (SNEC).

En attendant que l’État et les enseignants parviennent à un accord pour la réouverture des classes, certains élèves ont décidé de prendre leur destin en main et font dans l’autoformation.

«Je suis dans une classe d’examens. Je suis là pour faire des exercices ; car, je pense que c’est la solution pour réussir. J’appelle les autres élèves à ne pas rester à ne rien faire pendant cette période de grèves, il faut se former», conseille Nana Mounkoro qui doit passer le Diplôme d’Étude Fondamental (DEF) cette année. Mais des Nana Mounkoro, il n’y en a pas des centaines. Nombreux préfèrent jouer au vélo et au foot en attendant que les adultes décident de leur sort.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT

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