Baisse du niveau des étudiants : Une démission collective

Jadis une référence dans la sous-région ouest africaine, le système d’enseignement supérieur malien traverse de nos jours des périodes sombres et entame depuis quelques années une descente en enfer au grand dam des étudiants, professeurs, parents d’élèves et autorités du pays. Les causes de cette descente vertigineuse dans l’abîme de l’école sont nombreuses : manque d’engouement des étudiants pour la lecture, niveau moyen des professeurs, démission des parents d’élèves, magouille, manque de structures adéquats….En somme, une démission collective.

Selon le Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (Fsjp), Pr Daouda Sacko, la baisse de niveau des étudiants est un mal qui a des racines bien acérées. «Dans ma compréhension, il y a eu beaucoup d’expérience au niveau de l’éducation de base d’abord, les tentatives sous l’investigation de nos bailleurs de fonds. Beaucoup d’enseignants n’ont ni le niveau, ni la compétence ni l’amour de ce travail. Nous assistons à une baisse dramatique du niveau des enfants parce que rares sont ceux parmi eux qui peuvent vous écrire une phrase correcte. Quand un élève ne sait pas quand est-ce qu’un verbe doit se mettre à l’infinitif, c’est très grave. Depuis le fondamental ils n’ont jamais eu de professeur de grammaire. Moi j’ai cru qu’en faisant une étude de la technique d’expression, je pouvais l’améliorer mais le programme est déjà chargé, on ne peut pas faire ce qui n’a été fait depuis le bas âge, on ne peut pas le changer au niveau de l’université.» déplore le Doyen de la Fsjp. Si autrefois les étudiants fréquentaient les bibliothèques afin de renforcer leur niveau, aujourd’hui, c’est sur les réseaux sociaux que la majeure partie des étudiants naviguent souvent sur des sujets futiles et inopportuns. Nous avons rapproché un étudiant qui révisait ses cours dans l’enceinte de la FSJP qui a bien voulu accepté, dans l’anonymat,  de se prononcer sur la question. «S’il y’a autant d’échec au niveau universitaire c’est simplement à cause des conditions inhumaines dans lesquelles sont dispensées les cours. Je ne peux pas imaginer que dans de si grand amphi le professeur puisse dispenser ses cours sans micro, ils ne fonctionnent pratiquement plus les micros.  Pour avoir la maitrise de ce qu’on fait il faut la pratique, chose qui nous manque aussi. L’Université malienne est devenue maintenant, un endroit où l’on fait du business, et se renflouer les poches. Nous qui sommes là toujours avons des difficultés à obtenir nos diplômes dignement tandis que d’autres se le procure sans fournir d’effort, magouille est passé par là oui et tant qu’elle existera c’est les pauvres étudiants qui en récolteront les  pots cassés» fustige l’étudiant. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, malgré cette baisse criante du niveau des étudiants, certains  parviennent à se tirer d’affaire et rehausser le drapeau malien via leurs résultats au sein des grandes universités du monde. Il urge que tous les acteurs de l’éducation, l’Etat, les autorités en charge de l’éducation, les parents d’élèves, les étudiants et élèves jouent pleinement leur rôle afin que l’école malienne retrouve ses lustres d’antan.

Aissata Diakité, Stagiaire

 

Source : Le Républicain

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