Disparition de Birama Touré : La machine judiciaire en branle

La justice malienne est loin de faire l’impasse sur la disparition ou l’assassinat présumé de notre confrère Birama Touré. La réception le jeudi dernier des représentants du patriarche des familles Touré de Bamako par le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, donne un coup de fouet à la procédure judiciaire.

La disparition de notre confrère Birama Touré survenue il y a 3 ans, ne cesse d’alimenter la chronique ces derniers temps. Tous les débats sont focalisés sur Karim Kéita, fils du président de la République, candidat pour un second mandat à la députation en Commune II, dont le 1er tour est prévu le 29 mars. La Commune II étant celle de Birama Touré et en même temps la circonscription électorale de Karim Kéita, suspecté dans la disparition de M. Touré, les rumeurs et autres diatribes ne font qu’enfler au gré des scrutins électoraux où Karim est concerné directement ou indirectement.

Les parents de Birama Touré, membres des familles fondatrices de Bamako ne demeurent pas en reste dans cette atmosphère délétère en Commune II. Ces derniers jurent d’avoir une suite sur ce qui est arrivé à leur progéniture.

Les représentants du patriarche des Touré, très remontés contre une supposée négligence dans ce dossier, ont été reçus le jeudi 12 mars, par le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux. Il nous revient que Me Malick Coulibaly a rassuré ses interlocuteurs que l’affaire Birama Touré est loin d’être mise sous les éteignoirs. Elle évolue lentement, mais sûrement.

La preuve de l’évolution de cette affaire est qu’un juge d’instruction a été désigné pour effectuer le voyage en France afin d’entendre deux témoins et non des moindres. Il s’agit de notre confrère Adama Dramé, directeur de publication du Sphinx (ex-patron de Birama Touré) et l’ex-inspecteur de police Papa Mamby Kéita, tous deux exilés en France et qui disent craindre pour leur sécurité. Le premier, à travers des articles de presse, dit détenir des preuves irréfutables sur la mort de Birama Touré. Le second soutient la même chose par des sorties sur les réseaux sociaux. Certaines procédures diplomatiques et mêmes judiciaires semblent pour le moment retarder le déplacement du juge chargé de l’enquête dans l’Hexagone.

Les proches de Birama Touré ont quitté le ministre de la Justice avec l’espoir que la justice fera son travail et que tous ceux dont la culpabilité sera prouvée dans cette affaire seront arrêtés.

Me Malick Coulibaly, au cours d’une interview sur l’ORTM au mois de janvier dernier, avait dit à haute et intelligible voix que “les dossiers en souffrance au niveau de la justice vont être rouverts”.

Sans parler spécifiquement du cas Birama Touré, le Garde des Sceaux avait évoqué en cette circonstance la réouverture des dossiers relatifs à la lutte contre la corruption comme l’affaire de l’avion présidentiel, celle des équipements militaires qui avaient été classée sans suite. Il avait ajouté, “nous allons bientôt informer l’opinion publique sur le dossier des avions cloués car il évolue”.

 

Abdrahamane Dicko

Source: Mali Tribune

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