Respect des droits des migrants : L’expérience marocaine exposée à l’Onu

L’expérience marocaine en matière de respect des droits de l’homme des migrants a été exposée, au siège de l’Onu à New York, dans le cadre des travaux de l’Audition parlementaire annuelle, tenue du 21 au 23 février à l’initiative de l’Union interparlementaire (UIP) et de l’Assemblée générale des Nations unies.

 Cette rencontre, qui s’inscrivait dans le cadre de la préparation de la Conférence intergouvernementale, prévue en décembre prochain au Maroc pour l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, avait été marquée par la participation d’une importante délégation parlementaire marocaine, qui avait mis en avant, à cette occasion, les différents aspects de la politique d’immigration du Royaume et ses initiatives en faveur des migrants et réfugiés se trouvant sur son territoire.

Intervenant dans le cadre des travaux de cette audition, M. Mohamed Zouitene, rapporteur de la commission des Affaires étrangères, de la défense nationale, des Affaires islamiques et des MRE à la Chambre des représentants, avait mis l’accent sur le plan d’action marocain en matière de démocratie et des droits de l’Homme (2018-2021). Un plan comprenant un axe entier consacré aux droits des migrants et des réfugiés, avec pour objectif principal de garantir et promouvoir les droits de ces personnes.

Le plan d’action marocain, avait-il expliqué, entend aussi intégrer la question de l’immigration dans les politiques publiques conformément à une approche juridique respectant les obligations internationales du Maroc.

  1. Mohamed Zouitene avait également mis l’accent sur l’importance de l’aspect législatif et institutionnel dans le traitement de la question de la migration, notamment par le biais du renforcement et de la mise à niveau du cadre législatif y afférent et la conclusion de conventions bilatérales à la fois avec les pays d’origine et d’accueil.

De son côté, M. Hamid Couscous, membre de la Chambre des conseillers, avait plaidé pour une approche gouvernementale globale à même de permettre à l’ensemble des migrants de bénéficier entièrement de leurs droits et qui soit centrée sur les principes des droits de l’Homme.

Il avait noté, à cet égard, que la stratégie de l’immigration et de l’asile adoptée par le Royaume reste fondée sur les principes universels des droits de l’Homme, conformément à l’article 30 de la Constitution marocaine qui garantit aux migrants les mêmes droits fondamentaux que les Marocains.

Pour sa part, M. Ahmed Touizi, Secrétaire de la Chambre des conseillers, avait mis l’accent sur l’action pionnière du Maroc dans le domaine de la migration aux niveaux régional et international. Donnant à titre d’exemple les campagnes de régularisation de la situation administrative des étrangers en situation irrégulière dans le Royaume, une initiative sans précédent dans la région.

Dans ce cadre, il avait mis en avant les efforts d’intégration socio-économique de ces migrants au sein de la société marocaine, notamment en leur permettant de bénéficier de plusieurs prestations sociales.

Quant à M. Nabil Cheikhi, Conseiller et président du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des conseillers, il avait souligné l’importance de mettre l’accent dans le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières sur le danger posé par les liens entre les réseaux d’immigration clandestine et certains groupes terroristes et séparatistes. Ces liens, avait-il expliqué, portent atteinte à la stabilité et à la paix régionale, et contribuent à la persistance du phénomène migratoire irrégulier et des tragédies humaines qui en résultent.

Tenue sous le thème : ”Vers un pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières: la perspective parlementaire”, cette audition revêt une importance particulière en ce sens qu’elle permettra d’avoir une perspective parlementaire globale sur les questions clés de la migration, de même qu’elle contribue à éclairer les négociations de l’Onu sur le Pacte mondial sur la migration.

Ce Pacte représente, en effet, un nouveau cadre pour les dispositions pratiques devant être mises en place aux échelles mondiale et nationale pour garantir une bonne gouvernance des migrations dans le respect des droits des migrants et de la souveraineté étatique.

La rencontre avait rassemblé des parlementaires, des académiciens, des acteurs du secteur privé et de la société civile, ainsi que des représentants d’institutions nationales des droits de l’Homme.

Mardi, le premier de six rounds de négociations d’un Pacte mondial sur une migration sûre, ordonnée et régulière avait été lancé à l’Assemblée générale de l’ONU, en vue d’aboutir à un texte qui sera signé, en décembre prochain, lors d’une conférence internationale prévue au Maroc.

Ce pacte non-contraignant est composé de 22 engagements visant à ce que les migrants, qu’ils recherchent une vie meilleure ou fuient la violence et la pauvreté, puissent le faire de manière sûre, prévisible et ordonnée.

Les négociations autour de ces engagements se tiennent au siège des Nations Unies à New York, à raison d’un round par mois, jusqu’à juillet. La signature du texte résultant de ces discussions sera faite formellement les 10 et 11 décembre prochain à Marrakech.

Le Pacte s’inspire du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba, ainsi que de la Déclaration du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement adoptée en octobre 2013.

B.Koné

Le Malien

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