Dettes entre femmes à Bamako: la nouvelle formule pour se faire rembourser

Certaines femmes et jeunes filles bamakoises vivent dans une concurrence sans pareil. Une nouvelle génération qui inquiète de plus en plus. En effet, certaines Maliennes, imbues d’une folie de gradeur, mènent une vie mensongère et de manipulation au dernier degré. Ce qui les pousse à vivre en déçu de leurs moyens, faisant recours à des dettes par ci, par là et au moment de rembourser, elles font toutes sortes de gymnastiques pour fuir leurs créanciers et créancières. Mais, de nos jours, les créancières ont trouvé une nouvelle formule pour se faire rembourser sans courir dernière ces indélicates débitrices.

Nous sommes à une époque où la rivalité des femmes est sans qualificatif. Il n’est plus question d’être coépouses, belles-sœurs, rivales. Tous les événements sont mis à profit pour se faire voir. À la longue, les cérémonies deviennent des occasions à la recherche de vanité. Elles se font de la concurrence en tout lieu : à la maison, au service, lors des rencontres d’hebdomadaire, les différentes cérémonies, enfin de savoir qui a la dernière marque d’iPhone, le denier Range Rover, le Bazin qui a le plus d’éclat, etc. Le plus décevant, même lors des décès, on essaye de voir la veuve qui porte le call (foulard) le plus cher. Elles n’ont plus de limite à vrai dire.

Certaines femmes s’endettent de la pire des manières et tous les mensonges sont bons pour avoir de l’argent. Souvent n’ayant pas les moyens pour s’acquitter de ses dettes, ces femmes deviennent invisibles ou inventent toute sorte de scénarios pour fuir leurs différents créanciers :

« Humm Bamako ! La vie de Bamako est devenue une vie de mensonge, et ces dames sont fausses à tous les niveaux. Tout est pris à crédit: des cheveux, aux paires de chaussure, en passant par les habits  juste pour des cérémonies ou différentes sorties pour paraitre la plus branchée et la plus riche. En effet, elles vivent au-dessus de leurs moyens. Elles sont endettées jusqu’aux dents et se font humilier chaque fois par les créanciers quand arrive le moment de remboursement. C’est vraiment désolant de voir que l’apparence compte plus que toutes les valeurs humaines à leur yeux », déplore FC, une jeune dame évoluant dans le milieu du show-biz.

Actuellement, la fausse apparence est devenue la mode chez bon nombre de Bamakoises, témoigne Mlle Coulibaly : «Au moment de prendre une dette avec toi, elles ont la langue tellement mielleuse, et quand vient le moment de rembourser, tu uses deux chaussures neuves pour pouvoir les voir. De nos jours, pour avoir leur argent les créancières ont trouvé une nouvelle formule : elle consiste à tisser une amitié avec les amis de ses débitrices pour savoir à quelle cérémonie, elles sont conviées ou quel est  jour, elles organisent le baptême de leur propre enfant, enfin de venir s’installer juste en face d’elles comme pour lui dire : Je suis là hein, tu finis, tu payes mon argent. Et ça marche aussi. C’est quelle vie ça ? Se mentir à sois même et à quelle fin ?», conclut-elle.

Adam DIALLO      

Source: bamakonews

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