Patrimoine culturel du Mandé : KURUKANFUGA, UN SITE PROTEGE

Il fait le bonheur des chercheurs et des associations culturelles

Patrimoine culturel Mande charte Kurukanfuga

Le site est classé dans le patrimoine national et reconnu par la Communauté internationale. La charte de Kurukanfuga et la réfection septennale du toit de Kababulon sont inscrites sur la liste représentative  du patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO. Ce grand honneur a été fait à notre pays lors de  la conférence  de l’UNESCO  tenue à Abu-Dhabi aux Emirats arabes unis du 26 au 29 septembre 2009.

Le site de Kurukanfuga est l’un des plus célèbres de l’Empire du Mali. Cet Empire  fut la formation étatique qui domina et contrôla l’Afrique occidentale du XIIIè au début du XVè siècle. Dans sa plus grande extension, l’Empire du Mali englobait le Delta intérieur du Niger, y compris Gao, le massif du Fouta-Djalon et le Sénégal jusqu’à l’Atlantique.

Situé sur un plateau latéritique, à deux kilomètres au nord de Kangaba, le site se présente à vue d’œil comme une piste d’atterrissage orientée nord – sud. Il aurait abrité la cérémonie d’investiture de Soundiata Kéïta après sa victoire sur Soumaoro Kanté, Roi du Sosso, en 1235, à l’issue de la bataille de Kirina. L’investiture du souverain a été étayée par l’adoption de la « Charte du Kurukanfuga », édictée, sans triomphalisme, sous forme de consignes consensuelles devant régir la vie publique sous l’Empire qui venait de naître.Véritable constitution avant l’heure, et authentique déclaration universelle des droits de l’homme dès le XIIIe siècle de notre ère, la Charte de Kurukanfuga aborde sous forme de maximes relayées par les traditions orales les questions de liberté, de décentralisation, de démocratie et de développement durable. Près de neuf siècles plus tard, ces questions demeurent d’une brûlante actualité. Pour les raisons précédemment évoquées, le site intéresse de plus en plus, les chercheurs et les associations culturelles.

En 2001, un forum culturel dénommé Rencontres culturelles de Déguéla, du nom du village situé à 5 km de Kangaba, a été initié par les populations de la Commune de Minidian, commune nommée d’après l’un des ancêtres reconnu par bon nombre de villages du Cercle de Kangaba. Le but du forum était de rendre hommage aux ancêtres Minidian Koné, et Bemba Kanda Kéïta ce dernier étant de la lignée de Soundiata. Il s’agissait également de tisser de nouveaux rapports entre les villages qui se reconnaissent en ces ancêtres. Depuis cette date les populations de Déguéla rééditent cette rencontre ; la dernière a eu lieu en mai 2008.

Du 27 au 30 juillet 2004,  s’est tenue à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako, une  rencontre autour de la « Charte de Kurukanfuga ». Organisée par le ministère de la Culture en collaboration avec l’Union africaine, la rencontre a regroupé une trentaine de participants, chercheurs, institutionnels et professionnels, du patrimoine venant du Burkina Faso, de la Guinée–Conakry, la Guinée Bissau, du Niger, du Sénégal et du Mali. Elle se tenait à la suite de plusieurs autres autour de la «Charte de Kurukan-fuga » (Kankan – mars 1998, Mopti – juin 1999, Niamey– février 2002). Le conclave visait à échanger sur les voies et moyens de la valorisation de la «Charte de Kurukanfuga ».

Enfin en 2007, le ministère de la Culture, à travers la cellule de chasse, a organisé du 30 mai au 3 juin une rencontre internationale sur la Charte du Manden à Bamako et Kangaba (Kurukanfuga). Des mesures d’anticipation pour la protection du site sont prises, indique Mahamadou Cissé, chef de la Mission culturelle de Kangaba, par le ministère en charge de la culture à travers la Direction nationale du patrimoine culturel. Pour mettre le site à l’abri des convoitises de tous genres il a été procédé  à sa délimitation et au bornage, à son affection au ministère de la culture. Sa documentation se poursuit à travers des recherches complémentaires sur la Charte de Kurukan Fuga.

La création d’une Mission culturelle à Kangaba qui s’occupe de l’ensemble du patrimoine culturel dans le Mandé fut un grand pas. Mieux, en 2009, le site de Kurukanfuga a été reconnu comme faisant partie de la liste du patrimoine culturel national. Sur le plan international, il est également placé sur la liste indicative du patrimoine culturel de l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale constitue le préalable pour entamer le processus d’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par notre pays.

Y. DOUMBIA

Source : Essor

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