« Nomades » de Flem : L’amour du Mali comme source d’inspiration

Ça y est ! Le rappeur français Flem (Olivier de son vrai nom) et son compère Vieux Farka Touré sont de retour sur des routes «Nomades» (album) pour célébrer l’amitié et manifester leur impuissance face à la détresse croissante d’un Mali qui a du mal à voir le bout du tunnel de la terreur terroriste et des drames des conflits intercommunautaires. Fruit d’une amitié à toute épreuve, le nouvel album du rappeur français est entièrement composé par Vieux Farka Touré et interprété en duo avec Aminata Doumbia dite Amy D. Produit entre Bamako et Paris, cet opus est très séduisant avec ses chants mandingues, ses textes poétiquement engagés et des mélodies qui font un fascinant clin d’œil au terroir touareg.

 

«Nomades», l’album de Flem (Olivier), composé par Vieux Farka Touré accompagné de la chanteuse Amy D, est disponible depuis le 18 septembre 2020 sur toutes les plateformes de streaming. Il célèbre une amitié de dix ans. Une décennie franchit au rythme des performances artistiques partagées, des festivals de Paris à Tombouctou. Une amitié à l’épreuve même de l’insécurité qui règne dans le nord du Mali où le jeune rappeur aime pourtant aller se ressourcer.
Au lendemain d’un concert à Niafunké, le rappeur engagé et d’autres Occidentaux sont évacués vers Bamako par le fleuve Niger, échappant de peu à une attaque armée de l’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Cet événement, selon Vieux et Flem, a renforcé les liens humains et inspiré leur connivence artistique au point de se lancer dans un nouveau projet encore plus militant et conscient : Nomades ! Un opus de six titres (Le bonheur c’est les autres, Mali, Nomades, Conscience, BK Night et Amour) bien accueilli par les mélomanes et la critique.

Né à Boulogne-Billancourt, Flem navigue depuis toujours entre différents courants musicaux. à 18 ans, il fait le trajet Bamako-Tombouctou en bus. Un voyage à l’allure d’une vraie aventure dans le Sahara qu’il considère comme «un déclic» dans sa carrière. En 2009, il revint au Mali où il rencontre Boureima dit Vieux Farka Touré (fils du légendaire bluesman Ali Farka Touré) et la harpiste Katell Boisneau.
Vieux l’invite sur scène lors de son concert au «Festival au Désert» à Essakane (Tombouctou). Et c’est de là qu’est née la solide amitié qui lie les deux artistes. Ainsi, après des enregistrements à Paris, Flem est revenu dans notre pays en 2012 pour finaliser les arrangements de son 1er album, et participer à un concert de Vieux à Niafunké. Le Nord du Mali était déjà en zone rouge et interdit aux Français par l’ambassade de France. Mais, rien ne pouvait dissuader le jeune rappeur à faire ce voyage.

Une œuvre à la richesse fascinante
«Passeport», le premier opus de Flem est un mélange de world music, avec des rythmiques hip-hop et électro, produit par le pianiste et DJ Mattias Mimoun. Un concert exceptionnel à la Boule Noire avec Vieux Farka Touré dévoile le projet au public en 2015. Après quelques prestations en France, au Maroc et au Mali à l’invitation de l’Institut français pour la rentrée littéraire à Bamako en 2017, Flem reprend le chemin du studio. La mixtape «Avec Le Cœur» (ALC), sortira en 2018. Cet opus 100% rap, plus tendu et impulsif, révèle une autre facette de l’artiste.
En juin 2019, Flem participe au festival Paris New-York Heritage en partenariat avec la mairie de Paris et donne un avant-goût de «Nomades» au Centre Barbara-Fleury Goutte d’Or. «Un flow fluide, une musique instinctive, des thèmes conscients. Inspirés par des artistes contemporains comme Oxmo Puccino ou Abd Al Malik, mais également du patrimoine de la chanson comme Brassens et Brel, Flem affirme sa signature avec l’union entre des textes de rap engagés et des sonorités traditionnelles d’Afrique de l’Ouest», commente un critique fasciné par la richesse de l’album.

«École de la vie et du voyage, sagesse de la route…», selon de nombreux chroniqueurs culturels, le rap de Flem est profondément marqué par ses voyages récurrents au Mali. Et, commente un confrère, «étant natif de Boulogne Billancourt, il n’avait pas vraiment le choix. Soit il puisait son inspiration dans ses voyages, dans la poussière du désert, sur les goudrons de Bamako, dans l’ombre mortifère du jihadisme qui plane aussi sur le Mali, soit… soit il allait retrouver son compatriote Booba dans des successions de clash sans queues ni têtes» ! Le talent engagé a préféré, sur «Nomades», laisser ses textes et ses mots le guider sur les routes du Mali.

Celles qui l’y ont mené, comme «celles qui conduisent aujourd’hui encore des milliers de personnes sur les routes de l’exil, mais aussi celles que les ancêtres de Vieux Farka Touré ou de Amy Doumbia ont pu emprunter en leurs temps». Des routes et des pistes qui, hélas, laissent passer de moins en moins de nomades à cause du terrorisme et des trafics de tous genres.
«Quoi qu’il se passe par la suite, j’aurais été au bout de mon idée, j’aurais conserver ma liberté et commencer à toucher certains de mes objectifs», avait déclaré Flem sur sa page Facebook le jour de la sortie de son œuvre, le 18 septembre 2020.
Et d’ajouter, «j’espère que vous aurez plaisir à écouter et à vivre ce projet comme on a eu plaisir à le composer et à le créer. Je veux croire qu’on aura le bonheur de partager tous ça ensemble» ! Et naturellement qu’il a remercié «tous ceux sans qui ce projet n’aurait pas vu le jour, particulièrement à mon grand frère de son et de cœur, Vieux Farka Touré, et sa famille…» !

«Nomades»
Composé par Vieux Farka Touré
Écrit et interprété par Flem et Amy D
Claviers : Mattias Mimoun
Guitare : Vieux Farka Touré
Basse : Valess Assouan
Batterie : Madou Koné

Source : L’ESSOR

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