Galeries d’art du Mali: Des vitrines pour les œuvres artistiques

Elles contribuent à l’essor de nos artistes et facilitent leur participation à des rendez-vous culturels importants à l‘échelle nationale voire internationale.

 

Galerie d’art, véritable show-biz du marché de l’art. C’est un lieu au service de l’art et des artistes mais avec une vocation globalement marchande. Les galeries d’art permettent d’expliquer l’art contemporain au grand public. Elles accueillent des expositions des œuvres artistiques, notamment de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie ou le design, entre autres. Mais les galeries représentent sans équivoque des opportunités d’affaires pour les artistes, notamment de promotion et de vente de leurs tableaux ou de leurs clichés.

Les espaces d’exposition des œuvres d’art contemporain sont essentiels dans le «monde de l’art» comme l’huile dans le fonctionnement d’un moteur parce qu’ils restent des lieux d’expression pour les artistes à travers leurs productions artistiques, les sensations qu’ils expriment. Il est admis par tous que les galeries constituent l’interface entre les créateurs (les artistes) et les spectateurs, y compris amateurs de l’art et acheteurs de chefs-d’œuvre.

Les galeries sont parfois considérées comme des espaces d’embellissement de la ville avec des décors attractifs. Aujourd’hui, elles sont légion dans la capitale. Ainsi, à travers ces vitrines, les productions de nos artistes sont vendues ici et ailleurs. Cela a permis à certains artistes, moins connus, de participer à des grands rendez-vous culturels, notamment les salons du marché de l’art international.

Dans notre pays, plus d’une dizaine de galeries évoluent dans le commerce et la promotion des ouvres artistiques. Parmi elles, on peut retenir « Bamako Art gallery », sise Bacodjicoroni, « Tafyna Art à Korofina », « Galerie Rama » à Hamdallaye ACI 2000, « Galerie Médina » à Médina coura. Outre ces galeries, il faut mentionner les ateliers et centres de créations contemporaines, selon l’expression consacrée, et qui empiètent sur la plate-bande des galeries.

Lassana Igo Diarra, commissaire d’exposition mais aussi promoteur de galerie, souligne qu’une galerie est un espace de promotion et de vente des œuvres d’art. « Nous avons une particularité au niveau de Medina parce que nous mettons plus l’accent sur les aspects culturel et social. Autrement dit, nous travaillons plus à la promotion culturelle qu’au commerce des œuvres. Cette particularité offre à la galerie Medina de travailler également sur des expositions historiques, des hommages ou sur d’autres thématiques », a-t-il expliqué. En effet, la prolifération des structures promotionnelles du monde de la création a suscité un regain d’intérêt pour la création artistique. Malgré tout, les œuvres ne s’achètent pas dans notre pays comme on l’aurait souhaité.

Contrairement à la galerie d’art professionnelle qui travaille avec un certain nombre d’artistes pour capitaliser les acquis en vue de leur offrir une carrière mais aussi d’assurer la vente promotionnelle de leurs œuvres, la galerie Médina n’hésite pas à offrir sa chance à un jeune artiste, moins connu, mais surtout à l’accompagner en fonction de sa vision et de son projet.

Pour les ventes des œuvres, la galerie récupère sur les œuvres écoulées un pourcentage de 30 à 50 %. C’est dans la fourchette du taux standard à l’échelle internationale, fixé à 50%. Par ailleurs, des jeunes artistes peuvent avoir l’opportunité d’être exposés et de faire apprécier leur génie créateur à la fois par un public de connaisseurs mais aussi par des profanes.

Opportunités- Par rapport aux critères de sélection, le commissaire d’exposition soulignera que Médina navigue entre des artistes confirmés et des talents émergeants parce qu’il est important d’offrir des opportunités de collaborations ponctuelles a la jeune garde d’artistes.

Durant ces derrières années, sa galerie a fait participer une vingtaine d’artistes maliens à la biennale de Dak’Art, à la foire de Art X à Lagos, au Salon de la BD d’Alger et à celui du Maroc, à la Documenta 14 à Athènes (Grèce) et à Kassel (Allemagne) pour ne retenir que ceux-ci, a-t-il relevé. Il a aussi indiqué, en terme de perspectives, que «les défis restent très énormes avec des nombreuses crises. Mais sa structure travaille à relever le challenge parce que les artistes n’ont jamais arrêtés de produire», a conclu Lassana Igo Diarra.

Le promoteur du centre Aw Ko’art, Souleymane Ouloguem, trouve que la prolifération des galeries a impacté positivement la promotion de l’art plastique dans notre pays. Elle a boosté les efforts de promotion de nos créateurs artistiques qui n’avaient pas la chance d’exposer ailleurs et de se révéler au monde de l’art contemporain.
En plus de ces galeries professionnelles, certains ateliers évoluent dans leur registre sans respecter les normes conventionnelles, en termes de vente promotionnelle des œuvres.

Les galeries souffrent de la comparaison avec ces centres, dont on peut aisément en apercevoir un peu partout.
Pour le plasticien Amadou Sanogo, promoteur de l’Atelier Badialan I, notre capitale regorge d’espaces de promotion des œuvres artistiques. « Sa structure était obligée à un moment donné de jouer le rôle d’une galerie pour soutenir les artistes qui étaient confrontés à un problème d’espace de promotion », a-t-il indiqué. Amadou Sanogo est l’un des jeunes artistes maliens, les plus vendus du moment.

« Je reconnais qu’il existe plusieurs galeries à Bamako mais elles sont quelques unes à accomplir convenablement cette mission et à répondre aux normes internationales, en matière de la promotion et de vente des œuvres », a-t-il rappelé.
Bamako Art gallery répond avec fierté aux normes internationales en matière de vente promotionnelle des œuvres artistiques. Elle est liée aux artistes par une convention qui détermine la participation de chaque partie. Ces actions ont permis aux créateurs d’œuvres artistiques de jouir du fruit de leur travail.

Bamako Art gallery a son actif l’organisation de nombreuses expositions et projets artistiques qui ont permis à nos artistes de franchir le palier supérieur et d’exposer leurs œuvres au cours de grands évènements culturels. Elle a présenté à Ségou Art 2020, les dernières œuvres de l’artiste contemporain Amadou Sanogo sous le thème : « À fleur de peau 2 ». Pour sa toute première participation à Also know as africa (France), foire d’art contemporain et de design centrée sur l’Afrique, elle était la seule galerie malienne parmi les 45 venues du continent africain et du monde.
A travers elle, plus d’une centaine d’artistes ont été représentés à AKAA art en 2019.

Pour la quatrième édition de cette foire, Bamako Art gallery, a présenté une exposition articulée autour des créations de l’artiste malien, Cheick Diallo et consacré une série d’expositions à soutenir des artistes qui ont rendu un hommage à la femme, notamment Abdou Ouologem et Mariam Ibrahim Maïga.

Amadou SOW

Source : L’ESSOR

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