« Croyances bambara soninké et peulh » : PRECIEUX RECUEIL DE CONNAISSANCES ANCESTRALES

Pour rédiger son livre, Ouka Ba s’est patiemment mis à l’écoute des guérisseurs, mages, vieux forgerons et vieux chasseurs des terroirs bambara, soninké et peulh

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« Croyances soninké bambara et peulh » est le titre qu’a choisi pour son livre, notre confrère Ouka Ba, correspondant de l’AMAP à Diéma. Publié en 2015, cet ouvrage de 213 pages est le fruit de 10 années de recherches. L’auteur a parcouru les moindres coins et recoins du pays pour se mettre à l’écoute des anciens et des détenteurs des savoirs et glaner de précieuses connaissances traditionnelles.

L’ouvrage est ainsi une mine de connaissances et de croyances traditionnelles des milieux dans lesquels l’auteur a vécu et continue de vivre au gré de ses affectations pour raison de service. « Croyances soninké bambara et peulh » offre la possibilité aux jeunes et aux moins jeunes de se ressourcer et de s’enraciner dans le vécu des terroirs.

Le livre d’Ouka Ba conduit donc le lecteur à la découverte des croyances et des pratiques traditionnelles bambara, soninké et peulh. L’auteur livre un répertoire de croyances et de pratiques thérapeutiques. Le livre contient des conseils pratiques, décrit des comportements à adopter ou à éviter selon les circonstances, signale les interdits à ne pas transgresser, précise les actes à poser pour se sortir des situations difficiles. L’auteur livre aussi les secrets des incantations (« kilisi » en bambara) à prononcer, des gestes à accomplir, des plantes médicinales à utiliser, pour se protéger contre les dangers, pour se prémunir contre les malédictions.

L’auteur est allé véritablement à l’écoute des guérisseurs, des mages, des vieux forgerons, des vieux chasseurs des terroirs bambara, soninké et peulh, afin de faire bénéficier au lecteur des connaissances qu’il a pu recueillir. Ouka Ba invite ainsi à la revalorisation des connaissances ancestrales puisées dans les expériences des anciens, l’observation de la nature. Pour lui, les us et coutumes africaines sont en décadence. L’acculturation s’est étendue.  De nos jours, constate-t-il, l’histoire a perdu toute son authenticité. Face à cette métamorphose, il estime que l’Afrique doit s’interroger sur son passé pourtant riche d’événements. « Les croyances, bien que bannies par certaines religions, prodiguent parfois des conseils, éduquent et sensibilisent », soutient Ouka Ba.

Même si la religion musulmane les considère comme des pratiques païennes à bannir, l’auteur estime qu’il faut tout de même les connaître et essayer d’en tirer profit pour notre bien-être. Ouka Ba qui se défend d’être superstitieux, a rassemblé des témoignages afin de contribuer à pérenniser nos us et coutumes. Il a mis en pratique l’enseignement d’Amadou Hampaté Ba qui disait que « la parole s’envole mais l’écrit demeure ». Le célèbre écrivain n’incite-t-il pas les Africains à l’écriture de leurs connaissances et croyances en lançant sa non moins célébrissime citation : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». L’auteur de l’ouvrage « Croyances soninké bambara et peulh » est donc allé à la rencontre des anciens afin de contribuer à la transmission des connaissances aux générations futures.

Avec cet ouvrage, Ouka Ba a voulu lever l’équivoque, mettre à nu ce qu’on considère jusque-là comme interdit, tabou dans notre société car en Afrique, depuis des siècles, les connaissances sont transmises de père en fils, inaccessibles au grand public. Il faut dire que de nos jours, cette chaîne de transmission a tendance à se rompre car les jeunes ne se donnent plus le temps de s’asseoir pour écouter les anciens. Alors que pour arracher les connaissances aux détenteurs, il faut avant tout se montrer patient et obéissant.

Natif de Nioro du Sahel où il fit ses études primaires, Ouka Ba s’est spécialisé en secrétariat d’administration et fut bibliothécaire de la Mission catholique de Gao durant 7 ans. C’est au contact des livres qu’il s’est intéressé à la littérature et a pris le temps d’acquérir de nombreuses connaissances et de se cultiver.

F. NAPHO

 

Source : L’ Essor

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