Bamako Fashion Week : LE COUP DE MAÎTRE DE L’ACCM

Pour la première édition de l’événement, l’Alliance des couturiers et créateurs de mode du Mali a réussi à attirer la crème des créateurs du continent

La première édition de la Bamako Fashion week a vécu. Du 19 au 21 février, des stylistes et créateurs africains d’accessoires de mode se sont retrouvés à Bamako pour célébrer la mode. Trois activités phares ont marqué cette première édition : le concours de jeunes talents ; le défilé des créations inspirés du coton malien et la soirée de la haute couture africaine.

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Sur ce dernier volet, c’est la crème des créateurs du continent qui a dévoilé ses collections 2015 dans le jardin de l’hôtel Salam. Une soirée de paillettes dont notre capitale était sevrée depuis très longtemps. Pourtant des créateurs et stylistes maliens continuent de créer et participent régulièrement à ce genre de forums sur le continent et même ailleurs.
L’Alliance des couturiers et créateurs de mode du Mali (ACCM) a décidé de relever le défi de l’organisation d’une telle manifestation. Elle a rencontré de nombreuses difficultés d’ordre matériel et financier qui n’ont toutefois pas douché son enthousiasme. « Cet événement, nous l’avons organisé en l’honneur du Mali », indique sa présidente, Mme Maïga Tatou Diakité. Elle ajoute que la Bamako Fashion week est tout simplement la promotion du Mali à travers la mode.
La mode est un domaine qui souffre parfois de préjugés, constate un invité. C’est pourtant un secteur qui contribue à l’identité culturelle d’un pays. Grâce à la mode, on peut véhiculer des messages à travers le monde. Pour lui, la mode est beaucoup plus signifiante que d’autres domaines d’activités artistiques.
Le concours de jeunes talents baptisé concours « Chris Seydou » du nom de ce célèbre créateur qui a valorisé les tissus traditionnels maliens, notamment le bogolan, a eu lieu vendredi dans la salle de presse du CICB. Le prix a été remporté par Salif Koné qui a présenté une collection de costumes pour homme et de robes en bogolan.
Les Maliens étaient bien représentés dans ce défilé à travers : Mariah Bocoum Kéïta avec « Péché mignon », Mariétou Dicko, Fara Fashion, Distyle, Dou Sylla, Aguida Fashion, Dona Zara, Baba Sérémé, Ami Maïga de Evidence couture, et aussi la collection Tamacali d’accessoires de perles de Tétou Gologo.
Le défilé de haute couture de samedi a mis en scène des créateurs comme Adama Paris, fondatrice de Dakar Fashion Week et de Paris Black Fashion Week. Dans sa collection tout en blanc immaculé et noir, cette créatrice et femme d’affaires sénégalaise a tenu à rendre un hommage à la femme noire.
Martial Tapolo, styliste d’origine camerounaise résidant à Paris, a présenté une collection incitant nos peuples à la paix, car ce qui se passe aujourd’hui au Cameroun, Nigeria, Tchad et Niger est inacceptable. Costumes et robes sont pour la plupart en blanc et or.
Une autre sénégalaise, Mame Faguèye Bâ, styliste et costumière sénégalaise, résidant à Dakar a présenté une belle collection mixte.
Il y avait aussi Barros Coulibaly, ce créateur de costumes pour homme. Son défilé a fait vibrer toute la salle. Le jeune styliste ivoirien a présenté sa collection éponyme « Monsieur Barros » constituée de dix ensembles en noir et en bleu. Le créateur a revisité la panoplie du « dressing masculin » déclinée selon diverses régions du monde. L’originalité et l’authenticité de son label lui avaient d’ailleurs valu le 3ème prix du concours de Jeune créateur du Festival international de la mode africaine (FIMA) en 2014 à Niamey.
Le Guinéen Alpha O. et l’Ivoirien Ciss Moïse ont également montré leurs collections respectives d’une grande pureté. Enfin le Ghanéen Samaras a présenté une gamme d’accessoires proposant des chaussures espadrilles, généralement assorties avec les casquettes, des cravates nœud papillon et autres pochettes pour les vestes.
Les créateurs africains s’accordent sur le fait que leurs confrères maliens ont réussi un grand coup. Généralement, en effet, les grands noms attendent que les organisateurs fassent leurs preuves sur plusieurs éditions avant d’accepter d’effectuer le déplacement. Pour cette première, des stylistes renommés se sont mobilisés instantanément. Ils ont également été surpris de voir qu’à Bamako, l’on pouvait « sortir » sans craindre pour sa sécurité, contrairement à la mauvaise réputation que les médias internationaux nous collent à la peau.
La soirée a enregistré la participation des stars de la musique malienne comme Abdoulaye Diabaté et Inna Modja, une compatriote résidant en France et auteur de quelques hits retentissants.
Y. DOUMBIA

source : L Essor

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