1er salon africain de l’écrit et du livre à Bamako : La promotion de l’écrit et des livres en langues africaines

Une cinquantaine d’éditeurs membres d’Afrilivres participent depuis mardi 20 janvier à la première édition du salon africain de l’écrit et du livre en langues africaines (Saella). Il est placé sous le thème :«  écrire et éditer en langues africaines : état des lieux et perspectives« .

ndiaye ramatoulaye diallo ministre culture

Après un premier report dû à l’attentat de Radisson, la première édition du salon africain de l’écrit et du livre en langues africaines (Saella) a ouvert ses portes mardi, 20 janvier, au Palais de la Culture Amadou Hampathé Ba à Bamako.

Présidée par la présidence du ministre de la Culture du Mali, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, le Salon a enregistré la présence de la présidente de l’Alliance des éditeurs indépendants, Laurence Hughes, du président d’Alilivres, Abdoulaye Dione, du président de l’Organisation malienne des éditeurs de livres (Omel), Hamidou Konaté et des représentants de plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest (pays francophones, anglophones et lusophones).

Organisée par l’association Afrilivres, grâce au soutien de ses partenaires et à l’appui de l’Omel, la première édition du Salon en langues africaines réunit professionnels, universitaires, institutions, ONG et grand public pour trois journées de débats, d’échanges et d’expositions ventes d’ouvrages.

Il s’agit, à travers le salon, de contribuer à améliorer la qualité du livre et de l’écrit en langues africaines ; promouvoir la production, l’édition et la diffusion de l’écrit en langues africaines en Afrique et dans le monde (environnement lettré) ; contribuer à promouvoir le développement d’une éducation bi/plurilingue (langues africaines et langues étrangères) en Afrique.

Il est attendu du Salon, la création d’un espace de visibilité des productions écrites en langues africaines ; mieux mobiliser les décideurs africains sur l’urgence de la promotion de l’écrit et du livre en langues africaines, l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de promotion et de diffusion, l’organisation des formations spécifiques dans les différentes activités relevant de la production de documents en langues africaines et la création d’une structure de coordination du Saella…

Selon le ministre de le Langues Africaines est un combat, dans le principe, mais surtout une projection de développement, dans l’action. « Il entend participer à une meilleure prise en compte de nos langues nationales dans la production littéraire et éducative, autant ce salon milite pour une offre qualitative et quantitative du secteur du livre dans nos pays« , a souligné le ministre de la Culture.

Pour le ministre de la Culture,  » le Saella entend faire de la culture, un levier de développement et un moteur de croissance économique. A ses dires, les défis des réflexions, qu’autorise le Salon sont au prorata des enjeux de la question de l’utilisation et de la promotion des productions écrites en langues nationales. « Certes, les systèmes éducatifs de nombre de pays ont fait des efforts, en institutionnalisant l’usage des langues nationales comme langue d’apprentissage, à la base. Mais, beaucoup reste encore à faire dans la détermination d’une politique éditorialiste qui fait une place de choix aux langues nationales« .

Prenant la parole, le président d’Afrilivres, Abdoulaye Fodé Ndione, a souligné l’accompagnement des professionnels de l’édition qui est une des voies indiquées pour traduire les décisions gouvernementales de politiques en langues nationales. Cette première édition, selon M. Dione «  est aussi un prétexte pour dire à nos pays respectifs que le moment est venu de gravir d’autres marches, d’avancer vers des décisions politiques affirmées de l’utilisation de nos langues africaines« . Le président de l’Omel, a mis l’accent sur l’intérêt accordé depuis un certain temps par les pouvoirs publics et les éditeurs aux langues africaines. «  Des éditeurs, qui malgré les difficultés de tous les ordres : faible pouvoir d’achat des lecteurs, coûts élevés des intrants, des taxes, étroitesse du marché… « . M. Konaté a révélé l’importance accordée aux langues africaines par les responsables des pays anglophone «  qui ont fait de la promotion des langues une des priorités de leurs pays, une condition de leur développement« . Il a profité de la cérémonie pour lancer un appel aux autorités qui doivent accorder à nos langues toute l’importance nécessaire à leur développement.

A en croire, le président de l’Omel «  les langues africaines doivent occuper toutes leurs places à l’école et dans la société. Elles sont les meilleurs vecteurs de nos cultures« . Aux éditeurs, Hamidou Konaté dira : « qu’ils doivent assurer à leurs différentes productions les meilleures qualités esthétiques et un contenu d’une grande facture« .

Le Saella tire ses origines des réflexions menées par des spécialistes de l’éducation, de l édition et des créateurs culturels, sur la nécessité de mettre en exergue le rôle des langues africaines comme facteur de développement et d’épanouissement intellectuel, culturel, politique, économique. A l’état actuel, le pourcentage de l’écrit dans les langues africaines est encore faible, même si l’on peut constater des avancées significatives dans certaines zones.

Le Haoussa, qui compte 34 millions de locuteurs, concerne 8 pays (le Bénin, le Burkina Fasole Ghana,le Mali, le Niger, le Nigéria, le Soudan, le Tchad). Le Yoruba avec 12 millions de locuteurs couvre 3 pays (le Bénin, le Nigéria et le Togo) et est en même temps parlé au Burkina et au Niger. Le Fulfuldé avec environ 10 à 20 millions de locuteurs concerne une vingtaine de pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mauritanie, Niger, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Nigéria, Sénégal, Sierra Léone, Tchad, Togo, Gambie, Soudan, République centrafricaine.

Amadou Sidibé

 

Source: lesechos

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