Crise sécuritaire : Quelle stratégie pour endiguer la mobilité des terroristes ?

L’insécurité est entrain de se généraliser au Mali. Jadis concentrée aux seules régions du septentrion du Mali, elle a étendu comme une pieuvre ses tentacules sur le Delta central du Mali, le pays Dogon et la région de Ségou.

 

Au jour d’aujourd’hui, la visée des terroristes est devenue la région de Koulikoro. Des villes comme Banamba, Kolokani et Nara sont régulièrement visitées par les terroristes armés.

Si nous ne prenons garde, grâce à leur mobilité sur le terrain, l’insécurité risque d’atteindre les autres régions qui sont maintenant épargnées.

IL n’est pas du tout possible, que l’armée et les forces de sécurité soient présentes sur l’ensemble du territoire.

Donc, pour pallier à cette défaillance il faut adopter des stratégies capables de contrecarrer la progression des terroristes.

Pour cela, il faut introduire dans les programmes de formation des forces armées du Mali le management de la Qualité Totale.

Ce principe de management permet d’associer les soldats et sous-officiers à la prise de décision au sein de l’armée.

Pour sa mise en œuvre, il faut créer des cercles d’études qui seront composés de petits groupes de soldats et de sous-officiers.

Ces cercles d’études vont étudier et analyser les forces et les faiblesses de leur action sur le terrain. Les propositions issues de ces consultations seront analysées et améliorées par la hiérarchie militaire.

Une autre stratégie consiste à créer des « Forces Spéciales » dans toutes les régions, Militaires-Ces Forces Spéciales seront dotées de moyens conséquents et adaptés pour évoluer en petits groupes de cinq à dix personnes sur le terrain.

Leur déplacement se fera avec des motos ou tout autre moyen adapté.

Cette mobilité des forces spéciales permettra de contrer les terroristes dans leurs refuges.

Aussi pour mieux impliquer les populations dans la lutte contre le terrorisme il faut envisager la création d’un service civique National. Ce service civique va recruter des jeunes paysans. Ces nouvelles recrues vont apprendre le métier des armes et seront formés dans le domaine agricole ou tout autre métier manuel.

Ces jeunes recrues ainsi formés seront des réservistes de l’armées qui en cas de besoin vont défendre leur village contre les attaques terroristes.

Au niveau de la chaine des renseignements, il faut infiltrer les mouvements terroristes et surtout engager des villageois comme agents de renseignement.

Dans le cadre du renforcement de la chaine de renseignement, il faut introduire les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, faire recours à l’intelligence artificielle. La collaboration avec Israël serait d’un grand apport dans la modernisation des Services de Renseignements.

Tout cela ne pourrait être réalisable que si, on apportait un profond changement dans le management de l’armée. Il faut lutter contre la corruption au sein des forces armées. Il faut apporter beaucoup de transparence dans le recrutement et la formation des hommes en uniforme.

Il faut renforcer la capacité des militaires pour l’adapter au mode d’évolution des terroristes sur le terrain.

 

Bamako, le 01 Novembre 2019

YACOUBA COULIBALY

Administrateur des postes à la retraite

Kalaban coura – Bamako

Source : LE PAYS

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