Couvre-feu ou couvre-fouet ?

Au lieu d’être conduit dans les commissariats ou brigades de gendarmerie pour identification, les contrevenants au couvre-feu sont, soit fouettés, soit  rackettés par la flicaille.

Lynchage, racket, humiliation… tels sont, entre autres, les supplices auxquels les contrevenants au couvre-feu sont soumis par la police. Malgré le rappel à l’ordre du directeur général de la police, qui rappelait récemment à la télévision que l’intégrité physique du citoyen est sacrée, la police n’en continue pas moins de passer outre.
Les humiliations subies, la semaine dernière, par le professeur Mounkoro, chef du service gynécologique de l’hôpital Gabriel Touré, en est la parfaite illustration. Revenant de l’hôpital Gabriel Touré où il avait été appelé pour une « urgence », il croise une patrouille de police non loin du siège du PMU-Mali. Il se présente aux agents. Rien n’y fait. Il leur montre sa carte professionnelle. En vain. Il leur montre même sa carte d’ancien élément du SNJ (Service National des Jeunes).
En dépit de toutes ces preuves, il est humilié par ces jeunes policiers, qui n’ont eu aucun égard pour son âge, ni pour sa profession : sauveur de vies humaines. Surtout, par ces temps de coronavirus.


Autres victimes de bavures policières : les petits boutiquiers dépouillés de maigres ressources, s’ils ne sont pas passés à tabac.
Pour les populations, l’indignation le dispute à la colère. Dans certains quartiers de Bamako, les jeunes ont décidé de se défendre contre ces violences policières. Comme ce fût le cas, la semaine dernière, à Baco-Djicoroni où, une patrouille de police s’est vue obligée de prendre ses jambes à son cou, abandonnant leur véhicule aux mains de leurs victimes.
En général, les populations apprécient à sa juste valeur le couvre-feu, qui permet, aussi, de lutter contre le banditisme. Mais lorsqu’il dégénère en « couvre-fouet » ou en « couvre-business », il y a péril en la demeure.
Une certitude : les populations se disent prêtes à réagir, si la hiérarchie policière tarde à ramener l’ordre dans les rangs de leurs éléments.
Oumar Babi

Source: Journal Canard Déchainé

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