Cour d’Appel de Bamako : Daniel Téssougué, fait-il les frais de l’ire des religieux?

Ces dernières semaines, les populations maliennes ont assisté à une véritable guerre des mots née après l’intervention du président du Haut conseil islamique Mahmoud Dicko, suite à l’attaque de l’hôtel Radisson Blu.

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A la suite de cette déclaration le PG, que dis je l’ex PG Daniel Amagouin Téssougué avait virulemment réagi, traitant l’imam d’apologiste du terrorisme. D’autres défenseurs des droits de l’homme ont eu à réagir et même le président de la République dans une interview accordée à Jeune Afrique réfutait les propos de l’imam. Au président on peut rien faire mais Téssougué l’aura appris à ses dépends. Lui dans ses déclarations lors des dernières sessions de la cour d’assise avait osé déclarer publiquement que «  tous les barbus devront se faire raser » pour que cesse le terrorisme ». Il faut surtout rappeler que ces derniers jours le très respecté PG avait commencé à véritablement verser dans les déclarations à la limite incendiaire, car dans la même rengaine, il s’en était pris au syndicat des banques qui avait fait une grève suite à l’inculpation d’un agent de banque de «manière illégale». Et la réaction de Daniel Téssougué à cette grève aura été de dire « de dynamiter toutes les banques et que les gens gardent leurs pécules dans les marmites comme le faisaient les ancêtres ». Le SYNABEF, n’aura pas tardé à réagir lors d’une AG, le Ségal traitait «  l’auteur des propos susmentionnées d’ignorant et d’irréfléchi».

Quant aux musulmans dont-on a demandé à couper les barbes, ils ne sont pas passés par mille chemins dans un prêche organisé à la grande mosquée de Bamako,  ont tout bonnement exigé le départ de Daniel de son poste. Et l’imam Dicko dira qu’il « n’est pas la République même si en est le procureur». La sanction n’aura pas tardé à tomber, suite à la réunion du Conseil supérieur de la magistrature de ce  22 décembre, sous la conduite du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, Daniel Téssougué a été débarqué. Il cède ainsi la place à Malamine Coulibaly.
Ces événements, confortent donc cet adage africain qui dit « quand on voit la cadence du tambour s’accroitre, il augure soit de la fin de la fête ou du déchirement du Tambour », donc au nouveau de savoir à quoi s’en tenir et ne jamais chercher le courroux des religieux, au risque de ne pas faire long feu comme PG au près de la cour d’appel de Bamako.

 

La rédaction

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