Coup de fil du lundi : Bonjour mon frère N’Golo de Barcelone

N’Golo, c’est depuis mon champ d’arachide que, je t’appelle ce matin pour te donner les nouvelles de la famille, du village de Dèssèbougou et du pays des hommes Allah ka tinyè dèmèn et au-delà  m’enquérir de tes nouvelles, depuis Barcelone (Espagne).

 

Mon frère je t’informe que,  le temps est précieux pour moi maintenant. C’est pourquoi, je vais essayer de faire la synthèse des informations recueillies ça et là. Hivernage oblige.

 

D’abord, je t’informe que, tout le monde va bien et que, le minibus noir n’a emporté personne vers l’autre côté, c’est-à-dire LAHARA.

 

Dieu merci, nous sommes tous vivants  à Dèssèbougou. Mieux, le ciel est en train de nous gratifier avec des pluies abondantes. Ici, l’hivernage bat son plein. Et c’est de bonne guère.

 

N’Golo, je te signale que le bœuf de labour de ton ami Samba a été empoisonné motellement par quelqu’un. Et depuis, ton ami se débrouille avec le vieux âne qu’il a en sa possession, car n’ayant qu’un seul bœuf de labour, il ne peut que se rabattre sur son âne qui risque aussi  de rendre son âme. Cela par ce qu’il est soumis à une peine qui dépasse ses capacités.

 

Et par pitié j’ai ordonné à notre jeune frère Zié d’aller passer deux jours de labour chez Samba ton ami. Bien sûr c’est gratuit. Ton ami reste mon ami aussi. Donc s’il a des problèmes nous devons l’aider naturellement. Mieux, j’ai envoyé hier ta deuxième Bouramousso dans son champ. Histoire de l’épauler un peu.

 

Aussi, je t’informe que, l’imam a été victime de vol de  bœufs de labour (2 au total). Et depuis, après chaque prière, il maudit son voleur qui court toujours.

 

Tu sais, ce qui m’étonne dans tout ça, c’est que notre imam a l’habitude de jurer que personne ne peut lui voler quoi que ce soit. Et maintenant qu’on a pris quelque chose chez lui, il est en train de dire que, c’est le destin. A mon avis, il veut simplement camoufler son incapacité à protéger ses biens avec son pouvoir surnaturel qu’il ne cesse d’étaler sur la place publique.

 

N’Golo, l’imam ne me fait pas pitié, car ce monsieur n’a pas l’esprit de partage, et tout ce qu’on lui donne comme aumône à la mosquée, il mange seul. C’est pourquoi dans les coulisses on pense que, c’est bien fait pour lui. Pis, pour un kilo de sucre, le vendredi dernier il a grondé publiquement notre muézin, le vieux Zoumana tellement pauvre que sa femme lui a quitté. Et les gens de la mosquée n’ont pas pu l’aider à trouver une autre femme. C’est pourquoi, je me méfie beaucoup des musulmans de Dèssèbougou. Ce sont des musulmans de façades.

 

Au sujet des informations concernant le pays des hommes Allah ka tinyè dèmèn, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent à part qu’IBK national a disparu sur les écrans de radar de la radio Kibaru qui affirme qu’il est en Turquie pour des affaires personnelles. Or il n’est pas en vacance.

Cette radio crains que son absence prolongé ne soit dû à une maladie.

Que dieu protège notre IBK national !

Le père actuel de la nation. Et nous lui rassurons que nous allons veiller sur son pays à son absence.

Au-delà, je t’informe qu’un djihadiste proche d’Iyad a été arrêté à Bamako le vendredi dernier en possession des plans d’attentats. Il faut être vigilant, car Iyad est très agité en ces temps-ci.

 

Par ailleurs, je t’informe que nous sommes en train de préparer la fête de ramadan. Mais le manque de moyen nous limite dans nos ambitions. C’est pourquoi, la famille par ma voix sollicite ton aide, nous ne voulions pas mais, les temps sont durs ici, à Dèssèbougou. Et j’espère que tu vas nous comprendre.

 

A lundi prochain sans faute

Ton frère Zana de Dèssèbougou  

Source: La Boussole

 

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