Coordination des Mouvements de l’Entente: les assises du 1er congrès du 28 au 30 avril à Gao

Le premier congrès de la Coordination des mouvements de l’entente (CME) composé de la CPA, FPA, MPSA, CJA et MSA aura lieu du 28 au 30 avril 2018 à Tin Aouker, dans la région de Gao. Une coordination plus connue pour son combat pour le respect de l’inclusivité de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dirigé par Mohamed Ousmane Ag MOHAMEDOUN, non moins secrétaire général de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA).

Les enjeux de ce rendez-vous étaient au cœur des échanges entre les journalistes et les responsables de la CME, vendredi dernier, à la Maison de la presse du Mali.
Cette conférence de presse était animée par le Secrétaire général de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), Mohamed Ousmane Ag MOHAMEDOUN, non moins coordinateur de la CME, qui avait à ses côtés le représentant du FPA, le colonel Hassane Ag MEHDI, non moins président de la commission d’organisation ; le représentant du CJA, Moulaye ABDOULMALECK ; le représentant du MPSA, Housseyni Ag ISSA ; et la représentante du MSA, Intalla Ag ASSARID, etc.
Y étaient également présents, Tiébilé DRAME, représentant de l’opposition ; le Pr Younouss Hamey DICKO, représentant de la majorité présidentielle ; le représentant de la CODEM ; du Général Moussa Sinko COULIBALY, etc.

Enjeux
L’objectif de cette conférence de presse était d’annoncer la tenue de leur congrès qui aura lieu les du 28, 29 et 30 avril 2018 à Tin Aouker dans la région de Gao.
Le programme de ce premier Congrès s’articule autour de quatre grands thèmes, à savoir : le contexte de la politique nationale, les raisons de l’échec de la rébellion de 2012 ; la non-application de l’Accord, les causes de l’échec des différentes solutions préconisées et les dispositions à prendre et propositions de sortie de crise face à la présidentielle qui plane ; la Sécurisation des populations, la gestion de l’aide humanitaire et le retour des réfugiés, et la réorganisation de la CME.
Ce congrès sera l’occasion pour les responsables de l’organisation de faire le bilan de leur participation dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix.
Le conférencier, Mohamed Ousmane Ag MOHAMEDOUN, souligné que ce congrès, qui se tient à 3 mois de l’élection présidentielle de juillet prochain sera une occasion pour les participants de se pencher sur les enjeux de ce scrutin en vue de donner une consigne de vote aux militants et sympathisants.

Rappel historique
Dans son propos liminaire, il a rappelé que suite à la crise multidimensionnelle de 2012, chacun des responsables de la CME a fait pression sur lui-même, sur ses proches, ses amis pour sauver notre pays, le Mali du chaos.
« Nous étions dans la rébellion séparatiste, à l’époque contre notre pays, pour des besoins que chacun ressentait de faire de ce pays un havre de paix où il fait bon vivre », a-t-il dit. « Le pays s’est effondré parce qu’il a fait l’objet d’un semblant de gouvernance qui avait plus de bonne publicité à l’extérieur comme à l’intérieur du pays. C’est pourquoi le système s’est effrité en deux mois comme un château de cartes », s’est-il justifié.
Parlant de signature de l’accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 qui a permis l’organisation des élections générales, dont il était l’un des acteurs, Mohamed Ousmane Ag MOHAMEDOUN : « Chacun, en ce qui le concerne, a renoncé à quelque chose pour que la confiance pour un nouveau Mali revienne, celui que nous souhaitons tous. C’est comme ça que nous avons renoncé à l’indépendance pour considérer que seul le Mali uni, indivisible, permettra d’offrir de meilleures conditions de vie à tous ses citoyens. C’est dans cet esprit que nous avons négocié avec sagesse et humilité, avec respect de notre pays et de toutes ses sensibilités pour qu’il y ait un accord qui puisse nous amener dans une situation normale, c’est-à-dire le retour à l’ordre constitutionnel ».
Dans cet état d’esprit, il a fait constater que même les putschistes, malgré les ambitions du pouvoir, avaient renoncé, à certains intérêts pour un Mali laïque et républicain.

L’exclusion
Malgré ce rôle important joué pendant le processus de Ouagadougou et par la suite, l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger, les responsables de la CME, ne sentent pas considérer par le gouvernement, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.
« On a oublié que nous existons, on a essayé de nous exclure, ils ne voulaient pas qu’on y participe au comité de suivi de l’accord, tout ça sous les yeux du Président de la République et du gouvernement, a indiqué le coordinateur du mouvement », a dénoncé le conférencier. À ce propos, il a décrié le processus de mise en place des autorités intérimaires et le MOC ainsi que la manière dont la conférence nationale d’Entente.
« La notion d’inclusivité dans cet accord est fondamentale », s’est-il insurgé. Avant de dénoncer le fait que le gouvernement ait toujours piétiné cette question d’inclusivité tout au long du processus de mise en œuvre de l’Accord.
Selon lui, y a un mois, la ville de Gao allait sombrer dans le noir, à cause de la violence intercommunautaire.
« Nous avons tout fait pour éviter le chaos. Notre coordination et les amis de la plateforme ont ramené l’ordre à Gao », a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : « L’Accord est applicable au cas où le gouvernement prend ses responsabilités ».

Des griefs contre IBK
Le conférencier n’a pas manqué de tancer le chef de l’État qui, selon lui, n’a pas daigné les rencontrer, depuis son élection à la tête du pays. L’ex-rebelle dénonce également le fait qu’une fois élus, IBK et son entourage ont superbement ignoré le rôle joué par les mouvements de l’entente. À l’en croire, son organisation a non seulement créé les conditions de la tenue de l’élection présidentielle, mais aussi s’est engagé en faveur de la candidature d’IBK en 2013.
Toutes fois, a-t-il précisé, les responsables de la CME n’ont pas de problème spécifique avec le Président IBK. Mais les résultats, précise-t-il, ne sont pas à la hauteur des attentes.
« Nous ne sommes pas satisfaits des résultats et nous ne ferons pas de cadeau pour la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance », a-t-il menacé.
Le Coordinateur du mouvement et secrétaire général la CPA, Mohamed Ousmane Ag MOHAMEDOUN, a beaucoup insisté sur le congrès auquel prendront part les membres de la coordination qui est composée de la GPA FPA. MPSA, CJA et du MSA ainsi que des invités de marque.

Par Abdoulaye OUATTARA

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