Contrôleur général Siaka Bouran Sidibé : « Nous avons des difficultés de gestion de la sécurité avec la population »

Vaincre le phénomène de grand banditisme à Bamako, c’est une préoccupation fondamentale chez les responsables sécuritaires. Le Directeur Régional de Police de Bamako, le Contrôleur Général Siaka Bouran Sidibé dit B. Sidibé, a les moyens de sa politique ? Il avoue néanmoins que des problèmes demeurent encore : ‘’Nous avons aussi des difficultés de gestion de la sécurité avec la population’’.

Vu l’aggravation du phénomène de banditisme doublé des agissements pro terroristes, nos confrères de l’Office de la Radiotélévision du Mali (ORTM) ont eu le flair de réunir de son plateau le  Directeur Régional de la Police du District de Bamako, le Contrôleur Général Siaka Bouran Sidibé dit B. Sidibé; le Lieutenant-colonel Alpha Yaya Sangaré, Commandant de la Brigade Régionale de la Gendarmerie de Bamako et le Colonel Mamary Diakité, Commandant de la Compagnie de la Garde Nationale pour tenter d’en débattre sans ambages. L’initiative est, certes, appréciée à son juste titre, mais, reste à savoir si ces Officiers Supérieurs auront à temps opportun les moyens de leur politique.

 Le week-end dernier, l’ORTM (Office de la Radiotélévision du Mali) a diffusé sur ses antennes de la Télévision nationale, une séance de débats dont les discussions ont été houleuses à cause de la pertinence du sujet abordé, à savoir le phénomène d’insécurité pesant lourdement  sur la ville de Bamako. Il s’agissait d’un thème d’actualité intitulé en ces termes: «Quelles solutions pour la quiétude des citoyens ? ».

C’est connu de tous, de nos jours le phénomène d’insécurité gagne irrésistiblement du terrain dans la ville de Bamako et ses zones périphériques. Nuit et jour, les actes criminels ponctués d’attaques à main armée, d’enlèvements d’engins à deux roues, de vols, de viols, de meurtres,  de scènes de violences physiques et verbales banalisées,  d’agressions à main armée, de destruction des Biens publics, de trafic et consommation de stupéfiants et de drogue, de prostitution,  d’incivisme à ciel, etc. sont devenus monnaie courante.

17 Commissariats et des efforts en cours

En effet, force est d’avouer qu’aujourd’hui dans tous les quartiers banlieusards et du Centre-ville de Bamako,  les bandits règnent en maître absolu, sèment terreur et désolations sans aucune crainte d’être dénoncés et poursuivis  devant la loi. Au titre du nouvel an 2020, plusieurs cas d’attaques meurtrières ont été déplorés fin janvier et de février courant. Dans la zone de Kalabancoro, Secteur Adeken, les Bandits opèrent à partir des 17 Heures. Ils pénètrent dans les enceintes des domiciles des paisibles citoyens pour leur braquer et emporter motos, argent ou faire de kidnappings des jeunes filles. Cela, impunément ou, du moins, au su et au vu des Agents de la Gendarmerie qui arguent d’être sans moyens de leur politique pouvoir se livrer à la poursuite de ces dangers de la société. Face à cette situation pouvant dégénérer à tout moment pour tourner à des risques graves de soulèvements populaires,  il semblerait que des nouvelles mesures sécuritaires sont en train d’être prises du côté des Gouvernants en charge de la Sécurité de la cité. C’est selon  un des participants à ce débat organisé par nos confrères de  Bozola. C’est en l’occurrence le Directeur Régional de la Police du District de Bamako, le Contrôleur Général de Police, Siaka B. Sidibé. Selon lui, le rôle de la Police est tout d’abord de sécuriser les Personnes et les Biens de la cité. D’où, selon lui, 750 Policiers sont déployés par jour pour patrouiller à travers la ville de Bamako et ses environs.

Côté infrastructures, Siaka B. Sidibé révèle que Bamako dispose de 17 Commissariats de police et des efforts supplémentaires sont en cours en termes d’équipements, de logistiques et de renforcement des capacités et des effectifs des ressources humaines disponibles. «Les forces de sécurité se battent à bras le corps pour lutter contre l’insécurité dans le District de Bamako. Des missions de patrouilles, des descentes policières suivies des arrestations, saisines d’armes, ont été menées par les forces de sécurité ces dernières semaines »a expliqué Siaka B. Sidibé.

Des missions et des instructions

Dans le domaine de la collaboration entre les services de sécurité et les populations d’un côté et, de l’autre, entre les corps eux-mêmes. Les invités, tous des Officiers Supérieurs de la Sécurité, sont unanimes que des équipes mixtes effectuent ensemble des missions   de patrouilles conjointes sur instruction  de la Hiérarchie, à savoir leur Département de tutelle, le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Ce, pour restaurer le climat de paix et de sécurité d’antan dans tous les quartiers de Bamako et environs.

«Au plan régional, nous relevons de l’autorité du Directeur Général de la Police Nationale, et nous exécutons les missions et les instructions données par ce dernier dans le cadre de la sécurité publique et tout ce qui est maintien d’ordre. Nous agissons également dans le cadre de la police judiciaire parce que dans les commissariats de police, il y’a la police judiciaire, la police administrative et tout ce qui suit », s’est défendu le Directeur Régional de la police du District de Bamako.

Dans cette perspective,  Siaka B. Sidibé  a mis l’occasion à profit pour lancer un appel pressant aux Populations pour solliciter leur collaboration active lors des contrôles de routine.

Pour lui, ces missions de contrôle et de patrouilles  ont pour seul mobile  de démanteler tous les réseaux de ce grand banditisme sévissant actuellement à travers  notre capitale et ses alentours. Puis de prévenir au lieu de toujours chercher à guérir en cette phase de terrorisme.  «Nous organisons aussi des descentes de Police en collaboration avec les brigades spécialisées (la BAC, la BSI, les FORSAT) qui nous permettent de mettre la main sur beaucoup de malfaiteurs. Depuis quelque temps, nous avons des postes de sécurité dans certains grands carrefours qui nous permettent de faire aujourd’hui un relais. S’il y a un incident, ces relais arrivent très rapidement sur les lieux avant la grande équipe », a développé un des Officiers autour du plateau de l’ORTM.

Des difficultés

Côté difficultés, il a été sollicité à cette occasion l’augmentation même du nombre de Commissariats de police à Bamako. «Nous avons un problème d’infrastructures qui se pose et l’État doit fournir beaucoup d’efforts supplémentaires pour pouvoir augmenter nos structures en termes de Commissariats, en termes de forces de sécurité », a plaidé le Directeur Régional de la Police de Bamako avant de solliciter le renforcement des  effectifs et moyens technique. «Et quand on a des moyens humains, il faut des matériels, des véhicules, il faut augmenter le carburant…Outre ceci, nous avons aussi des difficultés de gestion de la sécurité avec la population», a expliqué Siaka B. Sidibé.

A l’adresse des Populations, un appel pressant a été lancé en leur invitant au changement effectif de comportements et leur a invité à accepter de collaborer  avec les services de Sécurité  afin de vaincre le phénomène de grand banditisme voire de terrorisme.

En tout état de cause, dans les salons feutrés de Bamako, nombreux étaient des Téléspectateurs qui restent sceptiques par rapport aux moyens que dispose  le Directeur Régional de Police de Bamako, le Contrôleur Général Siaka Bouran Sidibé dit B. Sidibé, pour réussir sa mission face au nouveau phénomène de banditisme tirant beaucoup plus vers une logique de terrorisme urbain et périurbain à peine déguisé.

Mais, force est de constater que les autorités sécuritaires disposent de moyens adéquats pour mener cette mission. Car de nouveaux commissariats et brigades ont été créés, des forces de sécurité équipés, dont certains postées à des endroits stratégiques de la ville de Bamako et environs.

Habib Diallo

Source : L’Observatoire

 

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