Clin d’oeil : faisons de l’imam un paravent et un héros national

Le Mali est actuellement confronté à une situation exécrable sur le plan socio-politique. La rue est devenue le lieu d’une énorme contestation, qui vient s’ajouter à la certaine menace de la pandémie covid-19, et à une crise profonde de mal gouvernance avec des conséquences qui ont abouti sur une déstructuration totale du pays. Cette protestation populaire est menée par le M5-RFP un mouvement composé de groupes politiques, majoritairement de l’opposition, et par des associations maliennes qui revêtent des formes diverses. Elle est organisée, cette contestation sous le leadership de l’imam Mahmoud Dicko, un chef religieux, éclairé et bien respecté.

A l’instar de tous ces genres de protestations populaires qui arrivent à déstabiliser un régime en place, les moments difficiles de réajustement des points surgissent toujours à cause du caractère spontané et de la forme mosaïque de leur constitution. Le mouvement malien s’est basé sur une troïka, la CMAS, un mouvement politico religieux se réclamant des idéaux de l’imam Mahamoud Dicko, qui fédère aujourd’hui. Le FSD, un front regroupant les partis politiques de l’opposition, et de l’EMK, un regroupement de partis de l’opposition et d’associations qui sont contre la mal gouvernance actuelle du pays. En deux rassemblements patriotiques gigantesques, le mouvement s’est positionné en point de convergence de tous les citoyens maliens qui, présentement ne cautionnent pas la gestion du Mali par le régime du président IBK. Ils sont bien nombreux les maliens de l’intérieur et de la diaspora qui sont frustrés par la gestion de ce président, qui a presque fait l’unanimité auprès des électeurs maliens en 2013, pourtant très mal réélu en 2018 pour son deuxième mandat. Ils ont compris que le régime a commencé à tanguer, ils ont surtout su qu’il serait important de le stopper dans ses dérives, avant qu’il n’entraîne le Mali dans une perdition irréversible.

L’imam s’est retrouvé subitement impliqué dans une gestion politique au sein d’un Mali noyé dans un contexte géopolitique terrible. Les maliens n’imaginent pas encore tout ce qui se joue sur leur territoire. Tous les puissants Etats ont leurs forces armées représentées au Mali, même celles des moins puissants. Les terroristes de tous bords s’y convergent pour en faire une base arrière. Les entreprises multinationales qui gèrent les minerais et les business d’armement, qui dirigent les gros réseaux qui installent les décideurs du monde, s’y bousculent. Les nations unies sont fortement présentes aussi dans le pays. Le nord et le centre du Mali sont de nos jours de véritables nids de barbouzes. Par ailleurs le pays se trouve au cœur de la gestion sécuritaire des Etats de l’Afrique occidentale. Alors l’imam Dicko ne peut ignorer toutes les sollicitations de la communauté internationales, qui a beaucoup à préserver dans son pays.

Nonobstant l’implication des autres Etats à travers les dirigeants et les hauts cadres du monde diplomatique, il existe toutes ces faîtières nationales, ces groupes sociaux, ces citoyens influents qui intercèdent tous auprès du chef religieux pour qu’il contribue à empêcher un enlisement de la situation actuelle. Par essence un imam est dans la position de celui qui suscite à l’apaisement, et lorsque se trouvent dans la posture de celui qu’on demande cela, sa position devient bien compliquée.

Pour que la sérénité précaire dans la capitale soit maintenue, l’imam Dicko doit imposer un climat de confiance dans un environnement surchauffé. Les tendances extrêmes demandent purement et simplement le départ du président et de son régime. Les tendances moins extrêmes pensent que dans des conditions bien ficelées on peut maintenir l’actuel président, mais en le dépouillant de tous ses prérogatives. Il sera maintenu pour sauver son honneur, et pour que sa démission forcée ne soit pas un exemple jusqu’au-boutiste pour les futurs citoyens du pays.
Les camps vont se retrouver certainement parce que l’essentiel est de reprendre le pays d’entre les mains d’un homme et de son clan, cela supplantera sans faute les querelles de procédure qui doivent concourir pour y parvenir.

C’est au peuple de comprendre la posture de l’imam Dicko. C’est aux responsables des groupes autour de lui, grâce à leurs expériences dans la gestion de l’Etat de le protéger. Cet imam est devenu une autorité morale, qui doit veiller, il s’est transformé en un patriote de référence qu’il ne faut en aucun cas abîmer. Le symbole peut servir et servir longtemps dans le futur pour la stabilité de ce pays que nous devons rendre encore meilleur, mieux que les belles années des belles époques que nous pensons perdues.

Moussa Sey Diallo

Source : Maliactu.info

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