Circulation alternée : les vrais maux occultés par le ministère des Transports

En mettant en place des nouvelles mesures de circulation alternée sur les grandes artères dans la ville de Bamako sans prendre des mesures draconiennes contre l’incivisme et les occupants illicites de nos routes, le ministère des Transports et de la Mobilité urbaine (MTMU) ignore superbement les véritables maux de la circulation routière.

 

La circulation routière à Bamako est un véritable casse-tête chinois. Les embouteillages et des accidents sont récurrents sur les différents axes de la capitale. Pourtant, les infrastructures routières ne manquent point. Seulement, l’incivisme, le laisser-aller et surtout la démission de l’Etat à jouer son rôle de garde-fou sont à la base du désordre à Bamako.

Le ministère des Transports et de la Mobilité urbaine (MTMU) qui est responsable de la politique du gouvernement en matière de développement et d’amélioration des services de transport, gère en plus, dans sa nouvelle organisation, la mobilité urbaine qui est un nouveau concept.

En partenariat avec la mairie du district de Bamako, le MTMU a lancé, il a quelques jours, la nouvelle mesure de circulation alternée à Bamako, du lundi au vendredi, de 7 h à 9 h et de 16 h à 19 h sur certaines artères principales de la capitale, notamment l’avenue Al Qood sur la route de Koulikoro, l’avenue de l’OUA, l’avenue de la Cédéao, l’avenue Cheikh Zayed et l’Avenue Martin Luther King.

Cette mesure est une des conclusions des journées de réflexion sur la mobilité dans le district de Bamako et environs, tenue les 11 et 25 juillet 2019 sous la présidence du ministre des Transports et de la Mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly. Elle vise à rendre plus fluide la circulation dans le district de Bamako notamment à des heures de pointe.

Malheureusement, en prenant cette décision, le département a complètement ignoré le véritable goulot d’étranglement de la circulation routière. A Bamako, l’incivisme et le laisser-aller règnent sur nos routes. Les commerçants détaillants et les réparateurs de motos défient les textes et les autorités pour s’installer en plein milieu des grandes artères.

L’axe place Koro-Artisanat en passant par le marché Dibida est un exemple. L’autoroute qui traverse le marché Soukounikoura est aussi occupée en partie par les commerçants, les tricycles et les gros porteurs.

Depuis plus d’une décennie, ces occupants illicites de nos routes règnent en maîtres absolus en complicité avec certaines autorités locales et policiers. La fameuse opération de déguerpissement de l’ancien gouverneur du district de Bamako, Ami Kane n’a pas inquiété ces intouchables qui sont visiblement au-dessus de la loi au Mali.

Certes, les petits commerces et l’emploi des jeunes doivent être encouragés, mais transformer une route en marché ou en garage est un acte qui mérite d’être combattu non seulement par les autorités mais aussi par les citoyens.

Si certains Maliens ont apprécié la nouvelle mesure de circulation alternée, d’autres voient les choses autrement. Pour eux, la nouvelle mesure du ministère sans une action de lutte contre l’incivisme est simplement une comédie sans issue.

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