Centre de formation pratique en élevage : PRESQUE DANS L’OUBLI TOTAL

Le Centre de formation pratique en élevage (CFPE) est une des plus anciennes écoles de formation qui date de l’époque coloniale. Il a été créé en 1955 sous l’appellation École des infirmiers vétérinaires (EIV) et avait pour vocation depuis cette époque et aujourd’hui d’ailleurs, la formation des auxiliaires vétérinaires qui sont des infirmiers vétérinaires et les agents vaccinateurs et de suivi du cheptel.

Il a fait la renommée de notre pays de par la qualité des agents de base de l’élevage que cet établissement a formé et dont les compétences ont fait la fierté du département et des structures qui les emploient. Mais, cet établissement soixantenaire a sombré dans l’oubli presque total. La vétusté des équipements et des bâtiments, dont le personnel fait de son mieux pour les entretenir, renseigne le visiteur sur la situation délicate que vit cet établissement qui a reçu, vendredi dernier, la visite du ministre de l’Elevage et de la Pêche.
Accompagnée des membres de son cabinet, Mme Kané Rokia Maguiraga s’est d’abord entretenue avec le personnel avant de procéder à une visite des installations qui l’a conduit à la bibliothèque, en salles de classes, sur les parcelles fourragères, la salle d’imagerie, la clinique et le laboratoire. Il faut rappeler que toutes les infrastructures visitées ont toutes besoin d’un coup de main vigoureux du département. En effet, la vétusté des installations, l’absence d’équipements adéquats, de consommables de laboratoire et de clinique, le manque de semences fourragères pour ensemencer les parcelles, l’absence de points d’eau permanent sont, entre autres, les problèmes qui assaillent l’établissement qui est dirigé par le directeur général Kogozié Goïta et son personnel en toute dignité et loyauté. Malgré les difficultés, l’établissement continue à dispenser les cours aux pensionnaires au nombre de 217 élèves pour une quarantaine de professeurs, assistants et dirigeants de travaux pratiques.
La représentante des élèves, Mlle Rahama Bagayogo de la 1ère ATE (du cycle Agents techniques d’élevage) n’a-t-elle pas révélé avec fierté que le CFPE est le seul établissement étatique à former les agents techniques et les techniciens qui font la fierté de l’élevage au niveau des postes vétérinaires, des antennes de l’unité d’appui à la production animale et des postes de pêche.
Elle a témoigné qu’elle et ses camarades reçoivent une formation de qualité qui fera d’eux des agents confirmés dotés de compétences sans égale et avec confiance en soi. Pour cela, elle n’a pas manqué de rendre un hommage appuyé au personnel et au corps professoral du centre. L’arbre ne pouvant nullement cacher la forêt, Mlle Bagayogo a saisi l’opportunité de la visite du ministre, qu’elle a salué au nom de ses camarades, pour égrener quelques difficultés que l’établissement connaît. Au nombre desquelles, elle a cité le faible fonctionnement du laboratoire de microbiologie, de la salle d’imagerie, le retard dans le paiement des bourses, les coupures intempestives d’électricité, le délabrement des toilettes, équipements mobiliers des dortoirs surtout ceux des garçons. Elle a aussi présenté quelques doléances relatives à la réduction du cycle de formation pour les professionnels et l’augmentation du quota de recrutement, l’ouverture d’une infirmerie au sein de l’établissement et la mise à disposition d’animaux pour les séances de travaux pratiques (TP) à la clinique et au laboratoire.
Le directeur général du CFPE, Kogozié Goïta, a poursuivi la liste des difficultés en ajoutant la logistique pour le transport à des fins pédagogiques, la spéculation foncière qui menace l’existence de l’établissement. En effet, il n’est pas aisé pour un non initié de retrouver l’établissement qui est entouré de tous côtés par des habitations. Les terres de Sotuba ont fait et font l’objet de convoitises permanentes de la part de la municipalité et des promoteurs immobiliers qui grignotent en permanence sur son espace.
S’adressant au personnel et aux élèves, Mme Kané Rokia Maguiraga a assuré que le ministère ne ménagera aucun effort pour les mettre dans les meilleures conditions de travail. Aux élèves, tout en saluant leurs performances, elle a prôné le travail, la discipline et le courage pour surmonter les difficultés qui jalonnent leur parcours scolaire. Elle a rappelé que les sortants de cet établissement ont toujours fait la fierté du département. Ils s’occupent avec professionnalisme du cheptel. «Cela, je le salue et je les félicite», a ajouté la ministre de l’Elevage et de la Pêche qui a achevé sa visite des installations à la clinique. Sur la table d’opération était couché un chien qui subissait une perfusion.
Le canidé souffrait de la maladie de carrée qui est une maladie infectieuse du chien non transmissible à l’homme. Elle est fréquente chez les chiens exotiques et les races améliorées de chiens et provoque des diarrhées, vomissements et perte d’appétit. Une vaccination existe pour éviter la maladie, mais elle n’est pas beaucoup suivie par les propriétaires de chiens, a assuré le directeur des études, Mountaga Traoré.

Moriba COULIBALY

L’Essor

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