Campagne agricole à Bougouni et Sikasso : LES INQUIETUDES S’ESTOMPENT

Après un début difficile, l’hivernage tend à revenir à la normale. Les inquiétudes liées à la qualité et à l’insuffisance des engrais minéraux ont également été dissipées

Riziculture hivernage pluie campagne agricoleLe secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kéléma, a entamé mardi une mission de supervision de la campagne agricole dans les zones de production cotonnière. Cette sortie de terrain est destinée à faire le point de la campagne agricole, expliquer le programme pilote d’équipements de 1000 tracteurs des paysans, les efforts de prévention de la grippe aviaire, les projets agricoles et d’élevage éligibles au financement du Fonds national d’appui à l’agriculture (FNAA). Le contrôle de qualité des engrais, le renouvellement des instances des chambres régionales et locales d’agriculture en raison de la fin de la présente mandature (2010-2015) et la nouvelle politique de promotion des pôles de développement économiques appelés Agropoles font aussi partie des objectifs de cette prise de contact avec les paysans.

La pluie insuffisante et mal répartie dans le temps et l’espace a été la préoccupation unanimement évoquée par les paysans rencontrés à Bougouni, même s’ils reconnaissent que la pluviométrie tend à revenir à la normale. Souhaitait que cette tendance soit durable, ils se sont tous plaints de l’insuffisance d’engrais subventionnés qui menace des paysans placés dans l’incapacité de fertiliser à temps leurs champs.
Les responsables de la Filiale Sud partagent les inquiétudes des paysans sur les fertilisations à effectuer à temps. Ils ont rappelé que l’irrégularité et la mauvaise répartition des pluies sont des facteurs propices à la prolifération des nuisibles. Dans les zones CMDT, les paysans disposent tous des quantités nécessaires pour effectuer les fertilisations minérales et les traitements phytosanitaires. Sur la qualité supposée altérée des engrais, les paysans interrogés ont tous avoué ne pas remarquer de différence avec les précédents traitements.
Mme Koné Salimata Berthé, la directrice nationale adjointe des productions et industries animales, a expliqué qu’une partie de la subvention des intrants, soit 5 milliards Fcfa, a été réservée à l’acquisition des intrants d’élevage et de pêche. La subvention pour l’acquisition des intrants élevage prend en charge 30% des frais. Cette subvention doit permettre de produire 70.000 tonnes de viande rouge et 5.500 tonnes de lait local.
Le directeur national de l’agriculture a expliqué comment bénéficier des financements du FNAA. Le montant plafond des projets d’agriculture, de pêche ou d’élevage à soumettre au financement du FNAA ne doit pas dépasser la barre des 10 millions Fcfa. Une commission technique est à pied d’œuvre pour examiner les différents projets soumis. Les femmes, les jeunes, les exploitations agricoles familiales et les coopératives agricoles peuvent monter des projets à financer, a indiqué Moussa Camara.

SUIVRE LES CONSIGNES DE L’ENCADREMENT. Ces même catégories d’acteurs sont également éligibles au programme pilote de 1000 tracteurs pour la présente campagne, a précisé le directeur général de l’Institut d’économie rurale (IER), le Dr Bourama Dembélé. Là aussi, une commission technique a déjà lancé les appels d’offres pour l’acquisition des tracteurs de différentes puissances (50, 60, 70 et 90 CV) avec leurs accessoires. Le postulant à l’achat d’un tracteur subventionné doit payer 20% de son montant tandis que l’Etat supportera les 50% et la banque les 30% restants. Les banques et institutions de microfinance comme la BNDA, la BMS, la BIM, les caisses Nyesigiso et Kafo Jiginew ont été désignées pour recevoir les offres de participation au financement des tracteurs.
Le directeur général de l’Office de la haute vallée du Niger a détaillé les mesures préventives à observer afin d’éviter l’introduction de la grippe aviaire qui sévit dans certains pays voisins. Notre pays est certes indemne de toute présence de grippe aviaire, a souligné le Dr Mamadou Kané, mais la population doit rester très vigilante pour éviter toute introduction frauduleuse ou malencontreuse de la maladie.
Des paysans s’étant inquiétés du retard accusé dans le paiement de la ristourne, ont reçu des apaisements. La direction générale de la Holding Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) a expliqué que l’Interprofession du coton (IPC) qui s’occupe du calcul du montant à reverser ne dispose pas de toutes les données nécessaires. Le consultant français sollicité par l’IPC a demandé l’envoi des pièces pour effectuer le calcul, ce qui est déjà fait et explique le retard accusé dans le paiement, a indiqué Ousmane N. Traoré, conseiller chargé des questions agricoles à la direction générale de la CMDT.
Salif Diarra, le secrétaire général de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, a annoncé que l’institution consulaire avait déjà lancé les préparatifs de renouvellement de ses instances. Les dispositions sont en cours pour désigner les délégués des villages et des communes au cours du mois de septembre. Les élections proprement dites interviendront au niveau des cercles et des régions pour élire les délégués qui mettront en place le bureau national des élus consulaires de l’APCAM. Cette séance interviendra en novembre prochain selon le calendrier initialement convenu, a précisé Salif Diarra, désormais chargé de conduire les affaires courantes.
Daniel Siméon Kéléma a encouragé les paysans à suivre les consignes de l’encadrement et a souhaité une bonne campagne agricole exempte de tous nuisibles et des inondations qui pourraient compromettre les objectifs de production. La délégation ministérielle a ensuite mis le cap sur Koutiala, siège de la Filiale Nord-Est avant de terminer cette première étape demain par la Filiale Centre de Fana.

M. COULIBALY

source : L’ Essor

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