BTP : le ciment introuvable et intouchable

Depuis plus d’une semaine, le prix de la tonne du ciment est passé de 90 000 FCFA à 115 000 FCFA et 120 000 FCFA selon les quincailleries. Malgré cette brusque augmentation, le premier produit dans le BTP se fait très rare dans la capitale. Les chantiers fonctionnent au ralenti.

A Missabougou, la quincaillerie 2002 est l’une des plus grandes fournisseuses de ciment. Mais depuis quelques jours, son magasin de stockage est quasiment vide. D’une capacité de plus 120 tonnes, elle compte à peine dix sacs de ciment. Une situation difficile à digérer pour le gérant.

« En temps normal, le magasin peut contenir deux ou trois fois soixante tonnes de ciment. Avec la situation actuelle, la quantité que nous trouvons çà et là ne dépasse pas les dix tonnes et est livrée directement aux clients. Nous n’avons pas une seule tonne depuis deux jours. Nous ignorons les vraies raisons de la pénurie », a souligné Kassim Sangaré, gérant de la quincaillerie 2002 à Missabougou, hier 24 avril. Difficile de dire un prix. « Nous n’avons aucun stock et nous ne savons pas à combien la tonne est vendue aujourd’hui. Le prix varie en fonction des conditions d’obtention. Or, le marché est instable depuis deux semaines », a-t-il soutenu.

Cette rupture inquiète les entrepreneurs du BTP. C’est le cas du patron de l’entreprise Mamadou Sidibé et frères, qui a parcouru des kilomètres sans avoir le moindre ciment. Sa course ne finira pas malheureusement à la quincaillerie 2002 de Missabougou qui ne dispose d’aucun stock.

« Mes chantiers sont presque arrêtés à cause du manque de ciment. Je suis venu pour acheter quelques tonnes pour que les travaux puissent évoluer. Malheureusement ils n’ont plus un seul sac à vendre. C’est ma troisième quincaillerie comme ça. Je suis obligé de continuer à chercher », regrette M. Sidibé. Il a affirmé avoir acheté la dernière fois la tonne à 120 000 FCFA contre 90 000 FCFA, le prix habituel.

La pénurie de ciment au Mali serait liée à l’explosion des besoins intérieurs du Sénégal. Fournisseur principal de 90% des importateurs du Mali, le pays de la Teranga aurait, selon des sources, lancé de gigantesques chantiers de construction qui laissent moins de chances à l’exportation de ciment.

Maliki Diallo

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