Bousculade de Mina : Le collectif des familles des victimes réclame une indemnisation pour leurs ayants droits

Cinq mois après la tragédie de Mina, les circonstances de ce drame qui a endeuillé la communauté musulmane du Mali et d’ailleurs, ne sont toujours pas connues. C’est face à cette situation que le Collectif  des Familles des Victimes a organisé un point de presse, le mardi 16 février 2016, à la Maison du Hadj avec comme principaux intervenants, le secrétaire général du collectif, Malick Konaté,  le secrétaire administratif, Naman Keita et  Marcel Ceccaldi, leur avocat. 

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D’entrée de jeu, Naman Keita dira que quand l’évènement s’est produit, ils ont été confrontés à un tas de problèmes, notamment dans l’accès aux informations sur leurs proches. C’est ainsi, dit il, qu’ils ont vu la nécessité de se regrouper au sein d’un collectif pour mieux faire entendre leurs voix.

« Pour qu’on puisse faire la lumière sur cette tragédie et voir s’il y a une possibilité d’indemnisation, on a fait appel à  deux avocats, Marcel Ceccaldi et un autre » a-t-il expliqué.  Selon lui, beaucoup de victimes de Mina étaient des chefs de familles (hommes et femmes). Et s’il y a une indemnisation pour leurs familles, cela ne pourra leur faire que du bien.

« Nos avocats nous ont fait savoir que ce qui est primordial, c’est l’établissement des extraits d’actes de décès. Le problème crucial  se situe  à ce niveau. Depuis que la lutte à commencée jusqu’à ce moment, nous ne sommes pas arrivés à avoir assez de certificats de décès », a-t-il déploré.  Avant de préciser qu’ils ont pu récupérer seulement 40 sur les 320 certificats de décès.

Le secrétaire général,  Malick Konaté, dira que concernant  les 27 disparus, avec l’appui de  la Maison du Hadj, le Mali a pu faire des testes ADN. Selon lui, les résultats sont tombés et une commission doit quitter Bamako pour aller récupérer ces résultats. « Donc, il est fort probable que dans les  jours à venir, nous aurons des informations sur les 27 personnes disparues », a-t-il indiqué.

Leur avocat,  Marcel Ceccaldi, pour sa part expliquera que  c’est un devoir moral, une obligation morale, un droit légitime que les ayants droits des victimes  demandent à savoir dans quelle condition cette tragédie s’est produite.

Dans un communiqué livré aux hommes de média, le secrétaire administratif du collectif explique que les familles des 320 victimes et des 27 disparus ont le droit de savoir quelles sont les causes d’une telle tragédie. Le même communiqué a cité qu’une enquête est en cours.

« Si tel est bien le cas et dans un souci de transparence, le collectif demande que des observateurs désignés par  l’Organisation de la Conférence Islamique soient associés à cette enquête », a-t-il indiqué.

« Dans les jours qui ont suivi la chute d’une grue dans l’enceinte de la grande mosquée de la Mecque, les autorités saoudiennes ont immédiatement pris des mesures concernant l’indemnisation des victimes de cet accident », a expliqué le chargé d’affaires du Royaume d’Arabie Saoudite à Bamako.

Ainsi, le refus de prendre en compte la douleur et le désarroi des familles des victimes du drame de Mina amène le collectif à demander solennellement au gouvernement  saoudien d’informer, sans tarder, le gouvernement de la République du Mali  sur les  dispositions qu’il entend prendre  pour indemniser les ayants droits des victimes. Dans cette démarche, le collectif  soutient que  dans le cas où le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite décidait de se soustraire définitivement aux devoirs de la fraternité musulmane, il  se réserve le droit d’en tirer toutes les conséquences, conclut le communiqué.

 

                  Fily Sissoko       

Source: Tjikan

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