Bernadette Sène, Conseillère principale de la MINUSMA pour la protection des femmes : «Avec la montée de l’extrémisme violent et l’intégrisme, les droits des femmes risquent d’en souffrir davantage»

La mission de l’Unité Genre est d’appuyer les autorités maliennes à garantir la participation pleine et entière ainsi que la représentation des femmes à tous les niveaux du processus de réconciliation nationale et de la paix.

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Nous avons rencontré Bernadette Sène, Conseillère principale de la MINUSMA pour la protection des femmes, elle assure l’intérim de l’Unité genre de la Mission. Dans cette interview, elle nous parle, entre autres, de la mission de l’unité genre et des droits des femmes. Interview !

LE COMBAT: Pouvez-vous nous parler de l’unité genre de la MINUSMA?

Bernadette Sène: Nous travaillons spécifiquement sur la violence sexuelle en période de conflits armés. L’Unité genre veille à l’égalité des sexes afin de s’assurer que toutes les interventions de la MINUSMA s’adressent aussi bien équitablement aux hommes, aux femmes qu’aux garçons et aux filles. Nous faisons le plaidoyer auprès du Gouvernement malien pour l’inclusion et une meilleure représentation des femmes dans le processus de paix et de réconciliation nationale. Il s’agit pour nous d’accompagner la société civile malienne, notamment les organisations féminines, dans leurs démarches pour leur inclusion à part entière dans les processus de paix et de réconciliation nationale; appuyer le Gouvernement et les organisations de la société civile féminines dans la promotion de la participation politique des femmes.

L’Unité genre travaille afin d’intégrer les Résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies sur femmes, paix et sécurité en l’occurrence la Résolution 1325. Nous appuyons également le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille surtout dans la mise en œuvre de la Résolution 1325. Déjà, il y a un plan d’action national 2015-2017.

L’Unité genre et la MINUSMA appuie techniquement le Ministère en charge de la femme. Notre unité  essaie de renforcer les capacités des femmes pour qu’elles puissent devenir des médiatrices pour pouvoir prévenir les conflits et contribuer à la réconciliation nationale et à la paix définitive.

Au-delà de tout ce que vous venez de dire quelle est la mission de votre unité?

C’est de nous assurer de la participation effective des femmes dans le processus de paix au Mali. Nous accompagnons aussi les femmes candidates pour leur meilleure participation politique à travers des formations. Pour qu’elles puissent être prêtes à présenter leurs candidatures.

Nous constatons que vous intervenez beaucoup au Nord du Mali ?

Pour l’instant, le mandat de la MINUSMA est beaucoup plus concentré au Nord du pays. Nous intervenons aussi à Bamako étant donné que la majorité des autorités nationales y sont. Nous sommes beaucoup dans la sensibilisation. Nous faisons également des projets à impact rapide pour la population féminine de Bamako. Nous menons beaucoup d’activités  dans ce sens. D’ailleurs, toutes les sections de la MINUSMA peuvent demander les fonds pour appuyer les populations qui sont dans le besoin. Les projets à impact rapide sont des projets de relèvement communautaire. Ce ne sont pas des projets de développement mais les partenaires techniques et financiers s’y inspirent pour en faire des projets de développement. C’est la raison pour laquelle on les appelle projets à impact rapide. Tout simplement parce que l’impact est vu rapidement.

Vous menez d’autres activités ?

Les autres activités sont basées sur la promotion et la protection des droits des femmes à travers la sensibilisation.

Votre regard sur les droits des femmes au Mali ? 

Très compliquée et difficile comme question. Le Mali fait partie des pays précurseurs pour la lutte des droits des femmes depuis l’Indépendance.  Depuis que je suis au Mali, les femmes n’ont pas été très satisfaites du code des personnes et de la famille. Elles ont vu leurs droits régresser lors de la dernière adoption de ce code. Avec la montée de l’extrémisme violent et l’intégrisme, les droits des femmes risquent d’en souffrir davantage. En tant que femme, je fais confiance en mes sœurs maliennes pour continuer le combat afin d’arriver à un résultat escompté, pour pouvoir bénéficier  et profiter de  leurs droits fondamentaux.

Justement, comment faire pour protéger les droits des femmes ?

Il faut surtout renforcer les connaissances des femmes par rapport  aux différents textes en leur faveur. On ne peut pas réclamer un droit qu’on ne connaît pas. Notre rôle c’est de faire connaître aux femmes leurs droits; les sensibiliser et les orienter vers les structures et ONG spécialisées pour les assister afin qu’elles puissent réclamer et obtenir leurs droits.

Réalisée par Salimata Fofana 

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