Assurance maladie obligatoire : Connaitre l’AMO

Régime de la protection sociale au Mali, l’assurance maladie obligatoire, a longtemps été contesté par certains citoyens. De nos jours, force est de constater qu’elle devient de plus en plus populaire et elle est courtisée par d’autres fournisseurs d’assurance maladie au Mali, alors que des pays voisins s’inspirent du cas de notre pays.

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L’Assurance Maladie Obligatoire, est un système de protection sociale qui consiste  à organiser un dispositif qui se repose sur la solidarité. Ce dispositif de solidarité, qui permet à tout le monde, d’accéder au soin de santé à moindre frais.

A moindre frais, parce que  tout le monde cotise et  comme en général tout le monde ne tombe pas malade en même temps,  donc celui qui tombe malade est pris en charge par les cotisations des autres. C’est le fondement même de l’AMO.

C’est ce qui fait que si vous tombez malade, vous allez au Centre de santé, on vous prend en charge, selon des modalités. Cela vous allège grandement, en ce qui concerne le coût financier qui consistait à payer  directement de la poche  tous les frais.

Donc, c’est un peu cela le fondement, qui est essentiellement un dispositif de solidarité et c’est une vertu de notre société et le gouvernement du Mali y tient énormément.

L’AMO est un dispositif. D’abord on dit que vous êtes obligés  quand vous faites partie des catégories des gens qui sont  ciblés par l’AMO et par les textes.  C’est-à-dire les secteurs formels. Vous êtes assujetis. C’est-à-dire que de par la loi, vous êtes automatiquement affilié et c’est donc  ce système,  une option obligatoire  contrairement  aux autres systèmes d’assurance qui existent.

Il y a des assurances privées, mais les citoyens sont libres d’y aller. Il y a les mutuelles. Ils sont libres d’y aller aussi. Mais pour l’assurance Maladie Obligatoire,  si vous  appartenez  à une des catégories  qui sont concernés, alors vous êtes obligés  d’y souscrire. C’est comme la vieillesse, la pension de retraite, pour tous ceux qui sont fonctionnaires,  dans le secteur formel  parfois même dans d’autres secteurs, qui ne sont ni publics, ni privés.

Vous êtes obligé de cotiser pour la retraite pour l’AMO c’est pareil. Donc c’est là, la différence entre l’AMO et les autres régimes d’assurances  fournis par les mutuelles ou  les autres assurances privées.

Contrairement aux autres régimes qui sont volontaires, l’AMO est obligatoire, parce que la loi  prévoie que si vous êtes  fonctionnaire, vous êtes travailleur,  vous êtes donc automatiquement concerné.

Par rapport  aux avantages de ce régime, on peut dire que  la raison d’être même de ce système d’assurance est de permettre aux citoyens d’accéder aux soins  à moindre frais. Mais contrairement aux autres régimes publics, un régime public  comme la retraite et tant que vous appartenez aux  catégories citées, on vous prélève directement à la source les cotisations.

Un autre  avantage est que l’AMO tient compte beaucoup plus   de la solvabilité  des assurés.  Certaines assurances,  qui vous disent «  une personne  qui a l’âge compris entre  20 ans et  45 ans doit cotiser tel montant  par mois, pour être  prise en charge en cas de maladie  chez nous ». Ce n’est pas comme cela à l’AMO.

Chez nous c’est un taux de cotisation  qui est calculé, leur les bases des revenus que vous avez, bien sur les mêmes  taux est appliqué sur chaque  personne, mais en chiffre absolue ce n’est pas les mêmes montants que vous cotisez. Par exemple si vous  avez un revenu de 100 000 F, vous allez cotiser 3060 F et si vous avez un revenu d’un million de Francs, vous allez payer trente mille Francs.

Mais si vous allez se faire soigner, ce sont les mêmes soins qu’on vous donne, en termes de  contribution. On tient compte  de la capacité des uns et des autres  de payer.   D’où ce slogan « vous cotisez  selon vos moyens  et vous êtes pris en charge  selon vos besoins ». C’est important.

Aussi le secteur informel !

Pour le moment les secteurs informels peuvent bénéficier de l’AMO en passant par les régimes volontaires de INPS, pour bénéficier des prestations  de l’AMO.  Si vous avez par exemple  un commerçant  qui veut bénéficier de l’AMO, il s’inscrit  à INPS,  mais il va cotiser  pour l’AMO, pour les vieillesses, pour les prestations familiales et grâce à ces trois il peut bénéficier de l’AMO.

La CANAM est en train de travailler en perspectives  à une reforme  que appelée « l’Assurance Maladie Universelle » d’ici 2018.  Elle a mandat d’étendre l’assurance maladie à toutes les autres catégories de la population. C’est-à-dire pour ceux qui aujourd’hui ne sont pas assurés ;  qui ne sont ni fonctionnaires, ni  travailleurs du privé.

Ils vont être couverts  par le système  d’assurance maladie  systématique et cela va être une avancée. Ce qui veut dire que  dans quelques années au Mali, on va sûrement couvrir  100% de la population. Tant que vous êtes citoyens maliens,  vous allez bénéficier  d’un système d’assurance maladie  et c’est l’ambition de la CANAM d’ici 2018, où l’on doit avoir produit tous les textes par rapport  à cette reforme.

Si vous cotiser  et que vous avez déjà  déposé un dossier, qu’on vous immatricule ici,  il n’y a pas de raisons  que quand vous tombez malade, l’on ne vous prenne pas en charge. Le cas contraire ne serait pas normal.

En général,  il y a des gens qui déforment certaines réalités. Mais si vous remplissez les conditions, c’est-à-dire que vous cotisez et que vous avez un support   qui prouve que non seulement vous cotisez mais que vous avez été enregistré au niveau   de la caisse, il n’y strictement aucune raison. Mais vous ne pouvez pas aller n’importe où, parce que il y a des Etablissement qui  ont officiellement la possibilité  d’offrir les prestations pour les assurés appelés les établissements conventionnés.

C’est-à-dire que c’est seulement les établissements  qui ont une convention  avec la CANAM  qui peuvent prendre les gens en charge.  Si vous allez  en ville, à Bamako, il y a des clinique  aujourd’hui qui ne peuvent pas prendre les gens en charge. Parce qu’elles n’ont pas encore signé de convention avec la CANAM. A  Bamako elle a une dizaine de cliniques partenaires.

Ce partenariat va progressivement s’étendre à d’autres cliniques. Mais tous les établissements publics, tous les centres de santé communautaire sont aujourd’hui conventionnés, les Pharmacies aussi, comme les pharmacies privés  à 90% officiellement installée, qui sont conventionnées à Bamako. On voit de plus en plus le logo de la CANAM à la porte des pharmacies. Ce qui veut dire  qu’elles prennent les ordonnances des assurés qui sont remboursées après.

Les nombreux d’adhérents de l’AMO  dépassent aujourd’hui à l’ordre des 850 mille que nous avons immatriculés , qui  se présentent a chaque fois  qu’ils ont besoin dans des établissements des soins, dans les pharmacies et  dans les   laboratoires. Mais chaque jour  nous enregistrons des gens. Il y a même des gens  qui cotisent, mais qui ne se sont pas encore enregistrés  pour avoir les cartes. On a beaucoup de gens qui viennent progressivement  et nous nous leur attribuons un numéro d’immatriculation. Et il y a ceux qui cotisent et ceux  qui dépendent de la personne qui cotise,  c’est-à-dire  le conjoint, la conjointe et les enfants.

Quand on immatricule quelqu’un  parce que il cotise,  c’est  à même temps aussi sa femme et ses enfants également en charge  qui sont immatriculés  et un numéro immatriculation est  donné à chacun.

La CANAM c’est d’abord un établissement public, mais c’est une institution qui est relativement  récente dans le concert des expressions  de la place et vous  êtes tous témoins  des difficultés  de départ. Parce qu’il y a eu  des problèmes de  contestations  au niveau des fronts sociaux. Heureusement que,  au fur et  à mesure  qu’on avance, on est en train de régler  ces problèmes.

C’est pour dire qu’aujourd’hui il y a pas de contestation  et les gens, de notre point de vue,  ont la pleine conscience  que si l’assurance n’était pas  créée, il fallait le faire. Donc les défis qu’on a aujourd’hui ?  c’est bien sûr de satisfaire  les assurés ; les satisfaire  en offrant  des prestations de qualité. Quand les gens se rendent dans les centres de santé,  qu’ils soient bien reçus  et qu’ils puissent être satisfaits  des prestations.

C’est un défi. Il y a effectivement  des défis à  relever. Nous avons l’amélioration  de la qualité auprès des établissements de santé  qui offrent les soins ? Cela est une préoccupation, parce qu’aujoud’hui  si vous voyez le paysage global  de notre système de santé, il y a beaucoup d’amélioration  à apporter  par rapport à la qualité  de la prise en  charge.

Nous avons aussi au niveau  de la technique  de gestion un défi à relever. Parce que nous avons constaté que dans le processus d’enrôlement   et de production de carte,  il  y a beaucoup de difficultés. Les gens se plaignent,  qu’ils n’ont pas leurs cartes. Ils ont raison, parce qu’on un délai d’un mois  et ce délai en général est largement dépassé pour des problèmes  administratifs  que nous avons à gérer avec l’entreprise  qui nous produit les cartes. Donc c’est un défi .

Au mois d’octobre,  nous allons commencer à faire un nouvel  enrôlement,  c’est-à-dire changer carrément  les supports  et produire des cartes biométriques qui seront couplées avec la carte Nina qui seront beaucoup plus fiable s. C’est-à-dire que  vous ne pouvez pas tricher avec . Vous venez avec la carte, il y a l’empreinte digitale et il  y a la puce et il y a un lecteur qui  dit  si c’est vous ou pas  avec la photo et toutes les informations nécessaires.

C’est une opération qu’on va commencer pour que l’on puisse  éviter  de gérer les choses manuellement, et pour qu’on puisse  aussi lutter contre la fraude.

On est en train de gérer aussi  les retombées, comme les difficultés qu’on a gérées au démarrage. C’est un régime obligatoire  et pour cela  nous sommes en train de sensibiliser de plus en plus au niveau des entreprises,  notamment au niveau des mines, au niveau  des Banques, où incessamment le partenariat va démarrer.

Les mutuelles sont des organisations d’assurance comme nous ;  mais les mutuelles ne sont pas  à but lucratif mais c’est privé. Les mutuelles appartiennent aux membres. En  termes de statut, nous avons pas le même statut ; c’est un  régime volontaire comme des assurances. Mais on collabore dans un certain sens, parce que toute les réflexions  qui sont en cours concernant  la mise en place de l’assurance Maladie Universelle.

Mais les réseaux des mutuelles  en font partie. Parce que en termes de  schéma   retenu c’est que  les mutuelles  et la structure  qui gére les mutuelles, qui est Union Technique de la Mutualité  va devenir un  organisme gestionnaire délègué,  qui va  aussi à l’instar de l’INPS  et de la CMSS couvrir  les secteurs informels dont le secteurs agricole, pour lesquels ils vont prélever les cotisations et reverser  à la Caisse. Donc elles vont intégrer  les dispositifs d’organisationnels,  dans le cadre de l’assurance Maladie Universelle  d’ici 2018  qui sera effective.

Les ambitions pour les bien être des populations malienne

De par l’esprit  et les objectifs  de l’assurance maladie obligatoire, c’est une œuvre éminemment utile  d’abord parce que ça repose sur la solidarité  un individu  c’est pas parce que vous n’avez pas les moyens  de ne pas bénéficier les soins de santé, donc par la solidarité  nous garantissons  l’équité entre les citoyens  et  nous permettons  d’améliorer l’état de santé de la population et relever la barrière financier .

A retenir !

La CANAM dit aux différentes parties prenantes  de l’AMO , mais également  la population  en général  que  le principe de l’assurance maladie obligatoire  est un principe  qui  vaut,  que tu sois au Mali ou à l’étranger . L’expérience nous a prouvé que  les pays qui sont très avancés par rapport a un dispositif de ce genre  ont les mêmes retombées.

Si aujourd’hui, vous allez  dans  certain pays,  si vous voulez mettre  en cause la sécurité sociale, si vous êtes politique là vous n’avez pas de chance. Vous n’avez pas de chance d’avoir l’opinion  autour de vous. Ça veux dire que cela a atteint un point de non retour, car elle a fait ses preuves.  Et l’on sait que si  on remet cela en cause,  ça va porter un préjudice  inestimable  sur l’état de santé de la population ; sur les conditions  de santé de la population, ses conditions de vie.

Au Mali, la Canam Nous, qui est à ses débuts est  consciente qu’il y a  des problèmes, des  contestations partout. Ce n’est pas  seulement au niveau de la population, même au niveau des beaucoup d’acteurs,  des partenaires sociaux, même professionnels Il y a eu des recrudescences.

Heureusement que ces recrudescences sont pratiquement dissipées  et c’est pour dire aux uns et aux autres qu’ils doivent être compréhensifs. Parce qu’il y a aussi des difficultés  qui sont liées  au contexte dans lequel  le régime a été mis en place. A  la limite, on se dit à la CANAM , «  il faut faire acte de tolérance  pour que nous-mêmes progressivement ont soit  conscient  que des améliorations  doivent se faire  et on s’attache à ça tout les jours .

Maintenant  pour les employeurs,  que ça soit au niveau de l’administration  ou au niveau du secteur privé c’est pour dire que leurs participations, à commencer par les cotisations, à la vie  de la CANAM et de l’AMO  ne peut que donner un plus  à l’amélioration  des résultats  que les entreprises et les administrations recherchent.

Parce que quand vous contribuez à faire prendre en charge vos travailleurs, vous leur garantissez  donc un bon état de santé et  en principe vous leurs garantissez la possibilité  d’avoir le plein rendement,  par rapport a ce qu’on leur demande de faire. Donc, c’est pour cela qu’on leur lance toujours un appel, aux employeurs privés  par rapport à leurs contributions et leur  participation.

Mai Diallo

Source: Mali-Flash

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