ARAFAT

Arafat désigne une plaine à quelques lieues de la ville sainte de La Mecque. A l’une des extrémités de cette plaine se trouve une éminence appelée ‘montagne de la Miséricorde’. Autant le lieu tient sa renommée du pèlerinage annuel, autant ce rite ne peut se concevoir sans Arafat.

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En évoquant Arafat, les oulémas rappellent en tout premier lieu les dires du Messager (PSL) selon lesquels : « le pèlerinage, c’est Arafat ». Ils soulignent ainsi que la validité du pèlerinage requiert obligatoirement le stationnement à Arafat. Ainsi tout fidèle qui n’aura pas stationné là aura raté le pèlerinage. Cependant, celui qui passe la journée ou quelques heures à Arafat, jouissant de toutes ses facultés mentales, n’est pas pour autant affranchi de l’accomplissement des autres rites constitutifs du pèlerinage. Cette étape est en effet suivie d’une série d’autres rites qui sont l’objet de minutieuses et scrupuleuses recommandations au fidèle dans sa phase de préparation à ce grand voyage.
Pour les oulémas, l’immense rassemblement humain, unique en son genre, qui regroupe en ces lieux des fidèles venus du monde entier, est symboliquement interprété comme un avant-goût du jour du Jugement.
Le stationnement à Arafat est considéré comme la journée de demande de pardon par excellence dans le parcours du pèlerin. Il intervient au neuvième jour du dernier mois de l’année lunaire. Cette première décade du mois qui ouvre la période de la fête du sacrifice, est comparée en valeurs symboliques par les oulémas aux dix dernières nuits du mois de Ramadan durant lesquelles le fidèle cherche à se rapprocher du Seigneur des mondes par la multiplication des actes d’adoration.
Ils rapportent à cet effet la tradition prophétique qui a consacré le jeûne surérogatoire de la journée d’Arafat, dont les mérites sont mis en valeur. Ils soulignent cependant que cette pratique ne vaut que pour ceux qui ne participent pas au pèlerinage.
En ces journées précédant Arafat, les recommandations des oulémas portent en outre sur une large gamme d’actes surérogatoires de dévotion, pour bénéficier de leurs mérites. Ils insistent à cet effet sur les sessions de lecture et de réflexion sur le Saint Coran, la multiplication des actions de bienfaisance, notamment à travers l’assistance aux démunis. C’est aussi le temps où le fidèle est convié à la patience, à renouer ou resserrer les liens avec ses proches.
Dans la relation des faits marquants attachés à la célébration de la journée d’Arafat, les oulémas rappellent l’achèvement du cycle des Révélations faites au Guide de l’islam : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous. » (5:3)
Selon les exégètes, l’un des Compagnons du Messager, qui deviendra Calife plus tard, dira à ce sujet : « Nous connaissons le jour et le lieu de révélation de ce verset au Prophète. C’était un vendredi au cours duquel il s’était stationné à Arafat, or ces deux circonstances sont fêtées par nous. » Il est rappelé par ailleurs que le Messager avait dit à cette occasion : « les journées d’Arafat, du sacrifice et les trois journées suivantes constituent un temps de fête pour nous Musulmans, des journées où l’on mange et boit à satiété. » Le vœu de chaque croyant musulman est qu’il en soit ainsi pour toute la communauté.

A. K. CISSE

Source : L’ Essor

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