Anarchie aux Halles ‘’ Felix Houphouet Boigny’’ de Bamako : Le capharnaüm qui profite à la mairie et au gérant du marché

Malgré les centaines de millions investis par le gouvernement dans la réhabilitation de plus de six cent magasins au profit des commerçants déguerpis en 2014, le désordre règne toujours aux ‘’Halles Houphouët Boigny’’ de Bamako en commune VI. A l’origine de cette situation désagréable, la mairie du District, chargée de veiller sur l’assainissement et l’installation des commerçants, qui selon la Fédération des commerçants  ne fait pas correctement son travail.

En 2014, le gouvernement a investi la rondelette somme de 300 millions Fcfa pour réhabiliter 643 magasins des Halles ‘’Felix Houphouët Boigny’’ de Bamako au profit des commerçants déguerpis, suite à la grande opération de libération des voies publiques, initiée par le ministère du Commerce. Une initiative qui à l’époque a été vivement saluée par les usagers de la route et les commerçants, surtout ceux dont la devanture des boutiques avait été libérée. Mais un an après, aux Halles ‘’Félix Houphouët Boigny’’ de Bamako à Sogniko l’anarchie semble être de retour à nouveau. Pour cause, aux abords de l’allée principale qui traverse le marché des Halles de Bamako, on constate une réinstallation des commerçants ouvrant de nouveau la voie à l’anarchie, source de tous les dangers, dont des incendies. D’où le mécontentement de la Fédération des Associations et Groupements des Commerçants et Contribuables des Halles de Bamako (FAGCCHB) qui reproche à la mairie du District, qui a un détachement chargé de la gestion des Halles de Bamako logé dans les enceintes dudit marché, de ne pas faire correctement son travail.  A savoir, veiller sur l’ordre en empêchant les commerçants de s’installer sur les points de passage et autres endroits non autorisés.

Aux dires de certains commerçants ce sont des agents de la mairie,   qui encouragent l’anarchie. « Ils (agents de la mairie) prennent de l’argent avec certains commerçants pour les installer sur l’artère principale du marché dont une partie est prévue pour le parking » témoigne un commerçant. Et un autre d’ajouter « quand nous les avons fait part de notre désaccord par rapport à cette situation, ils nous ont demandé de payer les frais de carburant afin qu’ils déguerpissent les commerçants installés aux endroits non prévus pour les étales. Chose que nous avons refusé de faire ».

Faut-il le préciser, l’espace anarchiquement occupé, situé à quelques mètres de l’entrée principale dont la Fédération des Associations et Groupements des Commerçants et Contribuables des Halles de Bamako FAGCHB), réclame la libération a, selon eux, vocation d’être un parking .

Interrogé sur la question le gérant du marché des Halles de  Bamako, M.Samaké, visiblement très gêné par notre présence,  répond que l’espace en question, a certes vocation d’être un parking conformément au plan de construction, mais dit-il, il n’a jamais été utilisé comme tel, tout comme beaucoup d’autres.  A ses dires, tous les parkings sont situés à l’extérieur du marché. No comment.

Quant à la question de savoir pourquoi des commerçants sont encore installés aux abords de l’artère principale, sa réponse reste mitigée. « Nous cherchons des solutions à cela » a-t-il, dit.  Avant de décliner sa responsabilité au sujet de leur installation : «nous n’avons pris de l’argent avec personne pour procéder à des installations » se défend-t-il mordicus. Et  de renvoyer la balle en ces termes : « Ceux qui sont installés à ces endroits se sont installés avec la complicité de certains locataires de boutiques qui leurs prennent de l’argent ».

Interrogé sur le rançonnage dont certains commerçants affirment être victime de la part des agents de la mairie, notre interlocuteur, le gérant M. Samaké s’agite comme un lion blessé. « Qui vous a dit ça ? Si vous écrivez ça, je peux attaquer le journal pour diffamation » nous a-t-il craché. Alors même qu’il a lui-même reconnu avoir été abordé plusieurs fois  par des associations de commerçants  au sujet des mêmes problèmes.

M. Samaké, qui d’ailleurs a refusé de nous divulguer son prénom, pour on ne sait quelle raison, poursuit en nous racontant l’histoire d’un journaliste qui selon lui, confondait : kiosque et contenaire. Mon œil, quel rapport ?

Derrière cette réaction du gérant des Halles de Bamako, se cacherait-elle, quelque chose ? Sinon pourquoi autant d’agitations, pour le simple fait d’avoir été interrogé sur un domaine qui est de son ressort ? A savoir  l’occupation anarchique des issues du marché des Halles de Bamako.

Nous y reviendrons

Lassina NIANGALY

Source: Tjikan
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