Agriculture et changement climatique : L’ONG AMEDD AFFINE LA RÉFLEXION

Le Mali connaît actuellement une pluviométrie irrégulière, qui se traduit par des années de sécheresse. Celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes en raison des changements climatiques et menacent aussi bien la productivité que la croissance agricole. L’économie nationale en devient donc plus vulnérable, car 50% du PIB provient du secteur agricole et «étant donné que 80 % de la population vit en milieu rural, le bien-être social est également menacé.

jeune homme cultive champ agricultureAfin d’atteindre les objectifs de sécurité alimentaire dans des conditions climatiques plus variables, des améliorations durables de la productivité agricole doivent être intégrées dans les politiques et stratégies de développement. Le concept de l’Agriculture intelligente face au climat (AIC) découle de la nécessité d’apporter des solutions novatrices. Des compromis complexes sont à faire entre l’accroissement des rendements, l’amélioration de la résilience et la promotion d’un secteur agricole à faibles émissions. Grâce à une approche intégrée du développement, l’AIC met l’accent sur les synergies entre la productivité, l’adaptation et l’atténuation, et les co-bénéfices d’ordre environnemental, social et économique tirés de l’adoption de différents pratiques, programmes et politiques agricoles.
L’un des défis liés à l’AIC tient à l’identification et à la promotion d’actions intelligentes face au climat en vue d’aider les décideurs à promouvoir un système agricole qui prenne en compte la variabilité et les changements climatiques à court et long terme. A cet égard, un processus de priorisation s’avère nécessaire afin d’identifier les pratiques d’AIC et d’évaluer leurs coûts et avantages du point de vue social, économique et environnemental.
Le Centre international pour l’Agriculture Tropicale (CIAT) et le Programme de recherche du CGIAR sur les Changements climatiques, l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire (CCAFS) ont établi un partenariat avec des homologues maliens tel que l’Agence pour l’environnement et le développement durable (AEDD) et l’ONG Association malienne d’éveil au développement durable (AMEDD) en vue d’expérimenter une démarche participative visant à prioriser les pratiques et programmes intelligents face aux changements climatiques. Cette démarche repose sur plusieurs phases successives. Un premier atelier réunissant des acteurs nationaux et des partenaires (Union européenne, ambassade du Royaume de Suède au Mali), a abouti à la priorisation d’environ une dizaine de pratiques pour différentes zones agro écologiques du Mali en considérant leur potentiel en termes d’adaptation, d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et de productivité.
Par la suite, une analyse des coûts et bénéfices associés aux différentes pratiques retenues pour la région de Sikasso a été effectuée. Il s’agit maintenant de restituer les résultats de cette analyse coûts/avantages lors d’un second atelier national en vue de définir des portefeuilles de pratiques à promouvoir en considérant à la fois les aspects économiques et environnementaux.
L’ONG AMEDD a organisé la semaine dernière un atelier à l’Hôtel Onomo afin de fournir aux plus hautes instances nationales en charge de l’agriculture et de la sécurité alimentaire les résultats de cette priorisation et les leçons tirées en termes de plan d’action pour la mise en œuvre à grande échelle des portefeuilles de pratiques identifiées.
Ainsi, l’atelier a défini les portefeuilles de pratiques pour l’investissement dans l’Agriculture intelligente face au Climat (AIC), en se basant sur les évaluations techniques et socio-économiques des pratiques. Par ailleurs, les participants ont partagé les résultats de l’analyse coûts/avantages des pratiques intelligentes face au climat retenues lors du premier atelier, finalisé la priorisation des pratiques à la lumière des résultats des évaluations techniques et économiques et défini des portefeuilles de pratiques pour l’investissement dans l’Agriculture intelligente face au climat (AIC) au Mali.

M. COULIBALY

source : Essor

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