Affaire de thé Achoura : Quand le vice de forme se mélange au conflit d’intérêt

En position de leader dans le secteur de la grande distribution des produits alimentaires tant au Mali que dans 17 autres pays de l’Afrique, le Thé Achoura, victime de son succès, est désormais au centre des grands enjeux économiques mondiaux


Cela s’appelle tout simplement une guerre économique par procuration que le directeur de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP) Akory Ag Iknan livre en lieu et place des français contre une société de droit malien, importatrice du Thè Achoura, représenté par son directeur général, Huma Ag Handaka.

Et depuis un certain temps, la polémique ne cesse de s’enfler entre les dirigeants de cette société et les autorités du pays. Huma Ag Handaka accuse les Pouvoirs publics de sacrifier un opérateur économique très solvable au profit des mauvais concurrents sur l’autel des intérêts privés inavoués. La semaine a été sérieusement secouée par cette affaire. Dans un rapport d’enquête, une mission conduite par l’INRSP affirme avoir détecté une quantité non négligeable de produit dangereux pour la santé dans un Thé vert de chine. Et celui mis à l’indexe s’appellerait le « Thé Achoura ». Qui est aujourd’hui le produit alimentaire importé de Chine le plus consommé tant au Mali que dans 17 autres pays africains.

Comme une cabale ou une campagne en charge ou en décharge contre la marque, les réseaux sociaux ont été inondés par des lettres d’indexation du Thé Achoura. Deux types de lettre étaient visibles sur les réseaux, l’une portant la signature de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP) et l’autre de la Direction nationale de l’Agriculture. Ces correspondances font suite à une mission d’enquête commise par l’INRSP en janvier dernier pour contrôler la présence d’une substance non autorisée dans un thé vert de chine. L’incrimination émane de l’Ambassade du Mali auprès de l’Union européenne (UE). En terme simple, un pays de l’UE, en particulier la France, se plaint du thé vert de chine, qui serait porteur d’une substance non autorisée sur l’espace Schengen. Comme les choses se doivent dans la forme, l’Ambassadeur a saisi son Ministère de tutelle, Ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

Dans ce cas, l’affaire devient une affaire du gouvernement. Il appartenait au gouvernement de Moctar Ouane de se saisir du dossier pour lui réserver le traitement requis. Pour ce faire, le Premier devrait instruit au ministre du Commerce d’examiner la question avec lucidité. Car, derrière la question sanitaire, se cache un intérêt économique sous-jacent. Car, dans ces genres d’affaires le risque de conflit d’intérêt n’est pas à écarter. Les questions de santé enveloppent toujours les guerres économiques qu’on chercherait à dissimuler. Cette querelle n’échappe pas à ce déterminisme économique malheureusement.

Légèreté dans la prise en charge du dossier

Cela dit, lorsque le Premier ministre instruisait au Ministre du commerce, celui-ci devrait à son tour saisir son Directeur général du commerce et de la concurrence pour examiner avec toute requise que cela recommande. Mais, au regard des lettres ventilées sur les réseaux sociaux, il semblerait que cette procédure n’a pas été respectée. C’est le Directeur général de l’INRSP, Akory Ag Iknan qui s’est autosaisi du dossier pour commettre la mission, comme il le dit lui-même en sa qualité de coordinateur des questions e sécurité sanitaire des aliments au Mali, dans sa lettre qui date du 18 janvier 2021, adressée aux Directeurs généraux du Commerce et des Douanes et au Directeur national de l’agriculture. On voit là que ce Monsieur se substitue d’abord à son ministre de Tutelle ainsi qu’aux membres du gouvernement, notamment les Ministres du Commerce et de l’Agriculture. Peut-être sans le savoir, il se met dans la peau du Premier ministre.

Akory Ag Iknan comme un loup solitaire dans la bergerie

Mais, comme on aime à le dire très souvent à quelque chose malheur est bon. Par bonheur pour cette affaire commerciale avec de fort soupçon de conflit d’intérêt arrive à quelque encablure de la fête d’Achoura. La 27ème nuit du Rajab, un mois sacré dans la tradition musulmane. Les érudits proclament ce mois comme celui du Créateur. Donc une autre forme de publicité que le ministre de l’Agriculture de l’élevage et de la pêche, Mahmoud Ould Mohamed et son complice dans ce dossier sulfureux, Akory Ag Iknan, directeur de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP) ont gracieusement fait pour cette marque de Thé. Qui nous arrive de la Chine.

Faut-il rappeler que depuis le départ d’Akory Ag Iknan de la Direction nationale de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA) pour celle des Collectivités (ANICT), n’arrête pas de se faire parler de lui. Et le hic, qui fait tilt c’est qu’il est cité dans des diverses affaires peu orthodoxe. Depuis un bon moment, il est question de la dissolution et la disparition de l’ANSSA dans l’arsenal institutionnel du Ministère de la Santé. Les missions, les compétences et les prérogatives a elle confié par les Textes et les règlements pour veiller sur la santé des consommateurs au Mali seront transférées à l’INRSP, dirigé par un certain Akory Ag Iknan. Donc, connaissant les enjeux économiques des missions de l’ANSSA, il récupère par truchement ce qu’il a perdu à son départ de la tête de cette structure pour continuer à jouir de cette position dominante. De par ses compétences, l’ANSSA est la seule structure habilité par les textes à délivrer les Certificats de mise en circulation d’un produit alimentaire au Mali. C’est elle aussi qui en mesure de le retirer. Donc de fait, Akory Ag Aknan s’octroie ce rôle, quand bien même qu’il sait qu’ANSSA n’est encore morte de sa belle mort.

C’est dire que légalement, selon un agent de cette structure qu’il veuille enterrer pour des intérêts inavoués, il ne saurait être en droit de se substituer à l’ANSSA en s’auto saisissant pour effectuer des prélèvements sur des marchandises. Même si l’INRSP dispose du laboratoire d’analyse pour se faire, il ne lui revenait pas de prendre ces genres d’initiatives sur lui. Donc de fort soupçon de conflit d’intérêt. Roulerait-il pour quelqu’un dans cette affaire ? Les temps nous permettre d’en savoir plus. En tout dans le réquisitoire de l’importateur, Huma Ag Handaka, la lettre d’information qu’il a reçue porte la signature de l’INRSP. La question est de savoir à quel titre, l’INRS qui relève de la Santé se retrouve mêler à une affaire commerciale ? Sans être commis, ni par l’ANSSA, ni par la Direction générale du commerce et de la concurrence (DGCC).

Or dans la démarche qui sied selon notre interlocuteur, le laboratoire de l’INRSP, comme d’autre laboratoires publics comme privés, n’intervient que pour emploi, soit à la demande de l’ANSSA ou soit par la DGCC. Son intervention consiste à donner un avis technique sur la problématique posée. La prise de décision est collégiale. Puis que derrière la question de santé publique qui est posée, il y a une affaire commerciale. Donc, une Décision interministérielle qui est prise en conseil de ministre pour retirer le produit de la circulation. Donc une démarche en solo de l’INRSP et du seul Ministère de l’Agriculture, sans l’implication effective des Ministères de la Santé et du Commerce, peut s’apparenter à des conflits d’intérêt, dont le gouvernement ne saurait prêter le flan.

Mais, comme l’on dit, piquer est dans la nature des fournilles. Akory Ag Iknan n’est pas son premier coup d’essaie. Au niveau de son département de tutelle, le Ministère de la Santé, il est fortement soupçonné d’être derrière une lettre une anonyme de dénonciation de la gestion du fonds COVID de la ministre Fanta Siby. Son attitude ostentatoire à l’autorité de son ministre a fini par créer un froid entre eux. Selon certaines indiscrétions, Fanta Siby chercherait à se débarrasser de cette subordonnée qui s’emploie à lui créer des problèmes pour prendre sa place. En a-t-elle les moyens. Car, tout ce qui concerne les Kidalois devient ultrasensible. A la différence des intouchables en Inde, certaines communautés au Mali sont devenue des Citoyens au dessus des autres par la faute de la Communauté dite internationale et malheureusement Akory Ag Iknan fait de cette communauté. Sinon comment comprendre qu’un individu se donne le droit de casser tout un service pour ses seuls intérêts pécuniaires et se substitue à tout un gouvernement ?

Mais, pour faire plaisir aux soutiens français, qui veillent défendre leur économie contre les puissants Chinois, Akory Ag Iknan, qui mène une guerre économique par procuration, sacrifie l’intérêt d’un compatriote sur l’autel de la « real économie ».

(Affaire à suivre)

MAD

Malikunafoni

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