Adama Diakité, président du Collectif des déguerpis de Souleymanebougou : «Ni sommation, ni préavis encore moins la visite d’un huissier avant les démolitions»

«Nous avons mis en place ce collectif des déguerpis et en même temps, adressé des correspondances aux autorités maliennes afin qu’elles nous expliquent les raisons de ces démolitions. Parce qu’on ne sait, aujourd’hui encore, les motivations. En outre, nous avons composé un pôle d’avocats de quatre (4) cabinets qui sont en train de mettre en œuvre les dossiers pour attaquer l’Etat du Mali. Depuis le jour de la démolition de nos jours, certaines personnes sont en train d’interpréter les faits de souleymanebougou sans aucune preuve à l’appui. Que la Justice divine soit ! En attendant tout le monde sait sait que personne ne peut se lever un beau matin pour investir des millions sur une parcelle sans respecter les textes régissant le foncier. Nous sommes innocents dans cette affaire. Il va donc de soi que nous constituons des cabinets d’avocats pour défendre nos droits. Et nous avons confiance en la justice de notre pays. 

demolition destruction maison anarchique fonciere etage

Ces parcelles ont été achetées auprès de ces mêmes autorités compétentes lesquelles ont délivré les autorisations de construire et les permis  au vu et au su de tout le monde. Et ces déversements ont été faits dans la caisse de l’Etat. Nous sommes persuadés que ces parcelles nous appartiennent. Beaucoup de victimes sont sans abri aujourd’hui qui cherchent du jour au jour, un endroit où dormir. Certains se trouvent en location. D’autres, dont les parents ont plus moyens les ont fait loger ailleurs.

Comment le gouvernement d’un pays démoli les maisons avec tous son contenu !  Pourtant, personne ne nous a adressé un morceau de papier ; aucun huissier n’est venu nous voir  avant la démolition. A notre grande surprise, nous avons vu le 30 juin dernier le ministre Bathily  soutenir à la télé  que nous avions été avertis. Rien du tout !  C’est le 03 juillet dernier, qu’ils sont venus mettre les croix sur les maisons. Et le 23 juillet 2015, ils ont procédé aux démolitions. C’est pour dire qu’aucune procédure judiciaire  n’a été respectée, comme si nous sommes à l’étranger ou encore dans un Etat sauvage. Aussi le constat est qu’ils ont mis la croix sur 201 maisons destinées à la destruction. Et à l’heure actuelle, ce sont plus de 50 familles qui sont victimes. Mais pourquoi l’arrêt de cette démolition ?  Qui a donné ordre d’arrêter la démolition ?

A noter que l’objectif de ce collectif est l’arrêt définitif de toute démolition, le dédommagement des victimes, la restitution des parcelles… ».

Signalons que la démolition des maisons est loin d’être l’urgence au Mali…  Aussi, suite à l’inondation de 2013, le président IBK avait haussé le ton et promis de punir  tous ceux-là cités dans les cas de constructions anarchiques dans le lit du marigot. Raison pour laquelle, les maires Adama Sangaré et Mme Konté ont été suspendus de leurs fonctions. Mais comme le dit l’adage, «le chien aboie, la caravane passe». On peut dire qu’aucune mesure n’a été prise sauf de ramasser les ordures dans les marigots. Et l’affaire fut classée.  Son mandat vaut, visiblement  mieux que la sécurité de sa population.  Le président IBK et son gouvernement ont classé cette inondation dans le landerneau de la politique afin de garder leur électorat. La majorité des Maliens restent désormais convaincus qu’on ne peut faire du nouveau avec un ancien.

Saba Ballo    

source : La Sentinelle

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.