Accident de travail perpétuel à Mali Steel : L’usine qui paie la mort à 150 000 Fcfa

A Mali Steel la vie humaine et la loi n’ont aucune espèce d’importance. Là-bas, l’argent n’a pas d’odeur. La mort s’y achète à 150 000 Fcfa». IBK va-t-il sévir pour le bien être de ses pauvres mandants ?

Toutes les usines recrutent des valides du gabarit d’Abdoulaye Dicko pour les besoins de la performance. A l’instar de tous les jeunes mariés en quête de pitance, ce dernier prend fonction à Mali Steel, situé à Dialakorobougou de la commune de Mountougoula du cercle de Kati.

Cette usine de droit malien appartient à des Pakistanais. Elle foule au pied, tous les jours, les droits de son personnel et les textes du Mali où,  le secteur de l’emploi est organisé sur la base de lois votées et promulguées. Mali Steel s’en moque éperdument au point de transformer ses employés en esclave.

«Le jour où je me suis rendu à l’usine pour voir mon ami, j’ai failli pleurer. Je me suis dit qu’avec une telle fumée absorbée chaque jour, la survie sera incertaine», déplore l’ami du jeune ouvrier Abdoulaye Dicko. «Comme ses autres ouvriers, il exerce ce métier faute de trouver mieux. Nous sommes dans un pays où, explique-t-il, le métier d’ouvrier nourrit difficilement son homme. C’est pour survivre que Dicko s’est retrouvé dans le douloureux calvaire de l’usine pakistanaise. Un espace où le droit du travail est totalement entravé, intégralement bafoué». A ce sujet, un ouvrier renchérit : «Cet accident, qui a fait perdre la vie à Abdoulaye, nous menace tous. C’est au quotidien que nous travaillons à cheval entre les risques de graves accidents et la mort». Un autre ajoute : «Le travail doit être effectué dans des conditions légales pour garantir et assurer un boulot décent. Un travail qui respecte les normes. Un accident de travail ne nous aurait autant effarouché. Cet accident au cours duquel a succombé Dicko, ne nous a aucunement surpris. Nous exerçons dans de pénibles conditions sans une seule mesure de sécurité. Aucun casque n’est utilisé, pas chaussure sécurité, ni de gants ni de tenue de travail. Le travail se fait dans une unité de production ferraille sans protège nez et prime de lait».

Mali Steel fabrique du fer avec tous les risques que cela comporte. Ainsi, «l’accident de travail, qui a abouti au décès du collègue Dicko, est simplement lié au manque de prise en charge. L’usine, au su et vu de l’inspection du travail, n’est dotée d’aucune infrastructure sanitaire, pas même une infirmerie. Ce qui est bien stipulé dans le Code du travail malien. Dans l’optique d’assurer les premiers soins, toutes les unités industrielles doivent être dotées d’une infirmerie, sans aucune distinction. Qu’il s’agisse d’aliments ou pas, toutes les usines doivent avoir une infirmerie, à fortiori une aciérie», dénonce un employé qui révèle : «Le décès de Dicko n’a été suivi d’aucune approche sociale, une maladie négligée, un malade non assisté. Il a fallu la ténacité des ouvriers pour pouvoir assister aux obsèques du collègue Abdoulaye Dicko. Au cours de la maladie du collègue, son épouse venait solliciter les dirigeants de l’usine pour ses soins. Mais en vain. Avec leurs pratiques illégitimes et le manque de respect de ces maudits Pakistanais, notre collègue n’est plus».

«Les Pakistanais du Mali Steel n’ont aucun respect pour la vie humaine et la loi. D’ailleurs, il achète la mort à 150 000 Fcfa», stigmatise un employé qui demande à IBK de sévir pour sauver la vie de ses pauvres mandants ?

Daouda MAÏGA

source : Temoin
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