A Bamako : la paralysie annoncée ce lundi n’a pas eu lieu

Après la trêve des dix jours, la reprise de la désobéissance civile ce lundi à Bamako conformément au programme de ses initiateurs est très faiblement appliquée.

Occuper les bâtiments publics, des commissariats de polices de Bamako, empêcher la circulation en occupant les carrefours et les ronds-points. Tel était le mot d’ordre de la jeunesse du Mouvement du 5 juin rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) pour la reprise de la désobéissance ce 3 août. Objectif ultime recherché : arracher au président de la République Ibrahim Boubacar Keita sa démission.

Ce jour dans certaines communes de Bamako, cette consigne de la jeunesse du M5-RFP est loin d’être respectée partout par les militants. Il est 11 heures. En commune I et II du District, c’est la quiétude. Pas encore la grande paralysie comme envisagée par l’Assemblée générale des jeunes. Puisque les services publics étaient ouverts, aucune barricade sur les routes pour perturber la circulation.

Au même moment, du côté des forces de l’ordre et de la sécurité, c’est l’alerte au maximum. Tôt le matin, des agents de la police tenant des boucliers et des gaz lacrymogène ont pris d’assaut certains carrefours et ronds-points de la ville. Au carrefour de Banconi, une dizaine d’éléments sont positionnés. A côté, un véhicule de la protection civile est aussi sur le qui-vive. Un peu devant. C’est le même constat au niveau du 3e arrondissement de la police. La route qui mène à ce commissariat est interdite d’accès.

Des rares usagers qui ont pris le risque de sortir, à l’image de Abdoulaye Sanogo, vaquent tranquillement à leur occupation. « En sortant, je m’attendais à des résistances dans certains carrefours comme au niveau de Djélibougou, de Korofina et de Banconi. Dieu merci, tout est calme », explique M. Sanogo, cet habitant de Boulkassoumbougou, qui traverse presque tous les jours ces quartiers pour rendre au centre-ville où il gère une quincaillerie.

Un des sympathisants du M5-RFP, le jeune Abdoulaye Sanogo estime toutefois que la désobéissance civile n’est pas appropriée dans le contexte comme le nôtre. « A peine, on arrive à trouver les popotes du lendemain, s’il faut paralyser toutes les activités, ça sera très difficile d’abord pour la population avant que l’Etat ne la ressente », affirme-t-il avant d’ajouter que les petites entreprises privées ne peuvent pas résister longtemps à cette situation.

En revanche en commune V du District de Bamako, c’est le contraire. Dans cette collectivité, un petit groupe de jeunes sur des motos se déplacent de service en service pour exiger la fermeture des locaux. Et dans certains carrefours de ladite commune, ils bloquent la circulation pour l’interrompre momentanément.

Au-dela de ces constats, Tahirou Bah, membres de la jeunesse M5 soutient que la désobéissance civile de ce lundi a pu paralyser le fonctionnement des communes et administrations.

Par ailleurs, il affirme qu’ils n’ont pas voulu bloquer les routes pour permettre le fonctionnement du travail informel et le commerce. Or, la consigne de l’assemblée générale était sans équivoque : bloquer les services publics et perturber la circulation.

Si les précédentes activités ont été menées avec l’ensemble des composantes du M5, cette-fois, la tendance de l’imam Mahmoud Dicko dirigée par Issa Kaou Djim a pris ses distances avec les autres en se désolidarisant de la désobéissance civile.

Interrogé sur le sujet, Tahirou Bah réagit « Tout ce qui ne vient pas du comité stratégique est un non événement pour nous. La reprise de la désobéissance a été décidée façon collégiale. Et nous allons la respecter jusqu’au bout ».

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