1ère session ordinaire 2019 de la Cour d’assises de Bamako: Inculpé d'”assassinat” de sa femme, Sékou Sylla condamné à la réclusion à perpétuité

La Cour d’assisses de Bamako, dans son audience, du lundi 29 avril, a reconnu coupable un commerçant du nom de Sékou Sylla, d’’’assassinat’’ de sa femme, Fatoumata Sow. Il a été condamné à la réclusion à perpétuité.

 

 Il résulte de l’information que c’est dans la matinée du 7 septembre 2016 aux environs de 7 heures que la maison du couple, sise à Faladié Sokoro où habitaient Sékou Sylla et Fatoumata Sow, fut le théâtre d’un attroupement des habitants du quartier. Ce jour, dans la matinée, Alima Diarra, colocataire du couple, ayant entendu les cris de détresse de sa voisine Fatoumata, qui se faisait sauvagement battre par son mari, accoura devant la porte, souleva le rideau et supplia Sékou de lâcher sa femme. Ce dernier menaça d’attenter à la vie d’Alima si elle interférait dans leur vie de ménage. Alima, intriguée par un grand silence, informa Nana Kadidia Fofana qui, à son tour, remonta l’information à son beau-père, Kotimbolo Démbélé. Ce dernier, voulant savoir ce qui se passait entre le couple, se rendit dans leur appartement et trouva Fatoumata couverte de sang.

La Protection civile informée, se rendit sur les lieux et transporta le corps de la victime au centre de référence de la commune IV où son décès fut constaté par les médecins. Après le drame, Sékou Sylla sortit précipitamment pour se réfugier à Sébenikoro, chez son ami. Ainsi, saisi de l’affaire, le commissariat du 10ème  arrondissement ouvrit une enquête qui aboutit à l’interpellation de Sékou. Une fouille de sa maison permit de retrouver en sa possession un marteau en manche de bois déformé.

Le prévenu, Sékou Sylla à la barre, reconnut avoir porté des coups à sa femme. Avant de sortir et la laisser seule dans leur chambre. A ses dires, les faits ne se sont pas déroulés comme l’expliquent les jurés, « J’ai réveillé ma femme pour qu’elle fasse la prière de l’aube. Surprise, elle se lève avec un couteau en main,en essayant de me poignarder « .  A-t-il essayé de faire croire à la Cour. Et d’ajouter qu’il a pris ce couteau avec elle, avant de lui assener quelques coups sur son dos à l’aide du pied de la table de la télé, « Je suis sorti après l’acte pour aller au CHU Gabriel Touré, avant d’aller chez mon ami à Sébénicoro afin de l’informer de ma mésentente avec ma femme. C’est là-bas que j’ai été arrêté par la police ».

Le ministère public a demandé à l’accusé, pourquoi il n’a pas épargné sa femme,  puisqu’il avait réussi à lui retirer le couteau ?

Quant à la Cour, elle lui a demandé s’il avait pris de la drogue? En réponse, Sékou expliquera « qu’il n’a jamais pris de stupéfiant.Je suis sorti pour aller à l’hôpital parce qu’elle m’avait blessé au doigt »

Pour la partie civile, Kadidia Fofana, c’est vers 4 heures du matin qu’elle a été informée par ses locataires que Sékou et sa femme sont en dispute. Arrivée au niveau de la chambre, « J’ai vu que le sang gisait dans la maison. Ainsi, j’ai informé la protection et la police de l’incident. Et d’ajouter que le couple se disputait de temps à autre, mais arrivait toujours à trouver une attente », a-t-elle soutenu.

Dans son réquisitoire, le ministère public, a souligné qu’il ressort du dossier que Sékou avait une envie démesurée de relation intime avec sa femme. C’est pourquoi ils étaient tout le temps en querelle. Et d’ajouter qu’il est constant, dans le dossier qu’il a eu une préméditation de l’assassinat, « Je ne vous apprends rien Mr le Président de la Cour. Il est constant de retenir Sékou dans les liens de l’accusation en ne lui accordant aucune circonstance atténuante », a-t-elle requise.

La défense a plaidé coupable à la place de l’accusé. Elle a demandé à la Cour de lui accorder des circonstances atténuantes afin de lui permettre d’apprendre de ses erreurs et de s’occuper de sa famille.

Après les débats, les jurés ont reconnu le prévenu coupable d’« assassinat » sans les circonstances atténuantes. A cet effet, la Cour l’a condamné à la réclusion à perpétuité.

Oumar BARRY

Source: l’Indépendant

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